5 choses que votre médecin ne devrait pas faire

5 choses que votre médecin ne devrait pas faire
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Voici un article qui suit ma philosophie selon laquelle « moins vaut mieux que trop ». C’est le palmarès des 5 choses « à ne pas faire » en médecine de première ligne, rédigé en 2011 par 22 000 médecins américains. C’est un condensé d’expériences personnelles, d’études scientifiques et de lignes directrices d’instances médicales. Il a été publié dans l’Archives of Internal Medicine sous le titre The "Top 5"  Lists in Primary Care.

1. Pas d’antibiotique pour un mal de gorge à moins d’un test rapide à streptocoques positif
Comme je l’explique dans mon blogue La maladie du Jour de l’An, les pharyngites sont majoritairement causées par un virus. Si le médecin veut prescrire un antibiotique, il devrait faire un prélèvement de gorge avec un long bâtonnet pour confirmer sa réelle nécessité.

2. Pas de scan de la tête pour un trauma crânien mineur sans perte de conscience ou autre facteur de risque
Là aussi j’ai abordé le sujet dans Et si le ciel vous tombait sur la tête?. Si votre enfant ne s’est pas évanoui, n’est pas étourdi, ne vomit pas, n’a pas de mal à parler et n’a pas de marque externe de blessure à la tête, évitez de le faire irradier pour rien et observez-le.

3. Ne pas faire appel trop rapidement à un oto-rhino-laryngologiste (ORL)
La plupart des otites guérissent spontanément ou parfois avec un antibiotique. Certaines marques résiduelles peuvent persister quelques semaines sans conséquence. Consulter un ORL trop précocement n’est pas dans l’intérêt de votre enfant. Des tubes ne sont nécessaires que pour les anormalités anatomiques craniofaciales ou tympaniques, des problèmes neurologiques, un retard de langage ou d’apprentissage. À moins que votre enfant ait souffert de 6 otites distinctes en une saison, ou qu’une otite ne guérisse pas après plusieurs mois, vous n’avez pas besoin de voir un ORL. 

4. Ne pas recommander de médicaments antitussifs ou antigrippaux
Les médicaments contre la toux et le rhume sont contre-indiqués pour les enfants. D’abord, il y a peu d’études qui prouvent leur efficacité. De plus, des rapports font mention d’usage abusif, de surdoses et d’effets secondaires graves. Plusieurs de ces médicaments ont d’ailleurs été retirés du marché. Malgré tout, encore 10 % des enfants consomment ces substances. Bannissez-les.

5. Ne pas hésiter à utiliser des corticoïdes inhalés pour l’enfant qui est asthmatique
La cortisone a très mauvaise réputation, mais elle détient un rôle prépondérant pour limiter l’inflammation des bronches asthmatiques. Si votre enfant a subi plus de 4 crises d’asthme dans les 6 derniers mois, il devrait recevoir de la cortisone quotidiennement pour prévenir les symptômes de l’asthme. Elle réduit les visites à l’urgence, les hospitalisations et les complications.

Le médecin agit dans l’intérêt de votre enfant, et non dans VOTRE intérêt (vous rassurer, vous déculpabiliser, calmer votre ignorance) ou dans le sien (sa culpabilité, son doute, sa peur de vous décevoir). Je suis toujours ébahie par les appels de mes proches ou de patients que j’ai dirigés vers des confrères : « Je n’ai pas compris, pourquoi le médecin a dit ça? Pourquoi on ne fait pas comme ça? »

Au-delà du médicament le plus efficace au monde, du médecin le plus compétent de la profession, du scanner le plus performant sur le marché, c’est un parent bien informé qui garantit la meilleure santé d’un enfant. Discutez avec le médecin de ce que vous savez, de ce que vous ne comprenez pas. C’est essentiel!

Êtes-vous sur la même longueur d’onde que le médecin de votre enfant?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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