Difficile, mon p’tit gars?

Difficile, mon p’tit gars?
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Laura croque dans des tomates cerises comme dans des fraises. Elle aime les olives, le tofu, le poisson, tous les légumes verts, et elle raffole du fromage de chèvre! Cuisiner pour Laura, c’est facile. Manger avec elle, c’est un plaisir. La plupart du temps du moins, car comme tous les enfants de 3 ans, elle a ses mauvaises journées.

Je dois avouer que je me suis lancé des fleurs pour expliquer l’ouverture d’esprit à l’égard de la nourriture de ma « grande » fille. Mon alimentation pendant ma grossesse était variée, pendant l’allaitement aussi. Comme les foetus et les bébés allaités détectent les variétés de saveurs, ça aide à leur faire accepter divers aliments. Puis, depuis qu’elle mange comme nous, je m’efforce de varier nos menus, de lui laisser le temps d’apprivoiser les nouveaux aliments, de lui servir de modèle en mangeant de tout et en faisant en sorte que les repas soient des moments agréables. Tout ça fait partie de la théorie sur laquelle j’ai lu et écrit, et que je n’ai eu aucun problème à mettre en pratique. Bravo à moi!

Mon discours a changé. Il a changé, parce que mes habitudes et mes méthodes n’ont pas changé, mais mon p’tit gars, lui, se montre plus difficile - à moins que ce soit « plus normal ». Je crois toujours aux beaux principes… et de plus en plus en la patience.

Un des principes, quand on sert un aliment nouveau, est de servir aussi des aliments que l’enfant apprécie déjà. De cette façon, s’il est réticent devant cet inconnu, il a autre chose à se mettre sous la dent. Ça ne veut surtout pas dire préparer un autre repas, mais simplement inclure, par exemple, du pain, du fromage, ou des pâtes en accompagnement. On n’insiste pas devant son refus initial et on présente de nouveau l’aliment « suspect » jusqu’à ce qu’il devienne familier. Ce qui était encore de la théorie sous mon toit est devenu de la pratique avec Benjamin. Par exemple, la semaine dernière, mon p’tit bonhomme n’a pas avalé un seul morceau de croquettes de saumon (préparées avec du saumon en boîte), même s’il adore les filets de saumon. Ce soir-là, il n’aimait pas les pommes de terre non plus, ce que je n’ai d’ailleurs pas compris. Il a plutôt jeté son dévolu sur le brocoli. Bouquet après bouquet, il croquait dedans avec appétit. Pas très équilibré et encore moins soutenant comme repas, alors on s’est repris sur le dessert – nutritif, mais qui n’était pas un fruit, il va sans dire. On ajuste. On patiente.

Un enfant difficile n’aime pas le brocoli, n’est-ce pas? Benjamin l’aime, il n’est donc pas difficile. « Fiou »!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet