La mort dans la vie des enfants

La mort dans la vie des enfants
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Tout d’abord, avec un peu de retard, je voudrais vous souhaiter une année 2012 en santé!

J’ai été durement éprouvée récemment par le décès d’un proche, et je me relève avec mal. Le destin frappe parfois cruellement nos vies et nous apprenons tant bien que mal à affronter les deuils. Mais être parent, c’est aussi faire fi de ses émotions pour préserver nos enfants de la souffrance. Comment le faire? Cacher nos émotions? Tout leur expliquer?  Voici les conseils recueillis auprès de références en la matière.

Même s’il ne comprend pas, l’enfant ressent tout.

Il est vain de croire que nous pouvons dissimuler quoi que ce soit à des enfants. Sans compter qu’ils sont narcissiques et croient que le monde tourne autour d’eux. Votre enfant pourrait donc croire qu’il est la cause d’événements obscurs en cours et de la peine que vous démontrez. Rassurez-le en clarifiant la situation : « Maman est triste, mais ce n’est pas à cause de toi. »

Expliquez les faits de façon simple et adaptée à son âge. 

Les enfants ont une forme de pensée très concrète : le père Noël descend VRAIMENT par la cheminée! Il peut s’avérer confondant d’utiliser des analogies. Soyez clair : « Grand-mère était malade et son corps a arrêté de fonctionner. » Vous pouvez y aller de vos convictions spirituelles (le paradis, la réincarnation), mais attendez-vous à des questions supplémentaires : « Elle est où dans le ciel? », « Pourquoi on ne la voit pas? », etc. Cela dit, vous pouvez répondre « je ne sais pas ».

Certains enfants vont demander si ça peut leur arriver. Allez-y d’une réponse honnête, mais prudente : « Ça arrive à tout le monde un jour. C’est pour ça qu’on va chez le médecin, pour vérifier si notre corps est en santé. »

L’enfant exprime sa détresse par la colère.

Il ne comprend pas son mal-être et va probablement l’exprimer par un comportement oppositionnel (« Non! »), de l’agressivité (tapes sur le toutou ou sur la petite soeur), voire de la régression (recommencer à faire pipi au lit ou sucer son pouce). Soyez indulgent. Passez plus de temps avec votre enfant et validez ses sentiments : « Je sais que cela est difficile pour toi et c’est pour ça que tu es triste et fâché. »

Proposez à votre enfant de poser des gestes tangibles afin de canaliser sa tristesse en quelque chose de constructif. Par exemple, faire des dessins pour consoler les membres de la famille ou vous aider à ramasser des sous pour des fondations contre certaines maladies.

N’associez jamais la mort au sommeil.

Ne dites jamais d’un défunt « qu’il dort ». Encore une fois, les enfants prennent les explications au pied la lettre. Cela pourrait sérieusement perturber leur sommeil, occasionner des troubles de l’endormissement et des phobies.

La routine est rassurante.

Dès que les événements aigus sont passés, reprenez le rituel du dodo, la garderie, les heures de repas, les devoirs, comme avant. C’est une forme de sécurité pour l’enfant et il faut montrer que la vie continue.

Faites-vous aider

Plusieurs bons livres expliquent la mort aux enfants. Demandez à l’éducateur qu’il accorde plus d’attention à votre petit. Mobilisez les proches pour venir le prendre quelques heures afin que vous puissiez vous ressourcer. Et si votre enfant présente une anxiété ou une colère qui nuit à son fonctionnement quotidien, consultez un professionnel.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille et les épreuves sont inhérentes au quotidien. Même si nous voudrions éviter toute forme de souffrance à nos enfants, c’est impossible. Il nous reste donc à développer leur capacité d’adaptation, sans toutefois crever la bulle de l’enfance. Pas une mince affaire!

Et vous, avez-vous déjà fait face à un deuil avec votre enfant?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet