Apprivoiser l'école en douceur

Apprivoiser l'école en douceur
L’entrée à la maternelle approche à grands pas. Peut-être même que votre tout-petit y entrera dès septembre. Est-il prêt pour cette grande étape?

L’entrée à la maternelle approche à grands pas. Peut-être même que votre tout-petit y entrera dès septembre. Est-il prêt pour cette grande étape?

La maternelle fait partie du préscolaire et assure une transition en douceur entre la maison ou le milieu de garde et l’école. Les activités qui y sont proposées sont basées sur le jeu et elles visent le développement global des enfants. Danse, casse-tête et jeux de rôle sont donc au programme. Des activités plus « scolaires » peuvent s’ajouter, mais elles sont présentées de façon amusante. Un des objectifs de la maternelle est de préparer les tout-petits à la première année du primaire. C’est à ce moment seulement qu’ils feront des apprentissages plus formels comme la lecture, l’écriture et le calcul.

Plusieurs parents croient que les enfants doivent savoir attacher leurs lacets ou écrire leur nom avant l’entrée en maternelle. Rassurez-vous : ce n’est pas grave si votre enfant ne le fait pas encore. Chacun évolue à son propre rythme. D’ailleurs, entre 4 ans et 5 ans, le cerveau de votre tout-petit vit une transition importante. Votre enfant peut soudain développer une grande soif d’apprendre qu’il n’avait pas quelques semaines plus tôt. « Il n’est pas rare qu’un enfant rattrape un écart avec les autres élèves en quelques mois à peine. C’est souvent une question de maturité », explique Serge J. Larivée, vice-doyen associé aux études supérieures et à la recherche de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal.

Les enseignants de maternelle observent donc où en sont leurs jeunes élèves dans leurs apprentissages. « Ils tentent de les faire progresser le plus possible en vue de la première année », précise-t-il. C’est une sorte de mise à niveau afin que tous puissent commencer la première année du bon pied.

Au Québec, un enfant de la maternelle sur quatre fait face à des difficultés dans au moins un aspect de son développement, selon l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle réalisée auprès d’environ 65 000 élèves. Par exemple, un enfant peut s’exprimer facilement, mais avoir des difficultés dans ses relations avec les autres. L’enseignante peut aider à améliorer cette compétence en organisant, entre autres, des jeux de rôle. De plus, lorsqu’elle lit des histoires à ses élèves et qu’elle leur apprend des chansons, elle favorise le développement de leur langage. C’est également une forme d’éveil à la lecture. Par ailleurs, si l’enseignante remarque un problème plus précis chez un enfant, des spécialistes comme un orthophoniste ou un orthopédagogue pourraient être appelés à intervenir.

Se préparer à la maternelle

À la maison, c’est à travers les petits gestes de tous les jours que vous préparez votre enfant à la maternelle. Lorsque vous lui laissez le temps de s’habiller tout seul, votre tout-petit apprend à être plus autonome. S’il joue parfois avec des amis au parc, il apprend à communiquer avec les autres. Et quand vous mesurez les ingrédients d’une recette avec lui, vous l’initiez en même temps aux mathématiques.

À la maternelle, les apprentissages se font surtout par le jeu.

Mieux vaut réserver du temps pour vous amuser et parler avec votre enfant, plutôt que d’essayer de lui apprendre des choses précises. « Laissez-vous guider par les intérêts de votre enfant quand il joue ou quand vous faites une activité ensemble », conseille Serge J. Larivée. Par exemple, si votre tout-petit gribouille en disant qu’il écrit son prénom, vous pouvez en profiter pour lui montrer quelques lettres. Mais inutile d’insister s’il refuse de le faire ou trouve cela trop difficile. Il n’est peut-être pas prêt, tout simplement. Une autre occasion se présentera sans doute plus tard. Les apprentissages sont beaucoup plus efficaces lorsqu’ils sont faits dans le plaisir.

À l’école à 4 ans
Au Québec, deux mesures favorisent le développement des tout-petits et les aident à bien s’intégrer à l’école.
Le programme Passe-Partout. Ce programme comporte une série de 16 rencontres gratuites durant l’année précédant la maternelle. Habituellement, huit d’entre elles sont destinées aux parents avec leurs enfants et huit sont pour les enfants uniquement. Ces rencontres ont pour but de permettre une transition progressive et positive vers l’école. Lorsque ce programme n’est pas offert à notre école, on peut habituellement s’inscrire dans une autre. Si vous êtes intéressé, informez-vous auprès de votre école ou de votre commission scolaire, car le nombre de places peut être limité.
La maternelle à 4 ans. Certaines écoles de milieux plus défavorisés comptent des classes à temps plein pour les enfants de 4 ans. L’objectif est de favoriser leur développement global et de les préparer à faire leurs premiers apprentissages. L’inscription de certains enfants peut passer en priorité s’ils habitent un secteur plus défavorisé, n’ont jamais fréquenté un service de garde ou ne parlent pas le français, par exemple.

Ne pas en faire trop

Comme parent, il peut être tentant de pousser notre enfant afin qu’il commence la maternelle avec une longueur d’avance (ex. : connaître toutes ses lettres). Toutefois, si vous insistez trop pour que votre tout-petit apprenne certaines choses, cela pourrait le décourager et le démotiver. Il pourrait même perdre le goût d’aller à l’école. De plus, le stress pourrait lui causer des problèmes de sommeil et des maux de tête ou de ventre. S’il est trop en avance par rapport aux autres enfants, il risque aussi de s’ennuyer en classe et d’être moins motivé.

Maternelle et réussite scolaire
Les enfants qui aiment apprendre et qui sont enthousiastes dès la maternelle ont plus de chances d’étudier longtemps. Il est donc important de les encourager! Toutefois, les habiletés de votre tout-petit en maternelle ne permettent pas de prédire avec certitude son parcours scolaire. En effet, même si votre enfant a des troubles d’apprentissage, il pourra aussi réussir à l’école grâce à l’aide des enseignants et des spécialistes.

 
 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, juillet-août 2016
Recherche et rédaction : Nathalie Côté et Julie Leduc
Révision scientifique : Maryse Rondeau, enseignante au préscolaire et présidente du C.A. de l’Association d’éducation préscolaire du Québec

Photo: Nicolas St-Germain

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