Réagir en cas de coup dur

Réagir en cas de coup dur
Quelques mois après son retour au travail, Amélie a appelé Simon en larmes: elle venait de perdre son emploi en raison d’une restructuration.

Lorsqu’Étienne a commencé à aller au service de garde, le temps semblait toujours manquer. Amélie et Simon devaient se presser le matin pour se rendre à la garderie, puis se dépêcher pour ne pas rater leur autobus. Le soir, la préparation du souper et la routine du dodo prenaient beaucoup de temps. Une fois Étienne couché, les jeunes parents devaient faire la vaisselle, plier des vêtements… Ils manquaient souvent d’énergie pour préparer leur dîner pour le lendemain midi, ce qui les forçait à s’acheter un lunch. La conciliation travail-famille était très difficile.
Participer à des cuisines collectives permet de préparer des plats peu coûteux pour toute la famille dans une ambiance conviviale.

Quelques mois après son retour au travail, Amélie a appelé Simon en larmes : elle venait de perdre son emploi en raison d’une restructuration. Pour ne pas modifier la nouvelle routine d’Étienne, elle a continué de l’amener à son milieu de garde chaque matin, sans lui dire qu’elle retournait ensuite à la maison.

Un soir, l’éducatrice d’Étienne a voulu savoir si quelque chose avait changé à la maison, car le petit avait commencé à faire de nombreuses crises. Amélie a été surprise lorsque l’éducatrice lui a dit que le stress lié à la perte d’emploi pouvait perturber son fils. Amélie ne lui en avait même pas parlé.

Prévoir l’imprévisible
Mettre de l’argent de côté chaque mois dans un compte d’épargne vous permet de vous constituer un coussin de sécurité pour affronter les coups durs (ex. : maladie, perte d’emploi, séparation, bris d’auto) sans vous endetter. Ce fonds d’urgence devrait équivaloir à trois mois de revenu.

Même s’il est jeune, votre tout-petit ressent votre inquiétude et sait quand quelque chose ne va pas. « Comme votre enfant remarque les changements qui sont vécus dans votre famille, il est important de lui en parler, tout en vous adaptant à son niveau de compréhension », indique Véronique Girard, psychologue au Centre de psychologie Gouin. Il n’est toutefois pas nécessaire de tout raconter à votre enfant. Vous pouvez simplement lui dire que vous vivez une situation qui changera un peu vos habitudes. Le rassurer sur le fait qu’il ne manquera de rien l’aidera à apaiser ses craintes.

« Le parent qui vit un stress financier peut manifester de l’anxiété et des sentiments dépressifs. Il peut devenir plus irritable, ce qui peut occasionner des tensions et des conflits dans le couple », précise la psychologue. Il est d’ailleurs préférable d’éviter que l’enfant soit témoin de conflits entre ses parents à propos de cette situation financière difficile.

Elle ajoute qu’en sentant sa famille fragilisée, un enfant peut aussi, comme Étienne, adopter des comportements plus émotifs : crises, difficulté à dormir, tentatives pour attirer l’attention de façon négative. Par ces comportements, il essaie d’exprimer ce qu’il n’est pas capable de dire avec des mots. Si cela se produit, vous pouvez aider votre tout-petit à nommer ses émotions en lui disant que vous le sentez inquiet, que vous comprenez que c’est difficile pour lui. Il sentira que, malgré les difficultés, vous êtes là pour lui.

Naitre et grandir.com


Source :
magazine Naître et grandir, octobre 2013
Recherche et rédaction : Solène Bourque

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