Ces douleurs qui réveillent toute la famille

Ces douleurs qui réveillent toute la famille
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Mes enfants n’ont jamais été de grands dormeurs. Comme de toute épreuve on doit tirer une leçon, je me disais que ça alimentait l’inspiration de votre humble chroniqueuse : les coliques, le sommeil « normal anormal » , les terreurs nocturnes, le reflux gastro-oesophagien, les otites, le deuil, les poux, l’asthme, l’incontinence urinaire, etc. Quand je pensais avoir TOUT subi, pouvoir ENFIN dormir une nuit complète... et bien surgit l’énième raison des enfants pour me tirer des bras de Morphée : les douleurs de croissance!

istock_000000704571xsmall« Mamaaaaaaaaaaaaan, boboooooooo! » En pleine nuit. Ça nous réveille tous. Fiston n’a pas vomi. Le lit n’est pas mouillé. Il ne tousse pas. Il n’a pas peur. « Bobooooooo les jambes!! » Je surprends mon pauvre Fiston en train de se masser les mollets. Et ça recommence, nuit après nuit.

Les douleurs de croissance ne sont pas exclusives aux préadolescents. Il existe, outre le pic entre 8 et 12 ans, une prédominance chez les garçons de 3 à 5 ans. Les douleurs se déplacent; elles sont d’intensité variable; elles touchent les deux jambes; elles sont surtout localisées aux mollets et elles surviennent généralement la nuit. L’enfant ne présente aucun autre problème de santé.

Un simple massage ou une source de chaleur suffit généralement à soulager la douleur. Parfois, il faut avoir recours à de l’acétaminophène, ou un anti-inflammatoire. Et le matin, c’est souvent oublié (et pourtant, c’était bien réel, pas un cauchemar).

Et voilà. Ma chronique pourrait s’arrêter là et je pourrais retourner me coucher. Parce que c’est tout ce qu’on sait des douleurs de croissance. Oui, oui vraiment. On n’en connaît pas la cause, on ne sait pas pourquoi certains enfants en souffrent et d’autres pas, pourquoi à ces âges-là spécifiquement et pourquoi la nuit.

Mais il reste le plus important et je m’en voudrais de ne pas le mentionner (ça m’empêcherait de dormir...) : les douleurs de croissance sont un diagnostic d’exclusion. Le diagnostic auquel on conclut quand on est certain que ce n’est rien d’autre. Il ne faut pas hésiter à consulter si votre enfant présente un de ces symptômes :

  • gonflement
  • rougeur
  • douleur à un endroit précis
  • difficulté à marcher
  • cessation des activités
  • douleur en pleine journée
  • fatigue
  • perte de poids
  • sueurs nocturnes
  • douleur qui s’intensifie

et évidemment, votre intuition, au moindre doute.

Sur ce, je vais aller faire un petit somme... et vous?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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