Feriez-vous entrer un chien dans la bergerie?

Feriez-vous entrer un chien dans la bergerie?
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Est-ce que vous êtes, tout comme moi, épaté par la capacité des pharmacies et supermarchés à remplacer instantanément les citrouilles et les bonbons d’Halloween par des sapins et des cannes de Noël? Je n’ai malheureusement pas cette rapidité d’action : j’enlève la sorcière sur son balai rempli de neige pour mettre le père Noël et son traîneau 2 jours avant le 25... décembre.

Fiston est manifestement plus rapide que moi parce qu’il a tout juste ôté son déguisement de Spider-Man qu’il me demande de rédiger TOUT DE SUITE une lettre au père Noël pour commander rien de moins qu’un chien! Voilà donc un sujet que je n’avais pas du tout pensé aborder, mais bon...

 Médicalement parlant, je pense évidemment aux risques d’allergies et d’infections bactériennes canines. Mais ce qui est le plus préoccupant et qui hante souvent mes cauchemars d’ex-urgentologue, ce sont les morsures.

Selon une étude de l’université de Denver, ce sont, dans 68 % des cas, les petits de moins de 5 ans qui sont les plus souvent mordus. Au Québec, l’Institut de la statistique estime à 2 pour 1 000 le nombre d’accidents avec blessures causés par un animal. Ce sont des morsures de chien dans 80 % des cas. Neuf fois sur 10, c’est un toutou de l’entourage; mais le plus surprenant, c’est que c’est le chien de la maison qui est responsable dans 30 % des situations! Cinquante pour cent des blessures sont infligées à des garçons de moins de 12 ans. 

Ce n’est pas vraiment ce qu’on envisage quand on voit le mignon petit chiot tout propre de la publicité qui se jette avec maladresse sur son bol de croquettes.

Reste qu’un animal peut procurer beaucoup de plaisir si on assume les conséquences qu’il implique. Un animal de compagnie apprend aux enfants des valeurs de discipline, de responsabilités, ainsi que des aptitudes sociales. En général, les relations entre humains et animaux sont positives. Mais il faut réfléchir à certains facteurs importants avant d’intégrer un animal à votre famille.

Voici un résumé des suggestions de diverses instances médicales, dont la Société canadienne de pédiatrie :

  • Choisir un chien de moins de 4 mois, de race peu agressive (Labrador, Golden Retriever). La castration et un cours de dressage sont à envisager.
  • Malgré tout, ne pas traiter un chien comme un membre de la famille, pour qu’il comprenne qu’il n’est pas « dominant », mais bien « dominé » et qu’il ne peut pas se permettre un comportement déplacé. Par exemple, il ne devrait pas pouvoir dormir dans le lit des enfants.
  • On ne devrait pas embrasser un chien ou le serrer dans ses bras. Ce sont des gestes qui peuvent être considérés comme des signes de soumission.
  • Ne pas déranger le chien pendant qu’il mange ou qu’il dort.
  • Ne pas lui prendre ses jouets ou l’acculer dans un coin.

Bien sûr, les visites chez le vétérinaire et une vaccination à jour sont obligatoires. Par ailleurs, on suggère de ne jamais laisser son enfant et un chien ensemble seuls...

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve ces règles très aliénantes. Comment demander à un enfant de ne pas interagir avec le « jouet » le plus vivant de la maisonnée? Une fois ces règles admises, il n’y a plus beaucoup de place pour le jeu... Êtes-vous capable d’assumer ces risques? Avez-vous un chien? Avez-vous vécu de mauvaises expériences?

En attendant vos réponses, j’ai dit à Fiston que le père Noël était encore en vacances...

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
Toutes les chroniques de l'auteur