Être actif, c'est bénéfique!

Être actif, c'est bénéfique!
« L’activité physique peut aider à faire sortir la pression et le stress, explique Peggy Gendron, kinésiologue offrant des animations et de la formation aux services de garde pour faire bouger les enfants. Par conséquent, quand on empêche un enfant de bouger alors qu’il en a besoin, ses comportements dérangeants augmentent. ».

Bouger pour… être plus calme

« L’activité physique peut aider à faire sortir la pression et le stress, explique Peggy Gendron, kinésiologue offrant des animations et de la formation aux services de garde pour faire bouger les enfants. Par conséquent, quand on empêche un enfant de bouger alors qu’il en a besoin, ses comportements dérangeants augmentent. » Frédérick, papa de Noah, 4 ans, et d’Alicia, 3 ans, en témoigne : « S’ils ne vont pas dehors au service de garde, ils sont plus turbulents le soir à la maison. Ils se chicanent plus, ils sont moins attentifs, ils sautent sur les lits. »

À l’inverse, votre enfant sera souvent plus calme après avoir bougé. « Quand mes filles se dépensent physiquement, je répète moins les consignes, elles écoutent davantage, remarque Rachel, maman de Maude, 4 ans, et de Mariloup, 23 mois. Elles s’endorment aussi plus vite le soir. » Marie-Andrée, maman de Gabrielle, 9 mois, constate elle aussi les bienfaits de l’exercice. « Quand ma fille passe du temps à jouer au sol, elle est de meilleure humeur et accepte plus facilement d’être assise par la suite. »

Bouger pour… mieux apprendre

Bouger prédispose votre enfant à effectuer des tâches ou des activités exigeant de l’application et de la concentration, comme écouter une histoire, faire un casse-tête ou dessiner. Les études indiquent même que l’activité physique facilite l’apprentissage du langage, de la lecture, de l’écriture et des mathématiques, en plus d’améliorer la créativité. Être actif permettra aussi à votre enfant de mieux réussir à l’école, car cela favorise sa capacité de concentration et d’attention, en plus de faire travailler son cerveau!

Comment est-ce possible? En ayant la possibilité de bouger dans un environnement stimulant, votre enfant acquiert l’ensemble de ses habiletés motrices : se tourner, ramper, s’asseoir, se lever, marcher, saisir un objet, attraper, lancer, dessiner, glisser, courir, couper du papier, descendre l’escalier, grimper, pédaler, etc. Il améliore son équilibre, son endurance, sa coordination et sa posture.

Or, ce développement moteur se réalise conjointement avec le développement intellectuel. « Chaque geste, chaque mouvement fait appel aux fonctions cérébrales, explique Marie-Claude Lemieux, conseillère en activité physique chez Québec en Forme. Quand votre tout-petit veut passer par-dessus un obstacle ou se lever pour saisir un objet, tout un raisonnement s’enclenche dans sa tête pour établir la séquence des mouvements nécessaires. » Ses capacités intellectuelles s’en trouvent donc renforcées.

Marie-Claude Lemieux constate toutefois que certains parents, en voulant faciliter la tâche à leur enfant ou en faisant les choses à sa place, l’empêchent d’exercer ses habiletés motrices et cognitives. Mieux vaut plutôt l’accompagner dans ses explorations. Par exemple : monter l’escalier derrière lui au lieu de le prendre dans vos bras, placer les jouets de façon à ce qu’il se déplace pour les saisir plutôt que les lui donner, etc.

Bouger pour… socialiser et prendre confiance

Autre avantage de l’activité physique : elle aide votre tout-petit à développer ses compétences sociales. Quand il fait des jeux actifs avec d’autres enfants, il apprend à se faire des amis, à coopérer, à attendre son tour, à faire des compromis, à partager, à négocier et même à résoudre des conflits. Ces atouts lui serviront toute sa vie.

Sans compter que bouger tous les jours contribue à maintenir votre enfant en bonne santé et à prévenir l’obésité. L’activité physique aide à fortifier le coeur et les poumons, à devenir plus flexible, à former des os forts et à réduire le risque de souffrir de plusieurs maladies, selon la Société canadienne de pédiatrie. Même la santé mentale y gagne, car l’humeur et l’estime de soi s’améliorent, comme l’a constaté Karine, maman de Léo, 3 ans : « Quand mon fils a appris à pédaler, il était tellement fier, il rayonnait. »

Enfin, plus votre enfant exerce ses habiletés motrices, plus il prend confiance en ses capacités physiques. « Il sera plus enclin à continuer d’être actif physiquement et à faire du sport plus tard dans sa vie », affirme Monique Dubuc, coordonnatrice nationale de l’organisme Kino-Québec.

Les enfants sont-ils plus turbulents qu’avant?

C’est une fausse perception, estime le professeur Claude Dugas, auteur d’une étude sur l’activité physique des petits Québécois. « Si les adultes ont l’impression que les enfants bougent plus qu’avant, c’est peut-être parce qu’ils sont moins tolérants. Des enfants qui s’amusent, qui s’excitent, qui courent, ça énerve les gens. » De plus, le mode de vie très sédentaire des adultes influence aussi grandement leur perception. De son côté, la kinésiologue Peggy Gendron pense que la bougeotte de certains enfants provient d’un besoin de bouger non comblé. « Comme ils ont moins d’occasions de dépenser leur énergie, ils ont plus de difficulté à rester tranquilles. »

Plus remuants, les garçons?

De l’avis des experts comme des parents, les garçons ont tendance à bouger plus que les filles. Mais ils ne savent pas si cela s’explique par les gènes ou les hormones. Ce que les études prouvent, toutefois, c’est que les parents et l’entourage agissent différemment avec les deux sexes. On tend ainsi à proposer aux filles des jeux plus tranquilles (ex. : bricolage, dessin) et aux garçons, des jeux plus physiques (ex. : jeux de ballon). Si les garçons sont plus actifs, c’est donc peut-être qu’ils ont été davantage encouragés dans cette voie! Chose certaine, le besoin de bouger est nécessaire tant au développement des filles qu’à celui des garçons.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, octobre 2014
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Joël Beaulieu, consultant en motricité

Crédit photo : Karine Lizotte

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