Un câlin contre la douleur

Un câlin contre la douleur
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Quelle est votre dernière douleur? Un doigt dans la portière de la voiture? Le petit orteil contre le pied du lit? Un coup de tête de votre cadet dans l’entrejambe?

Quel est votre premier réflexe? Les plus timides répriment un cri en serrant les dents. Les plus exubérants lâchent un juron. Et s’il y a des témoins, on aime bien recevoir un signe de compassion, genre sourire gêné. Et si on a un conjoint ou une maman dans le coin, on apprécie une tape dans le dos. On n’a pas encore appliqué un pansement ou de la glace, mais on se sent déjà un peu mieux!

Pendant longtemps, on a ignoré la douleur des nouveau-nés. On a cru que les nourrissons ne pouvaient ressentir de la douleur, ou très relativement du moins.

Quant aux pleurs, tout le monde a son avis. J’entends encore régulièrement que ce n’est « qu’une matière d’attirer l’attention », que « ça développe la voix et les poumons », et « qu’il ne faut pas prendre bébé trop souvent dans les bras parce que ça rend capricieux ».

Ces mythes sont révolus. Un bébé a développé toutes les fibres nerveuses impliquées dans la sensation de la douleur, bien avant sa naissance. Et s’il pleure, c’est parce que c’est son moyen de communication le plus sonore et le plus efficace pour demander de l’aide.

Un nouveau-né doit malheureusement subir vaccins et prises de sang avant de quitter l’hôpital; procédures douloureuses, mais obligatoires. Et qui sait les dizaines d’autres raisons pour verser des larmes, hormis la faim et l’inconfort d’une couche mouillée? Peut-être bébé souffre-t-il de douleurs abdominales? Peut-être a-t-il froid? Chaud? Ou se sent-il seul?

Évidemment, les méthodes usuelles de diversion ou de contrôle de la respiration, comme chez l’enfant plus âgé, ne fonctionnent pas. Donner des analgésiques n’est pas non plus une solution envisageable.

Bébé pleure pour que vous trouviez la solution.

Une étude récente parue dans le Pediatrics, un magazine médical américain reconnu, apporte des données très intéressantes. Elle affirme que donner un peu d’eau sucrée en plus de prendre bébé dans ses bras pendant 2 minutes avant et après une procédure douloureuse, comme un vaccin par exemple, amoindrit la douleur.

Les chercheurs parviennent à cette conclusion en objectivant des signes externes de la douleur : les pulsations cardiaques, la vitesse de la respiration, les ondes cérébrales, l’agitation des membres, la tonalité des pleurs, etc.

On pense que le contact et l’odeur de la mère (car l’étude n’est faite qu’avec les mamans, petite faiblesse), en plus du bruit de ses battements cardiaques, « bloquent » les signaux de la douleur qui se rendent au cerveau de bébé, et stimulent la production d’analgésiques internes, comme l’endorphine.

Il y a longtemps que nos neurones et notre coeur de parent ont compris la valeur du câlin. Mais qui aurait cru qu’un geste aussi naturel et spontané aurait une valeur SCIENTIFIQUE? Le câlin est l’anesthésiant parfait : gratuit, facile, rapide, disponible et sans effet secondaire!

Alors, pourquoi en priver bébé?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet