Un coup de main pour les enfants qui ont faim

Un coup de main pour les enfants qui ont faim
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Presque chaque jour, j’entends :

« Maman, j’ai faim! Qu’est-ce qu’on mange pour souper? »

Que je serais malheureuse d’entendre plutôt :

« Maman, j’ai faim! Est-ce qu’on mange pour souper? »

Mes enfants doivent avoir faim environ 1 heure par jour. C’est à cela que j’estime grosso modo le cumulatif des quelques minutes avant chaque repas et collation. Il y a des enfants qui souffrent de la faim entre leurs trop rares repas et qui ne connaissent tout simplement pas le concept de collations.

Crédit photo : Yannick Mitchell-Ferlandphoto Inc. Mes enfants ne savent pas ce qu’est avoir faim, vraiment faim au point d’avoir du mal à s’endormir et du mal à trouver l’énergie pour jouer. Je ne leur ferai évidemment pas vivre l’expérience pour qu’ils comprennent, mais j’ai tout de même le souci de les sensibiliser à cette réalité que vivent des milliers d’enfants au Québec. Une activité de sensibilisation s’est présentée à nous le mois dernier. Nous avons été invités chez Moisson Montréal pour aider à préparer des sacs de denrées qui avaient été recueillies durant la campagne La grande récolte pour les enfants.

En quelques mots, j’ai tenté de faire comprendre à mes enfants ce qu’on irait faire là, par un beau (non, pluvieux) samedi matin.

« Un bébé qui pleure parce qu’il a faim, on le nourrit. Mais si on manque d’argent pour lui offrir à manger ou à boire, on fait quoi? Un bébé qui pleure parce que sa couche est sale, on le change. Mais si on n’a plus de couche et plus d’argent pour en acheter jusqu’à ce qu’on reçoive des sous, on fait quoi? Les parents à qui ça arrive peuvent appeler la banque alimentaire la plus près de chez eux en espérant recevoir un sac comme ceux qu’on va faire. »

Dans leurs yeux d’enfants qui ne manquent de rien, je crois que c’était de l’empathie. Concentrés, presque solennels, Laura et Benjamin ont rempli des dizaines de sacs en suivant les instructions bien précises. Aussi efficaces que les adultes. Aussi motivés. Couches, préparations pour nourrissons, purées, céréales et biberon dans un sac. Couches, préparations pour nourrissons, purées, céréales et biberon dans un autre. Etc.

Mes enfants ont-ils compris ce que vivent de trop nombreux enfants près de chez eux? Sûrement pas très bien. Mais quand je leur reparlerai de l’importance de faire des dons aux banques alimentaires plusieurs fois par année et pas seulement à Noël ou lors des campagnes spéciales, ils se souviendront de cet avant-midi. Ils repenseront au contenu des sacs qu’ils ont préparés et imagineront peut-être une petite bouche grande ouverte devant une cuillère de céréales.

Trouvez-vous cela important de sensibiliser vos enfants à la pauvreté et à la générosité? Comment vous y prenez-vous?

Crédit photo : Yannick Mitchell-Ferland photo Inc.

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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