La petite séduction de Coke auprès des enfants

La petite séduction de Coke auprès des enfants
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Mise en contexte : j’étais récemment à Whistler en Colombie-Britannique (chanceuse, je sais), durant le World Ski & Snowboard Festival. Il y avait de nombreuses activités et plusieurs kiosques promotionnels, dont certains ne dérougissaient pas. Un en particulier a attiré mon attention.

File enfants v3Questions quiz à ce sujet :

1- Que font ces enfants en file?

a) Ils veulent l’autographe d’un médaillé olympique de planche à neige.
b) Ils attendent pour faire un tour de manège.
c) Ils veulent recevoir une paire de mitaines gratuite.
d) Ils veulent recevoir une cannette de Coke gratuite.

Réponse : d)

Si je voulais vous piéger, j’aurais choisi un autre titre! Restez à l’écoute, le punch s’en vient.

2- Que doivent-ils faire pour recevoir leur cannette de Coke?

a) Chanter une toune.
b) Répéter le slogan de Coke.
c) Faire un câlin à une machine distributrice.
d) Fournir leur adresse courriel.

 Réponse : c)

UN CÂLIN À UNE MACHINE DISTRIBUTRICE!

montageCoke1Ces images arrachaient des « ohhhh » et des « hihihi » à une foule qui trouvait ça « cute ». De mon côté, j’avais la bouche ouverte et les sourcils relevés d’étonnement et de déception.

Je sais bien que cette stratégie de marketing va dans la lignée des slogans de Coke qui, depuis tellement d’années, veut nous convaincre qu’on ouvre du bonheur quand on ouvre une cannette. Là, ce n’est plus juste du bonheur, c’est rendu de l’affection. Un câlin, un Coke. Et à des enfants en plus! Bien sûr que les enfants n’étaient pas la cible première. Dans le village, au bas des pentes, il y avait bien plus de pantalons-à-fond-de-culotte-entre-les-genoux que de salopettes de neige. Néanmoins, en plein long congé de Pâques, les petites familles étaient nombreuses.

Cette campagne « Donne-moi un câlin, je te donne un Coke » me dérange. Au-delà du fait que Coke ne convienne absolument pas aux tout-petits, c’est l’idée que ces enfants adoptent déjà la marque. On sait tous que la mémoire des enfants est marquée par des événements qui semblent parfois anodins aux adultes. J’imagine le portrait :

- Tu te souviens de Whistler, mon trésor? Tu sais, là où les montagnes montent plus haut que les nuages?

- Ah oui, c’est là que j’ai fait un câlin à une machine distributrice et que j’ai bu un Coke pour la première fois, c’est ça?

La fidélisation à une marque prend racine dès l’enfance. Et voilà des milliers d’enfants charmés par le logo rouge et blanc. La file ne dérougissait pas, je le répète. Il devait sortir une cannette à la minute.

Au Québec?

Il y a peu de chance de voir la même stratégie au Québec, grâce aux règles sur la publicité faite aux enfants encadrées par la Loi sur la protection du consommateur. Ici, la distribution directe aux enfants est interdite. La Coalition Poids est toujours sur un pied d’alerte, prête à poursuivre les compagnies qui contreviennent à la loi. Bien que ce type de promotion soit interdite ici, il ne faut toutefois pas oublier que les opérations de séduction sont souvent plus subtiles. Toutes les publicités auxquelles nos enfants sont exposées à la télévision et ailleurs agissent aussi sur eux, leurs demandes, leurs futurs choix et leur santé.

D’entrée de jeu, je déteste le fait que des compagnies comme Coca-cola fassent autant de publicités. Je déteste cela parce que… c’est d’une redoutable efficacité. Je déteste surtout admettre que parfois, je les trouve bonnes, leurs pubs. Mais l’idée derrière, jamais. Et encore moins ce dernier coup de marketing dont j’ai été témoin.

Et vous, comment réagiriez-vous devant une stratégie de marketing qui vise directement vos enfants?

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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