Une collation en sortant de table: non!

Une collation en sortant de table: non!
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Mes enfants, comme tous les enfants, testent l’autorité parentale. Chez nous, l’autorité s’accorde davantage au masculin : l’autorité paternelle. L’autorité maternelle est plus vacillante. Je fais de gros efforts, mais on dirait que mes enfants ne me prennent pas au sérieux. Il faut que ça change, surtout autour de la table, où j’ai tout de même une réputation à défendre!

Je ne force jamais mes enfants à finir leur assiette. Vous le savez; je le répète assez souvent. Et ils ont toujours droit au dessert prévu. Bien sûr, ils mangent parfois peu et attendent le dessert avec impatience. Je résiste alors tant bien que mal à ne pas leur accorder une collation 30 minutes après le repas. 

Il n’y a pas longtemps, pour le souper, nous mangions un pain aux lentilles. Recette improvisée pas mal du tout… à mon goût. Je n’ai pourtant pas eu droit au « c’est le meilleur souper au monde de ma vie » avec lequel ma fille de 4 ans s’exclame quand ça lui plaît vraiment. Que voulez-vous? On ne peut pas toujours viser juste. Ce soir-là, Laura et Benjamin se sont rabattus sur le riz et les légumes. Et j’ai remis les restes de pain aux lentilles au réfrigérateur.

Moins de 15 minutes après être sortis de table, j’entends « j’ai faim » et « é faim ». « On veut une collation s.v.p. ». Ils revendiquent en bloc pour avoir plus de poids dans les négociations!

- Parfait! Il reste du pain aux lentilles.
- Mais maman, c’est pas une collation.
- Justement, ce n’est pas l’heure de la collation. On va appeler ça une extension au souper, exceptionnellement.
- Ah mamaaaannn!
- …

J’ai tenu mon point. J’ai même réussi à paraître sûre de moi. Les enfants se sont attablés de nouveau et ont mangé leur pain aux lentilles… devant un papa incrédule.

S’il leur arrive encore de repousser leur assiette à moitié pleine avec la hâte d’arriver au dessert, je leur rappelle qu’ils auront UNE portion de dessert. On ne se nourrit pas de dessert, aussi nutritif soit-il. Ni seulement de collations. S’ils ont encore faim, on revient au plat principal.

Il n’y a pas si longtemps, une telle réplique m’aurait valu un sourire en coin de la part de mon conjoint et aurait créé un sérieux doute dans l’esprit de tout le monde (m’incluant!). Désormais, on me prend au sérieux. J’ai gravi un échelon!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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