Dodo, l’enfant do, l’enfant dormira bien viiiiiiiiite…

Dodo, l’enfant do, l’enfant dormira bien viiiiiiiiite…
Par Dre Taz, Omnipraticienne

« À quel âge va-t-il faire ses nuits? »

Après l’interrogation sur la vie après la mort, c’est probablement LA question que nous nous sommes tous posée, une dure nuit d’épuisement où le sommeil nous manquait cruellement, mais que bébé en avait décidé autrement...

Cette privation de sommeil dont nous souffrons TOUS en tant que nouveaux parents, comme le dénonce si bien ma collègue Marie Charbonniaud, a des conséquences sur notre santé cardiovasculaire, métabolique et neurologique. Étonnamment, le sommeil des enfants, sujet de prédilection des parents, le semble moins de la part des chercheurs. 

L’Institut de la statistique du Québec a procédé à l’ELDEC, l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec 1998-2010. Elle inclut une partie sur le sommeil des enfants et s’avère très intéressante.

Parlons d’abord de la « normalité » que nous, parents, chérissons tant, la « moyenne » tellement rassurante...

  • « Faire ses nuits » : Médicalement parlant, ça veut dire 6 heures consécutives de sommeil. C’est atteint par 75 % des enfants dès l’âge de 5 mois.
  • Dormir suffisamment : Dès l’âge de 2 ans, les enfants dorment 10 heures par nuit. La moyenne de l’heure du coucher étant 19 h 44.
  • Sieste : À l’âge de 4 ans, 63 % des enfants font encore une sieste.

 Pourquoi la réalité semble si différente? Parce qu’il existe d’autres moyennes!

  • Les enfants de 1 an à 3 ans se réveillent en général 3 fois par nuit.
  • 10 % des enfants en bas de 5 ans résistent à l’heure du coucher et prennent plus de 30 minutes à s’endormir (« j’ai soif, j’ai envie, j’ai peur... »).
  • 97 % des enfants éprouvent l’une ou l’autre de ces parasomnies suffisamment pour perturber le sommeil occasionnellement, mais sans problème de santé sous-jacent : mauvais rêves (95 %), somniloquie (89 % parlent dans leur sommeil), bruxisme (54 % grincent des dents), terreurs nocturnes (44 %), syndrome des jambes sans repos (35 %), énurésie (30 % font pipi au lit), somnambulisme (22 %).

La partie de l’étude que j’ai trouvée la plus pertinente porte sur comment les parents perçoivent leur bébé qui semble ne pas bien dormir : un enfant au tempérament difficile, en mauvaise santé, ou encore la conviction d’être un parent inefficace.

On entre alors dans un cycle infernal : des soi-disant problèmes de sommeil (qui s’avèrent être communs après tout) entraînent des comportements surprotecteurs de la part du parent, qui nuit au développement de la capacité d’endormissement, ce qui à son tour perpétue l’inquiétude du parent...

Pourtant, ce qui différencie un bon dormeur d’un mauvais dormeur, c’est la capacité à se rendormir seul après un éveil, quelle qu’en soit la cause. L’enfant qui semble être un mauvais dormeur a simplement la malchance! d’avoir un parent qui est témoin de ses microréveils...

Retenons que le sommeil est un apprentissage, au même titre que parler ou marcher. Et, comme pour toute étape du développement, il faut établir une relation sécurisante avec son enfant tout en favorisant son autonomie, pour lui permettre de s’endormir seul. 

J’avoue, j’admets, il est difficile de résister à un gémissement ou à un sanglot... notre instinct de parent nous éjecte littéralement dans la chambre de bébé au moindre murmure. Il faut préconiser la méthode du 5-10-15, c’est-à-dire attendre 5, puis 10, puis 15 minutes avant d’aller voir bébé. Résister à l’envie de le prendre ou de lui parler. Faire une caresse pour le rassurer, et quitter la chambre... Il est plus facile d’utiliser cette méthode vers l’âge de 10 à 12 mois, une fois que la phase d’anxiété de séparation est passée.

Allons, un peu de courage, il en va des insomnies de bébé et des nôtres! Votre enfant est-il un bon dormeur? À quel âge a-t-il « fait ses nuits »?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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