L’intelligence se joue (en partie) dans l’assiette

L’intelligence se joue (en partie) dans l’assiette
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Il y a quelques semaines, j’ai acheté une boîte de céréales Froot Loops pour une chronique à la télé. Et j’ai ramené la boîte chez moi. Je ne sais pas pourquoi je ressens le besoin de justifier la présence de Froot Loops dans mon garde-manger! Bref, ce matin, ma fille me demande « des céréales de couleurs » pour déjeuner. Je n’ai pas eu le temps de prononcer un mot que son petit frère de 2 ½ ans lui a lancé : « C’est pas un déjeuner, c’est du dessert », avant de poursuivre, à mon intention : « C’est vrai, hein, maman? »

Benjamin a raison, je refuse que les Froot Loops fassent office de petit-déjeuner. Tout au plus, j’accepterais de les mélanger avec des céréales plus nourrissantes. Mais comme le message « ce n’est pas un déjeuner » leur est déjà rentré dans la tête, je ne veux pas semer la confusion. Même si mon conjoint me glisse à l’oreille : « On en a bien mangé quand on était petit et on n’est pas mort... »

Il a raison lui aussi. Mais on est peut-être moins intelligent qu’on pourrait l’être cependant!

Eh oui. Semble-t-il que l’alimentation durant la petite enfance aurait un effet sur notre intelligence. C’est du moins ce qu’ont observé des chercheurs de l’Université de Bristol en Angleterre. Les enfants âgés de 3 ans qui mangeaient plus de gras, de sucre et d’aliments transformés ont vu leur quotient intellectuel diminué à 8 ans, contrairement aux enfants qui avaient une alimentation plus équilibrée riche en fruits, en légumes et en pâtes alimentaires.

Ce n’est pas fou, quand on sait que le cerveau se développe à une vitesse folle durant les 5 premières années de vie. Il exige des matériaux spéciaux et beaucoup d’énergie (calories). C’est pourquoi on parle de l’importance des oméga-3 provenant des poissons gras (saumon, maquereau, hareng, truite, etc.) et du lait entier jusqu’à au moins 2 ans. 

Par ailleurs, la petite enfance est une période charnière dans l’acquisition de saines habitudes. Ce que les enfants apprennent et développent comme habitudes très tôt dans leur vie les suivra de nombreuses années. Mieux vaut donc partir du bon pied! Leur QI et leur santé future en dépendent.

L’idée de jeter la boîte de céréales-bonbons me traverse l’esprit. Et puis non. On parle d’une boîte en 5 ans. Mais on va tout de même manger du saumon pour souper. Juste pour être sûr.

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet