Le moustique pique, pique!

Le moustique pique, pique!
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Qu’est-ce qui détient le pouvoir de me détourner du plaisir d’un Mr Freeze avec Fiston pendant notre marche après le souper? Ou du spectacle des acrobaties aquatiques des voisins en savourant une boisson fraîche sur ma terrasse au retour du travail? Ou de l’état de semi-coma dans lequel me plonge un torse masculin ronflant?

 Peu de choses gâchent mes bonheurs éphémères de la saison bénie sauf... le moustique! Qu’il soit indispensable à la chaîne alimentaire et qu’il contribue à l’équilibre d’un écosystème ne me console pas. Le « bizz-bizz » agaçant, la piqûre douloureuse et la cicatrice non esthétique et prurigineuse suffisent : je hais les moustiques. 

Certains me reprocheront la légèreté du sujet. Pourtant, il constitue une proportion non négligeable des consultations estivales. Certains enfants réagissent de façon impressionnante, se grattent et ouvrent la porte à l’impétigo.

Commençons par la prévention.

Le moustique a besoin d’eau stagnante pour se reproduire et ne s’éloigne pas de son lieu de naissance. Un nettoyage de la cour s’impose : évitez les pots de fleurs vides ou les chariots des enfants, qui accumulent l’eau de pluie. 

Le moustique est surtout actif au crépuscule, moment où il faut être le plus vigilant. Je dis souvent à mes petits patients de ne pas « ressembler à une fleur » : on évite les habits de couleur vive ou foncée, et les shampoings, parfums ou assouplissants aux effluves tenaces.

Il faut parfois se résigner aux insectifuges. Le DEET (ou N,N-diéthyl-m-toluamide) est utilisé depuis plus de 50 ans et jugé sécuritaire. Plus la concentration est élevée, plus la durée de protection est longue. On observe un plafonnement à une concentration de 30-35 % pour une durée de 6 h. Pour les enfants, je recommande du 10 %, qui sera efficace 2 h. Pour les nourrissons de moins de 6 mois, on se limite à des moyens « physiques » : vêtements couvrants et moustiquaires.

Le DEET reste un produit chimique, avec les précautions qui s’imposent. On l’essaie sur une petite partie du corps pour s’assurer qu’il ne provoque pas de réaction allergique. Les enfants l’ayant utilisé devraient se laver avant d’aller au lit (d’ailleurs, si l’enfant se baigne, le DEET doit être réappliqué). On épargne les parties vulnérables : visage, mains, plaies.

Je ne recommande pas les produits qui combinent écran solaire et DEET, dont les temps d’efficacité et les objectifs ne sont pas superposables. Si vous devez appliquer les 2, commencez par l’écran solaire, attendez 20 minutes puis mettez le DEET.

Les solutions de rechange sont peu nombreuses. La citronnelle, malgré la croyance populaire, est très peu efficace et doit être réappliquée... toutes les 30 minutes! L’huile de soya ou l’huile d’eucalyptus seraient envisageables, mais la texture, l’odeur et le manque de disponibilité en font des produits peu séduisants.

Malgré tout, le moustique est un vil animal qui arrive à ses fins... que faire avec les piqûres?

D’abord, laver à l’eau savonneuse et rincer. Si ça pique trop, on applique une crème avec 1 % d’hydrocortisone, toutes les 6 h au besoin. Dans les cas plus graves, un antihistaminique oral (Bénadryl, Zyrtec ,Claritin, etc.) aux doses appropriées, avant le dodo entre autres, permet un sommeil plus serein. Le Benadryl topique n’est pas suggéré. Si vous constatez des signes d’infection, soit une rougeur qui progresse, une douleur disproportionnée ou un écoulement opaque, consultez!

Sur ce, retournons aux BBQ, aux festivals et aux popsicles! Et vous, qu’est-ce qui gâche vos vacances?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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