Les virus de la garderie: tôt ou tard, ils nous auront!

Les virus de la garderie: tôt ou tard, ils nous auront!
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Décider si nous allions inscrire ou non nos enfants à la garderie était un débat animé qui avait souvent lieu lorsque mes amies et moi étions enceintes. Les arguments étaient nombreux en faveur de l’emploi d’une nounou à domicile à temps plein ou d’un retour tardif au travail : théorie de l’attachement, importance de la routine, qualité inégale des CPE, etc. Notre propre choix, à Papa de Fiston et moi, avait été assez automatique : étant tous les deux des travailleurs autonomes, nos congés de parenté n’étaient pas du tout intéressants financièrement à l’époque et on devait reprendre notre boulot respectif le plus rapidement possible.

 Par contre, un des arguments avancés venait chatouiller ma culpabilité maternelle tout en attisant ma curiosité de médecin : les infections! « Toi qui es dans le domaine, me disait-on, tu dois bien savoir que Fiston sera plus malade en garderie! » ou au contraire : « Au moins, son système immunitaire sera solide! »

Effectivement, est-ce que je n’exposais pas inutilement Fiston à une succession malheureuse de « ites »? Otites, bronchite et gastroentérites? Ou, au contraire, est-ce je l’immunisais pour les années à venir contre ces mêmes microbes?

Éclaircissons d’abord un point : pour plusieurs affections virales, comme la varicelle ou l’hépatite A, contracter la maladie ou se faire vacciner octroie effectivement une immunité pour la vie (sauf de rares exceptions). Par contre, il n’y a pas de bénéfice immunitaire dans plusieurs cas : les rhumes communs sons causés par des centaines de familles de virus. Quant aux pneumonies et aux otites, elles sont souvent provoquées par des bactéries. 

Une étude très sérieuse, dans l’Archives of Pediatrics and Adolescent Medecine de décembre dernier, vient conforter les parents qui envoient leur progéniture à la garderie tout comme ceux qui ne le font pas. 

Pendant 8 ans, on a répertorié toutes les infections des enfants de 1 300 familles canadiennes. Il s’avère que les enfants, fréquentant ou non une garderie, finissaient par attraper le même nombre d’infections, et de gravité égale. Seulement, les enfants qui vont à la garderie sont malades plus tôt. Ceux qui ont été épargnés parce que gardés à la maison finissent par contracter autant d’infections, mais à l’école!

C’est rassurant de savoir que les enfants d’une situation ou de l’autre n’étaient pas plus malades que les autres. Notre choix de l’envoyer à la garderie ou non n’a donc aucune incidence quant au nombre total de virus, mais seulement sur le moment!

Cela dit, je suis soulagée que les 5 otites de Fiston la première année de garderie n’aient pas été en vain, et que de l’avoir gardé à la maison n’aurait rien changé. A posteriori, je suis satisfaite de ma décision : il adorait la garderie, était d’autant plus content de nous revoir en fin de journée, et il y a acquis des habiletés sociales léguées par ses éducateurs. Maintenant qu’il se prépare à commencer la « vraie » école, je pourrai me consacrer à 100 % au deuxième... pour lequel je me pose la même question (car, cette fois, les congés de maternité pour travailleurs autonomes sont plus décents!) : garderie ou non?

Et vous, cette étude vient-elle nuancer votre choix? Qu’est-ce qui a motivé votre décision? Regrets ou non? J’ai hâte de vous lire!

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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