Est-ce un garçon ou une fille?

Est-ce un garçon ou une fille?
Par Mireille Dion, Sexologue

iStock_000014346437SmallMon conjoint et moi attendons notre premier bébé. Travaillant en périnatalité et en petite enfance depuis plusieurs années, j’ai l’occasion depuis les derniers mois de mettre en pratique de nombreuses théories et je pourrai bientôt en « tester » plusieurs autres au fur et à mesure que notre enfant grandira.

La première question que plusieurs se posent (moi, y compris), presque instinctivement, est « Est-ce un garçon ou une fille? ». Dans un livre que je consulte sur le développement du bébé et la grossesse, je trouvais que le chapitre sur le sexe du bébé était drôlement loin! Car, depuis presque le tout début, j’avais une double impression : soit je portais deux bébés, soit il s’agissait d’une fille. La première échographie a infirmé ma première impression : il n’y avait qu’un seul bébé. Je me souviens avoir demandé si nous allions pouvoir connaître son sexe. Assez convaincue, la dame nous a répondu : « Ah, vous voulez savoir? Je vous montre ça tout de suite! » Selon l’angle dans lequel était le bourgeon qui allait se développer en organes génitaux, les probabilités étaient de 70 % en faveur de ma 2e impression : une fille!

Puisque le bébé pouvait à 30 % être un garçon, je me suis amusée à tenter de conclure avant la 2e échographie s’il s’agissait d’une fille ou plutôt, d’un garçon. Après avoir passé en revue les nombreux trucs et astuces de grands-mères tels que le test de l’aiguille, le changement de couleur des mamelons, l’envie de sucré ou de salé en passant par l’absence ou la présence de nausées, je n’ai pu tirer aucune conclusion. J’ai aussi testé les prédictions encore non scientifiques de mon entourage et j’arrivais toujours à une probabilité de 50 % pour une fille (qui sous-entendait la probabilité de 50 % pour un garçon…). J’ai donc décidé de m’en tenir aux faits plus… scientifiques!

X et Y

Chaque être humain est composé de 23 paires de chromosomes. La 23e paire est la seule paire de chromosomes sexuels et est responsable de la détermination du sexe de l’individu : XX chez la femme et XY chez l’homme. Les ovaires (chez la femme) produisent des ovules X. Les testicules (chez l’homme) produisent des spermatozoïdes X et des spermatozoïdes Y. Lors de la fécondation, l’union de l’ovule (X) avec un spermatozoïde X donnera une fille (XX) tandis que l’union de l’ovule (X) avec un spermatozoïde Y donnera un garçon (XY).

Scientifiquement parlant, puisque les spermatozoïdes X (féminins) sont plus lents que les Y (masculins) et ont une durée de vie plus longue, la probabilité de concevoir une fille sera plus grande si vous avez une relation sexuelle avant votre journée d’ovulation. Et, comme les spermatozoïdes Y (masculins) sont plus rapides et ont une durée de vie plus courte, la probabilité d’avoir un garçon sera plus grande si vous avez une relation sexuelle le jour même de votre ovulation… Encore faut-il connaître le jour exact de ladite ovulation, sachant qu’un cycle menstruel est susceptible de différer d’un mois à l’autre, sans avertissement.

L’important pour nous était d’avoir un bébé en santé et que tout se passe bien durant la grossesse et  l’accouchement. Pour différentes raisons et surtout dans le cas d’une 2e grossesse, certaines personnes souhaitent avoir l’un ou l’autre des sexes. En sondant parents, collègues et amis, j’ai obtenu différentes réponses : l’envie de développer une relation mère-fille (ou père-fille) parce qu’ils ont déjà expérimenté la relation mère-fils (ou père-fils); le sentiment d’aisance, car ils sont déjà habitués avec l’un ou l’autre des sexes; l’aspect financier parce qu’ils possèdent déjà tout le nécessaire pour un garçon ou une fille; pour éviter de transmettre au bébé une maladie héréditaire liée au sexe, ou tout simplement parce qu’ils ont toujours rêvé d’avoir un bébé fille (ou garçon).

Selon moi, l’espoir peut être tout à fait justifiable, mais je crois qu’il faut garder à l’esprit qu’avoir un enfant, c’est laisser la vie choisir pour nous. Et c’est ce que j’ai fait.

Douze semaines après la première échographie, nous avons « rencontré » une seconde fois notre bébé. Avant de commencer l’examen, la dame nous a demandé si nous voulions savoir le sexe. Nous avons répondu oui et mon conjoint s’est empressé de lui répondre que c’était une fille… à 70 %. Nous avons finalement appris (et surtout vu) qu’il s’agit d’un garçon. C’est dans le couloir du centre hospitalier, tout juste en sortant de la petite salle, que j’ai réalisé qu’avoir un enfant, c’est accepter les mille et une surprises que la vie nous réserve lorsque nous choisissons de fonder une famille et... ce n’est qu’un début!

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