Deux tartes et trois pommes

Deux tartes et trois pommes
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Avant la fin de semaine dernière, je n’avais jamais fait de tarte. En fait, je n’avais jamais réussi une tarte. Ma première expérience ne s’était pas avérée concluante : croûte détrempée et garniture mal cuite. Bref, je n’avais jamais préparé une bonne tarte. Quand j’ai dit à ma fille de 4 ans que j’avais envie de faire des tartes, « mais que c’est difficile de réussir », elle m’a répondu :

« Tu vas avoir besoin de deux petits chefs pour t’aider! »

…Pour m’aider à manger des pommes au fur et à mesure que je les coupe et pour répandre de la farine partout, oui!

Et puis? Ça fait partie du plaisir et de l’apprentissage. On a tout l’après-midi, ça va sentir bon dans la maison et les enfants seront tellement heureux. Heureux du résultat bien sûr, mais heureux du processus aussi. Ils adorent cuisiner. Depuis qu’ils sont en âge de se tenir debout, ils m’accompagnent régulièrement au comptoir de la cuisine. Le fait qu’il s’agisse de tartes est un détail. Un délicieux détail, mais un détail tout de même!

On fait souvent des muffins ensemble, des crêpes la fin de semaine, des biscuits quand on a plus de temps. C’est plus facile les fois où cuisiner est un passe-temps, une activité. Quand mon fils de 2 ½ ans approche une chaise au comptoir un soir de semaine en me disant « viens t’aider, maman », je ne suis pas toujours aussi zen. Ça me tente moins de ramasser des dégâts, de surveiller les couteaux et les doigts et de gérer les chicanes entre mon sous-chef haut comme trois pommes et sa soeur qui s’invite elle aussi.

Mais avant de les envoyer jouer ailleurs, je prends sur moi. Je respire par le nez. Je pense aux nombreux avantages de les impliquer dans la cuisine. Par exemple, dans quelques années, j’aurai un véritable coup de main, j’aurai droit à de petits-déjeuners au lit, ils me feront des soupers-surprises et Benjamin sera le chef réputé d’un grand restaurant.

C’est une blague! Ce ne sont pas les avantages auxquels je pense réellement. Les avantages seront pratico-pratiques et leur serviront à eux avant tout. Savoir se débrouiller en cuisine, ce n’est pas négligeable. O.K., je vous l’accorde, ils n’ont pas besoin d’APPRENDRE à cuisiner à 2 ans et 4 ans. Mais ils apprennent que la cuisine est un terrain de jeu extraordinaire, cependant. Et c’est déjà beaucoup.

En 2 heures de travail, on a fait 2 tartes. Les plus belles tartes de ma vie! Laura et Benjamin, aussi fiers, sont allés en offrir une à nos voisins. Fiers, ils le sont également au quotidien, lorsqu’ils me disent « merci maman pour le souper » et que je peux leur répondre « merci à vous deux, pour ce délicieux souper ».

Et vous, cuisinez-vous avec vos enfants? Si ça vous tente, comparez vos réponses à des parents vedettes sur le site Toutlemondeatable.org. Êtes-vous de type impatient comme Julie Perreault (c’est elle qui le dit), passionné comme Hélène Laurendeau ou, comme plusieurs, simplement trop débordé pour seulement penser à faire participer vos enfants?

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet