Pour des vaccins moins douloureux

Pour des vaccins moins douloureux
Par Dre Taz, Omnipraticienne
Nos enfants reçoivent minimum une douzaine de vaccins avant l’âge de 5 ans. J’ai été témoin d’innombrables techniques pour que ces rendez-vous incontournables soient moins dramatiques : une escapade dans un restaurant tout de suite après (même à 9 h le matin), l’achat d’un jouet convoité, la menace que le père Noël ne passera pas... Des parents ont même tenté de me confier leur enfant pendant qu’ils allaient eux-mêmes se réfugier dans la salle d’attente. 

Les enfants ne sont pas dupes et souffrent comme nous (voir ma chronique « Un câlin contre la douleur »). J’ai développé quelques trucs que je vous révèle aujourd’hui.

 Préparez le rendez-vous

  • Avisez votre enfant de façon naturelle, le jour même ou la veille du rendez-vous. Inutile d’accorder une importance démesurée à ce qui devrait être une affaire de quelques secondes. Gardez une attitude désinvolte. Les enfants vous observent.
  • Soyez clair et choisissez judicieusement vos mots. « Tu vas avoir un vaccin pour te protéger des maladies. » Évitez d’utiliser les mots « piqûre », « aiguille », etc.
  • Ne mentez pas. Si votre enfant demande si ça fait mal, répondez : « Non, mais ça pince un peu. »
  • Dédramatisez : les enfants aiment se raconter des histoires entre amis de la garderie. Demandez-lui ce qu’il sait exactement et rétablissez les faits au besoin. 
  • La journée du rendez-vous, votre enfant doit être « zen » afin qu’aucun stress ne diminue sa tolérance à la douleur. Si possible, il doit avoir bien mangé, bien dormi et avoir été aux toilettes.

Au moment fatidique

 Voici quelques trucs. À vous de choisir ce qui, selon vous, convient le mieux à votre enfant.

  • Plusieurs parents appliquent de la crème anesthésiante au site d’injection 1 h avant la procédure. Je ne suis pas contre, mais ce n’est pas une solution parfaite : la crème agit sur la peau tandis que les vaccins sont intramusculaires. Je suggère que vous donniez une dose d’acétaminophène au moins 30 minutes avant. 
  • Enseignez à votre enfant à inspirer calmement par le nez et expirer par la bouche pendant la piqûre. Pour les plus petits qui ne comprennent pas les techniques de respiration, donnez un jeu de bulles ou un moulin à vent qu’ils utiliseront pendant l’injection.
  • Faites compter l’enfant jusqu’à 10 ou faites-lui réciter une comptine jusqu’à un moment précis.
  • Faites tenir un glaçon à votre enfant de la main du bras du vaccin, le but étant de distraire le cerveau de la douleur en l’exposant à un autre stimulus. Moi, j’ai une réserve de pop-sicle que l’enfant a le droit de manger par la suite!
  • Serrez votre enfant dans vos bras. Plus vous le touchez, moins il se concentre sur la douleur. Tenez-le fermement sur vous : pour l’immobiliser, mais surtout pour lui transmettre un sentiment de sécurité. Prenez sa main. Il transférera sa douleur en vous serrant les doigts (comme une femme qui accouche et son conjoint!). Si vous avez un bébé, vous pouvez l’allaiter pendant l’injection. 

Et après?

  • Tout de suite après l’injection, certains peuvent avoir des étourdissements, voire perdre connaissance. C’est la chute de l’adrénaline. Rien d’alarmant. Seulement, il ne faudrait pas que l’enfant se blesse en tombant. Votre enfant doit rester sous surveillance 5 bonnes minutes dans le bureau du médecin et 10 minutes dans la salle d’attente, pour parer aux effets secondaires ou à une allergie.
  • Félicitez votre enfant : beaucoup d’adultes n’ont pas autant de courage devant une aiguille!

Et un dernier conseil : ne menacez JAMAIS votre enfant d’un « Si tu n’es pas gentil, Dre Taz va te donner une piqûre ». De combien de patients traumatisés ai-je hérité à cause de cette phrase incongrue! Petite anecdote : un enfant m’a déjà menacée d’avertir la DPJ si le vaccin lui faisait mal!

Et vous, avez-vous des trucs pour que ça se passe bien?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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