Serpents, échelles et nouveaux aliments

Serpents, échelles et nouveaux aliments
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Connaissez-vous le quinoa? Si oui, vous savez peut-être qu’il existe du quinoa ordinaire (blanc crème-beige) et du quinoa rouge. Quelle est la différence entre les deux? Mes enfants ne mangent pas le rouge!

Mes enfants sont néophobes... comme la plupart des enfants. La néophobie, ce n’est pas la peur du quinoa rouge. C’est la crainte du nouveau. Des nouveaux aliments, en l’occurrence.

C’est en partie de ma faute si Laura et Benjamin n’aiment pas (encore) le quinoa rouge. Je n’en ai pas fait assez souvent. J’ai cuisiné le quinoa ordinaire régulièrement depuis 2 ou 3 ans, mais je leur ai servi du quinoa rouge pour la première fois il y a 2 jours. Il ne suffit pas que ça porte le même nom pour qu’ils l’adoptent aussitôt. C’est rouge, ce n’est plus blanc, c’est donc nouveau. On repart à zéro.

À la case départ, il y a le premier contact avec un aliment. À l’arrivée, l’enfant aime cet aliment. Entre les deux, il y a tout un parcours. Comme un jeu de serpents et échelles. Un parcours comprenant plusieurs étapes, où les enfants cheminent à leur rythme. Parfois, case par case. Plus rapidement s’ils rencontrent des échelles. Beaucoup plus lentement s’ils tombent sur des serpents en route.

Les échelles sont les contacts positifs avec l’aliment ainsi que les modèles positifs. La meilleure façon d’aider un enfant à apprivoiser un nouvel aliment est de le servir régulièrement, de ne pas mettre de pression et d’en manger soi-même avec plaisir. Et malgré cela, la partie peut être longue.

La première fois qu’un aliment inconnu se trouve dans son assiette, l’enfant le chassera possiblement hors de son territoire. Dans votre assiette, sur la table ou sous la table, mais pas dans son assiette à lui! La deuxième fois, ledit aliment aura peut-être le privilège de rester dans son assiette. Peut-être, peut-être pas. Il est possible que ça prenne plus de temps. L’enfant finira par oser le regarder. Puis y toucher. Et enfin le goûter… mais le recracher. Un jour, il y goûtera et avalera un morceau, pour réaliser qu’il n’est ni malade ni mort. Il acceptera de répéter l’expérience et, ô surprise, il finira par aimer ça.

Les mots-clés, quand on parle d’apprivoiser des aliments, sont répétition, patience et plaisir. Répétition, car ça peut prendre 8, 12 ou même 15 fois avant qu’un enfant accepte certains aliments. Patience, c’est ce que ça vous prendra. Et plaisir, parce que vous devez montrer à votre enfant que vous appréciez les aliments. Vous, mais aussi son grand frère, sa grande soeur et sa mamie qu’il aime tant. Ses modèles, quoi!

Il faut éviter de forcer l’enfant à manger, même à goûter un aliment. On peut l’inviter et lui montrer l’exemple, mais pas l’obliger. Vous le savez, vous risquez de rencontrer de la résistance si vous le contraignez. Ou s’il obéit, il n’en retirera aucun plaisir et personne n’aura vraiment gagné.

Chez nous, on vient de commencer une partie qui met en jeu le quinoa rouge, mais on a aussi une partie de commencée avec les courgettes et une autre avec les champignons. J’arrive encore à voir ça comme un jeu. Je vous en reparlerai dans quelques mois!

Comment se passent la découverte et l’apprivoisement des aliments pour vos enfants?

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet