L’âge de la curiosité sexuelle!

L’âge de la curiosité sexuelle!
Par Dre Taz, Omnipraticienne

« Le mien y’est plus gros que celui de toi. »

Mes poils se sont hérissés et j’ai levé mes yeux de l’ébauche de ma chronique (l’importance du siège auto). Et ce n’est pas à cause de l’erreur syntaxique. En cette journée caniculaire au bord de la piscine, mon fils et son cousin, qui n’ont pas atteint leurs 5 ans, comparent leurs attributs masculins.

Maintenant? D’accord, je parlerai du siège auto la prochaine fois.

La sexualité infantile est évidemment tout à fait naturelle et il faut l’aborder en temps et lieu. D’ailleurs, le terme « sexualité » est à nuancer puisque pour un enfant en bas de 5 ans, il s’agit simplement d’un sujet comme un autre, qui attise la curiosité.

L’American Academy of Paediatrics a publié récemment une étude sur les comportements sexuels des enfants réalisée auprès de 339 d’entre eux. Elle fait le point sur les comportements considérés comme « normaux », mais aussi sur ceux qui le sont moins.

Voici une liste des plus communs, chez les enfants de 2 ans à 5 ans, et qui demandent une simple explication de votre part, sans culpabilisation :

  • attouchement ou masturbation des organes génitaux;
  • montrer ses organes génitaux à autrui;
  • contacts étroits;
  • essayer de voir autrui nu.

Quant aux comportements suivants, ils ne sont pas nécessairement pathologiques, mais requièrent une intervention pour qu’ils restent anecdotiques :

  • frotter son corps contre celui d’autrui;
  • essayer d’introduire la langue dans la bouche en embrassant;
  • attouchement des organes génitaux d’autrui;
  • imitation de mouvements sexuels.

Jusqu’à l’âge de 5 ans, la fréquence des « actes sexuels » augmente. Puis ils diminuent et réapparaissent autour de 12 ans, mais dans un tout autre contexte!

Cela dit, sachez que l’UNESCO et l’ONU recommandent de parler de la masturbation dès la maternelle (4-5 ans)! Quelques pays, comme la Grande-Bretagne, ont choisi d’appliquer ces suggestions dans leurs écoles. Il s’agirait d’une introduction précoce  à la sexualité afin que les sujets plus délicats tels que l’homosexualité ou l’avortement soient abordés avant l’âge de 12 ans. Tout ceci dans le but de mettre un frein à la progression des infections transmises sexuellement et des grossesses non désirées.

Je dois avouer que je ne sais trop quoi penser de ces lignes directrices. La controverse qu’elles soulèvent me rappelle les réactions musclées qu’avait suscitées la distribution de condoms au secondaire. Pourtant, les années ont donné raison à cette initiative qui ne provoque pas les comportements sexuels précoces qu’on redoutait, mais vient contrebalancer la banalisation de la sexualité dans les médias.

D’autre part, la conscience de soi, de son corps, des comportements sexuels socialement acceptables ou non est une question de maturité qu’il incombe traditionnellement aux parents d’encadrer. Est-ce que tous les enfants de la maternelle en sont au même point en ce qui concerne un sujet tellement sensible et étroitement lié aux valeurs personnelles?

Je vous laisse sur cette interrogation et m’adresse à mes deux cupidons qui s’apprêtent à faire un concours de « celui-qui-fait-pipi-le-plus-loin » :

- On ne dit pas « celui de toi », mais « le tien »; et venez ici, on va jaser pendant que je vous remets de la crème solaire!

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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