Et si le ciel vous tombait sur la tête?

Et si le ciel vous tombait sur la tête?
Par Dre Taz, Omnipraticienne

 Petit quiz :

  • Votre enfant apprend-il à marcher? À descendre les escaliers? À pédaler à bicyclette?
  • Pratique-t-il un sport collectif? (baseball, soccer, hockey, etc.)
  • Fréquente-t-il une pataugeoire? Un parc? Un trampoline?
  • Se prend-il pour Dora l’exploratrice, Spider-Man, ou un autre surhumain invincible?

Si vous avez répondu NON à toutes ces questions, vous avez de la chance. Fermez cet ordinateur et profitez de l’été.

Si vous avez répondu OUI à une seule de ces questions, vous conviendrez avec moi que la vie est un jeu dangereux.

Les chutes ou blessures qui touchent la tête sont ma hantise. Pas celles qui font « boooing » et pour lesquelles Fiston vous supplie de le laisser retourner jouer dès que vous aurez fini de l’examiner. Pas celles non plus où il saigne ou semble perdre conscience, car vous savez que vous allez à l’hôpital.

Mais pour toutes ces situations entre les 2... Cela vaut-il la peine d’attendre 3 ou 4 h à l’urgence, voire plus? Devrait-on le faire à la moindre chute douteuse? Risque-t-on de le regretter si on ne le fait pas?

Si vous restez à la maison, votre enfant doit cesser l’activité qu’il faisait et opter pour du calme, quelques heures (la télé est une bonne option). Question de pouvoir bien l’observer.

Votre enfant pourrait avoir mal à la tête et vomir. Inutile de paniquer. Après toutes ces aventures, on peut avoir ces symptômes sans que la situation soit critique. Si son état général reste rassurant et que vous vous sentez en confiance, tentez de l’acétaminophène. S’il y a un 2e vomissement ou que le mal de tête persiste, allez à l’urgence. Par contre, aucune hésitation s’il souffre de problèmes de vision, d’élocution ou d’équilibre.

Pouvez-vous le laisser dormir? Que faire si c’est le temps de la sieste ou du dodo? La blessure peut l’avoir épuisé. Laissez-le dormir, mais réveillez-le toutes les 2 heures, brièvement. S’il dort plus longtemps que d’habitude, ou qu’il est difficile de le réveiller, allez à l’hôpital.

Après 24 h vous pouvez respirer.

Mais vous auriez pu respirer plus tôt me direz-vous, comme les parents de ces 650 000 enfants nord-américains qui, annuellement, font une chute avec perte de conscience, amnésie, désorientation ou vomissements, et qui se rendent à l’urgence. Pourquoi ne pas procéder systématiquement à un scanner à chaque chute impliquant la tête? On le fait presque, puisque son utilisation dans nos urgences est passée de 15 % en 1995, à 53 % en 2005...

Les urgentologues sont formels : c’est souvent sous la pression des parents. Pourtant, un scanner normal n’est pas garant que l’enfant ne subira pas éventuellement un saignement cérébral ou ne présentera pas de symptômes de commotion cérébrale. 

Sans compter qu’une étude pancanadienne expose des données de plus en plus alarmantes sur les effets radio-ionisants cancérigènes du scanner sur le cerveau particulièrement vulnérable des enfants.

Les vraies commotions cérébrales ou les saignements internes sont rares dans les traumas mineurs. La gent médicale préconise donc une période d’observation (sans scanner) : une étude du Pediatrics de juin 2011, effectuée sur 40 000 enfants, révèle qu’on ne compromet pas l’état du patient, tout en réduisant son exposition aux radiations.

Tout cela est rassurant. Pas de pression sur l’urgentologue qui préfère observer votre enfant (même si c’est dans un couloir, à 40 °C, à côté d’un vieil alcoolique qui hurle). On fait confiance au médecin de famille ou à Info-Santé, qui vous suggère de rester à la maison.

À part Fiston ou Gamine, personne n’est tombé sur la tête. Mais gardez l’oeil ouvert et le flair alerte.

Cela vous est-il déjà arrivé?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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