Manger en famille comme résolution

Manger en famille comme résolution
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Quand j’étais jeune, nous mangions toujours en famille. Ma mère gardait des enfants à la maison et mon père travaillait à quelques minutes en voiture, alors même le dîner des jours de semaine, nous étions réunis. Petit-déjeuner, dîner, souper, jour après jour. Vu le nombre d’enfants présents, mais surtout parce qu’il aimait ça, mon père en avait souvent un sur les genoux. Je garde un merveilleux souvenir de cette époque.

Avec ma petite famille, nous partageons en moyenne 2 repas par jour. Avec tous les préparatifs du matin, le petit-déjeuner représente un défi, mais le souper est sacré.

Malheureusement, dans bien des foyers, le repas familial est l’exception plutôt que la règle. C’est triste parce qu’il s’agit d’une occasion en or pour inculquer de saines habitudes aux enfants. En effet, la petite enfance est une période cruciale pour l’établissement des habitudes et des préférences alimentaires.

La variété et l’équilibre des repas sont importants, mais ils ne sont pas les seuls. Notre rôle de modèle, en tant que parents, est de premier plan. C’est en nous regardant manger – et en nous imitant – que nos enfants se définissent comme mangeur. Notre ouverture aux découvertes, notre attitude envers les aliments, notre critique des saveurs et des textures, et notre plaisir à manger ont des effets directs sur eux.

Des enquêtes révèlent que les familles réunies pour les repas s’alimentent mieux que les autres. Elles consommeraient plus de fibres alimentaires et de produits laitiers, et moins de gras et de sel. On n’explique pas le lien, mais on l’observe!

Autre bénéfice important, les repas en famille contribuent à la santé mentale, en permettant notamment aux enfants de ressentir un meilleur soutien affectif. Ce n’est pas surprenant quand on y pense, puisqu’ils sont des moments privilégiés pour échanger et resserrer des liens. Ce qui est plus étonnant, c’est que les repas familiaux contribueraient même à éloigner les problèmes de dépression, d’anxiété, de décrochage scolaire et de toxicomanie.

Évidemment, il y a au moins 2 conditions de succès aux repas en famille. La première est l’absence de la télévision. Pas de distraction de la sorte. Au programme : la famille. La seconde condition est l’harmonie. On évite les réprimandes et les sujets de discorde qui feraient fuir certains membres de la famille. Faites en sorte que vos enfants ne fassent pas partie du tiers des petits Québécois de 4 ans qui considèrent les repas désagréables…

En sachant tout cela, les récits de Laura à table – ses joies et ses peines de la journée, ses rêves de la nuit, ses « moments préférés » de la fin de semaine – ne sont pas seulement mignons. Ils sont rassurants.

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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