Une radiographie: quand est-ce nécessaire?

Une radiographie: quand est-ce nécessaire?
Par Dre Taz, Omnipraticienne
Votre enfant a-t-il déjà passé une radiographie? Ou peut-être même un « scan » (le trou de beigne dans lequel on s’allonge et qui permet d’avoir des images en 3 dimensions)? On est d’ailleurs souvent obligé de le recommencer parce que Fiston a bougé ou Gamine a pleuré...

Ces extraordinaires technologies modernes permettent de poser un diagnostic et entamer un traitement rapidement. Dans certains cas, elles sauvent des vies.

Aux États-Unis, chaque année, 7 millions de « scans » sont effectués sur des enfants. En Amérique du Nord, en moyenne, un enfant aura subi 7 procédures radiologiques avant l’âge de 18 ans. Et 40 % des enfants auront au moins eu une radiographie ou un « scan » avant l’âge de la majorité.

Mais sont-elles toujours nécessaires? Si votre médecin soupçonne une pneumonie, a-t-il toujours besoin de faire une radiographie pour la confirmer? Si votre enfant est tombé sur la tête, faut-il systématiquement faire un « scan » cérébral? (Je réponds d’ailleurs à cette question dans mon blogue Et si le ciel vous tombait sur la tête?)

Les questions à poser au médecin

Parents et médecins doivent discuter et se poser les questions suivantes lorsque vient le temps de faire un test d’imagerie :

  • L’examen physique du médecin n’est-il pas suffisant?
  • Est-ce que ce test est vraiment approprié pour l’état de votre enfant? Peut-on avoir la réponse à nos doutes autrement? Un test en imagerie nucléaire ou une échographie (qui n’émettent pas de radiations nocives) ne ferait-il pas l’affaire?
  • À combien de tests radiologiques l’enfant a-t-il été exposé jusqu’à présent? 
  • Peut-on se limiter à une partie du corps précise? À une dose réduite?

L’exposition aux radiations

Pourquoi se poser ces questions? À cause des radiations.

Il est vrai que la part d’exposition médicale aux radiations est relativement faible. L’exposition naturelle cosmique compte pour 3 à 3,5 mSv annuellement (mSv est l’abréviation de « millième de sievert » et sert à mesurer l’exposition à la radioactivité ainsi que ses effets nocifs sur le corps).  En comparaison, la radiographie dentaire délivre 0,0005 mSv; et la radio pulmonaire, 0,01 mSv. Le « scan » abdominal projette de 1 à 30 mSv. 

Le seuil exact à partir duquel les radiations sont dangereuses n’a pas été clairement défini. Des études parues dans le New England Journal of Medicine déterminent qu’il y a un risque accru de cancer à partir de 150 mSv. Elles estiment que 2 % des cancers chez nos voisins du Sud sont attribuables aux radiations.

Les enfants, particulièrement vulnérables

C’est surtout l’effet cumulatif que l’on craint. Plus on est irradié, plus le risque est grand. De plus, la radiation est  « irréversible ». Or, la peau et les organes des enfants sont en pleine croissance et donc particulièrement vulnérables aux mutations cancéreuses et aux maladies systémiques de toutes sortes. Par ailleurs, les différentes procédures radiologiques ne sont pas adaptées à la taille des enfants, qui reçoivent la même quantité de radiations qu’un adulte pour une masse musculaire bien moindre. Finalement, un enfant a de longues années de vie devant lui... suffisamment pour éventuellement développer d’un cancer qui n’aurait pas eu le temps d’apparaître chez un adulte. 

Comme toute chose en médecine (et dans la vie!), il faut peser les pour et les contre, et si l’imagerie médicale est sans conteste un atout incontournable, il faut toutefois l’utiliser à bon escient!

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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