Cueillette… et compote de pommes

Cueillette… et compote de pommes
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

 En famille, on va aux pommes chaque automne. Cette année, la garderie nous a devancés. Si je m’occupais d’un groupe d’enfants, l’idée de les amener courir et se fatiguer dans un verger m’aurait aussi tenté. Des pommes, des citrouilles, une promenade dans une remorque tirée par un tacteur vert, un pique-nique; le bonheur pour les petits boute-en-train! Et j’aime beaucoup l’idée de les rapprocher des champs et des aliments bruts.

Je n’ai pas participé à cette journée, mais je devine un peu comment ça a pu se passer. Selon moi…

Les enfants ont commencé par cueillir eux-mêmes des pommes. De belles pommes rouges et parfaites dans l’arbre. Des petites mains qui tirent trop fort. Des pommes qui tombent par terre, que les enfants ramassent et lancent dans le sac. J’imagine Benjamin, le petit homme fort, essayer de soulever son butin. Il réussit à décoller le sac du sol d’un demi-centimètre, puis le laisse retomber en réalisant qu’il n’est pas mûr pour impressionner les filles avec ses gros bras. Il décide donc de traîner son sac de pommes par terre pour se déplacer d’arbre en arbre.

La cueillette finie, on monte dans la remorque pour le tour du verger en tracteur. Je pense que les sacs de pommes ont suivi. Pout pout pout pout pout… Ça bouge, ça brasse, tiré par un tacteur vert, Benjamin est aux oiseaux. Il y a des trous, des bosses, les enfants rient en disant « boum » chaque fois.

Sur le chemin du retour, les petits somnolent. Ils pensent à la récolte qu’ils montreront et partageront fièrement avec papa et maman. À l’arrière, les sacs de pommes sautent au rythme des nids de poules.

Ce soir-là, à la maison, on ouvre le sac aux trésors de Benjamin. On a tous hâte de croquer dans une belle pomme, y compris Benjamin, qui doit pourtant déjà avoir mangé son quota. La première pomme que je prends est un peu trop maganée pour être mangée telle quelle. La deuxième, la troisième, la quatrième et la cinquième aussi. Je réalise alors que les pommes sont aussi fatiguées que mon garçon. En allant laver les pommes que nous voulons manger, je bifurque vers le frigo. Ni vue ni connue, je remplace les pommes meurtries par des pommes fermes achetées à la fruiterie. Le principal intéressé ne s’aperçoit de rien et tout le monde est content de manger les pommes de Benjamin.

On a terminé cette journée spéciale par une autre activité. En fait, on a simplement continué le travail amorcé par les enfants… on a fait de la compote.

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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