Finir les assiettes… à mes risques

Finir les assiettes… à mes risques
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Aux repas, je me sers des assiettes normales, raisonnables. Il y a une grande place pour les légumes, une place plus modérée pour la viande et les féculents. J’essaie d’être un cordonnier bien chaussé!

Je termine généralement mon assiette (quand  je me sers, du moins), car je me connais bien et je prévois la quantité d’aliments en fonction de ma faim du moment. Je termine donc mon repas rassasiée, mais rarement « trop pleine ».

Je suis de celles qui croient que si on écoute les signaux de son corps, on est apte à manger les quantités dont on a besoin. Les enfants le font de façon innée, les adultes un peu moins. Je n’aime pas le concept de restrictions volontaires, même si je reconnais qu’il a parfois son utilité chez certaines personnes. Je préfère quand manger est un acte plus naturel.

S’écouter.

Facile à dire. Facile à écrire. Mais pas toujours facile à faire.

Je disais donc que je termine généralement mon repas rassasiée, sans plus. Le problème, c’est qu’il m’arrive de terminer le repas… de mes enfants. Pas nécessairement en vidant leur assiette, mais en picossant. Tantôt un morceau de poulet, tantôt un reste de saumon, 2 ou 3 raviolis au fromage par-ci, un carré de toast au beurre d’amande par-là.

Si les enfants ont joué dans leur assiette, je ne récupère pas les aliments tâtonnés, quand même! Mais il y a toujours de beaux morceaux intacts. Il n’y en a pas assez pour faire un lunch et je ne force jamais Laura et Benjamin à manger. Bref, on jette ou je mange. Quel dilemme! Cas de conscience et, par souci d’économie, j’ai de la difficulté à jeter de la nourriture, surtout quand elle coûte cher. Sauf que ce que je mange en plus – et souvent en trop – ne me fait pas récupérer une cenne et ne nourrit pas une personne démunie.

Personne ne gagne. Au contraire, c’est moi qui écope. Il y a une phrase en anglais qui, à cause du jeu de mots, ne se traduit pas, mais qui en dit long : « you’d better have some waste than adding it to your waist ».

Prendre du poids se fait insidieusement. Manger l’équivalent de 100 ou 200 calories de trop par jour se fait sans vraiment le réaliser. Ça ne paraît pas vite sur la balance et on ne change pas de taille de vêtement en 2 semaines. Mais au bout de 6 mois, un surplus de 100 calories quotidiennement, résulte en une accumulation d’environ 5 lb. Donc 10 lb en 1 an. Là, ça commence à paraître! Est-ce ce qui m’attend? Est-ce ce que je souhaite? Non et non!

Maintenant, à la fin des repas, je me dis intérieurement que les restes iront à la poubelle  et que la poubelle, ce n’est pas moi.

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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