Les mauvaises habitudes des parents (suite)

Les mauvaises habitudes des parents (suite)
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Comme parents, nous sommes tentés d’utiliser diverses stratégies et divers arguments pour que nos enfants mangent bien. Pensant bien faire, il peut arriver qu’on fasse fausse route, car à la longue, certaines attitudes peuvent entraîner des résultats qu’on souhaite éviter…

Féliciter d’avoir tout manger

« Bravo, tu as fini ton assiette! », « Je suis fière de toi, tu as tout mangé » ou autres félicitations du genre sont à éviter. 

Naturellement, les enfants souhaitent nous plaire. S’ils en viennent à penser qu’on les aime plus quand ils vident leur assiette ou qu’ils nous peinent quand ils ne mangent pas tout, ils auront de la difficulté à respecter leurs signaux de faim et de satiété. On peut les féliciter sur le fait qu’ils mangent proprement, qu’ils utilisent correctement leurs ustensiles, et même qu’ils goûtent à de nouveaux aliments, mais attention aux commentaires qui concernent la quantité d’aliments consommés.

 Insister ou forcer

« Encore 3 bouchées et tu auras ton dessert », « Tu sortiras de table quand ton assiette sera vide »…

Généralement, forcer un enfant à manger a 2 conséquences immédiates possibles. La première est qu’il mangera par obéissance. La seconde est qu’il ne mangera pas par défiance. Dans un cas comme dans l’autre, il ignore son corps qui lui dicte ses besoins. Et dans les 2 situations, le plaisir de manger est absent.

Les enfants savent instinctivement quelle quantité manger s’ils n’ont jamais connu d’interférence. Il faut les aider à conserver ce précieux réflexe. Le rôle des parents est de fournir de bons repas. Celui des enfants est de décider de la quantité avalée.

Priver de dessert

Lors d’une réunion de famille, un souper entre amis ou une fête, certains parents refusent que leur enfant mange les pâtisseries, sucreries ou autres « cochonneries » offertes parce que « ce n’est pas bon pour sa santé ». Parlons de santé…

Il est vrai que d’un point de vue strictement nutritionnel, les aliments sucrés ou gras et sans vitamines contribuent peu à la santé. Mais les interdire est davantage nuisible à la santé mentale. Priver un enfant (et même un adulte) d’un aliment gâterie auquel tout le monde a droit l’isole et le frustre. Cette attitude risque également d’engendrer une préoccupation à l’égard desdits aliments interdits. L’équilibre nutritionnel est tributaire de l’ensemble des habitudes alimentaires. Il n’est pas gâché par une « cochonnerie » occasionnelle.

Certaines façons de faire ont la couenne dure. On a naturellement tendance à répéter ce qu’on a connu avec nos parents, et c’est ainsi que certaines mauvaises habitudes parentales traversent les générations. J’ose espérer qu’en prendre conscience aidera à initier un changement...

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet