Une question qu'on ne devrait plus poser aux enfants

Une question qu'on ne devrait plus poser aux enfants
19 mars 2021
« Et puis? T’es-tu trouvé une p’tite blonde? » Cette question peut créer un véritable malaise chez l’enfant. Témoignage de Jean-François Quessy, papa.

Je me souviens, j’avais peut-être 7 ou 8 ans à l’époque. Lorsque je croisais des oncles, tantes ou grands-parents que je ne n’avais pas vus depuis un moment, ils venaient vers moi avec leur grand sourire taquin pour me demander :

« Et puis? T’es-tu trouvé une p’tite blonde? »

Il peut être tentant d’agacer un enfant en lui faisant miroiter, à la blague, qu’il a atteint un âge où il « devrait » commencer à éprouver des sentiments amoureux ou à développer des relations allant au-delà de l’amitié.

Certes, la question du « p’tit chum » ou de la « p’tite blonde » peut faire rire l’adulte. Je vous avoue que, moi aussi, je me suis déjà laissé tenter. Mais, je me suis rendu compte que ce questionnement peut créer un véritable malaise chez l’enfant et l’amener à remettre en question certaines de ses relations interpersonnelles, en plus de le pousser à se questionner, souvent trop tôt, sur les définitions possibles du mot « amour ».

J’ai répondu à ce genre de question lorsque j’étais jeune. J’ai souvent ri jaune.

Aujourd’hui, c’est moi l’adulte et j’ai décidé de ne plus faire de blague à ce sujet.

L’amie de mon garçon

Depuis plusieurs années, mon fils a une meilleure amie : Mérédith. Une fille adorable, sensible, drôle, qui partage des intérêts et des valeurs communes à celles de mon garçon (et de notre famille en général).

Jamais de chicane, jamais de malentendu, toujours là pour se supporter lorsqu’ils traversent des moments plus difficiles. Ils ont beaucoup de plaisir ensemble!

Puis, est venu le temps où ils ont commencé à se faire « achaler », à se faire dire qu’ils étaient amoureux, etc.

C’est là où j’ai réalisé que ces plaisanteries pouvaient avoir un impact très important. J’ai senti, pendant une journée ou deux, que mon garçon se demandait s’il devait prendre ses distances de Mérédith.

À titre de papa, j’ai eu peur que les mauvaises blagues aient raison de cette si belle amitié. Heureusement, ça n’a pas du tout été le cas. Mais, si mon enfant ne m’en avait pas parlé, que nous n’en avions pas discuté, peut-être qu’il aurait préféré la mettre de côté, à contrecœur, pour acheter la paix.

Aujourd’hui, je pense qu’ils sont capables de répondre à ceux qui décideraient de les taquiner. Après tout, probablement que ce que ces gens aimeraient au fond d’eux, ce serait d’avoir l’immense chance d’entretenir une belle relation comme celle de mon garçon et de son amie.

 

Photo : Jean-François Quessy

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
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Commentaires (11)

  1. Suzanne brochu 19 mars 2021 à 13 h 42 min
    Bonjour, j'ai beaucoup aimé votre article car Meredith est ma petite fille. Elle est la meilleure amie pour votre fils j'en suis certaine. Elle aime être ami avec fils elle m'en à déjà parlé. Même si je ne vous connais pas vous semblez être un très bon père. Bravo et continuer à écrire des articles qui racontent la vraie vie .
  2. Jean-Francois Quessy 19 mars 2021 à 13 h 44 min
    Merci beaucoup Mme Brochu! Vous êtes une grand-maman bien chanceuse. Mérédith est une véritable petite perle et nul doute qu'il en est de même pour son frère. Il y a certainement de bons gènes derrière d'aussi beaux résultats! ;)
  3. Christine 24 mars 2021 à 18 h 04 min
    J’ai beaucoup aimé votre article. Il y a 3 aspects lorsque quelqu’un pose cette question: « as-tu un p’tit chum » ou « une petite blonde » . 1) l’adolescent n’est pas du tout rendu à cette étape dans sa vie et c’est gênant 2) il se questionne sur sa propre sexualité ou 3) il voudrait bien être « en couple », mais contrairement à ces copains qui l’entoure, il ne « pogne » pas. Dans tous les cas, cela met tellement mal à l’aise que parfois, l’adolescent aime mieux ne plus aller chez ce grand-parent ou cet oncle...ça m’est arrivé avec une de mes filles. Elle trouvait toujours un prétexte pour ne plus nous accompagner chez la personne en question...Merci de soulever le sujet. Il faut aussi souligner tous les commentaires homophobes qui sont faits devant les enfants. Ensuite demandez à cet ado de venir se confier à vous s’il se sent « différent «. Ça commence en très bas âge.
  4. Maria Roy 19 mars 2021 à 15 h 24 min
    WoW je suis tellement d’accord .. je me rappelle que je détestais me faire demander cette question quand j’étais jeune.. ça me gênais et je ne savais pas si j’étais attiré par les garçons ou les filles en plus... donc c’etait vraiment déplaisant de me faire poser la question.
  5. Jean-Francois Quessy 19 mars 2021 à 15 h 30 min
    Effectivement! Je n'ai pas pu aborder, en 400 mots, tout l'aspect de "l'hétéronormativité", mais vous avez tout à fait raison. De toute façon, à cet âge-là, l'important demeure d'apprendre à "être en relation". Et cela n'a rien à voir avec le genre, selon moi. ;)
  6. Sue Cliche 19 mars 2021 à 17 h 27 min
    Mon fils et une voisine ont vécu la même chose.....on aurait dit un vieux couple, négociant la moindre activité avec respect pour eux-mêmes et l'autre. Ils avaient 5 ans au début.Ils ont maintenant 30 ans et sont toujours amis. Inspirants. Leur relation, comme eux, n'a fait que grandir :-)
  7. Nathalie Frenette 19 mars 2021 à 18 h 18 min
    C’est vraiment très intéressant votre article. Je me permets d’ajouter un commentaire, celui de l’importance de comprendre que les jeunes doivent vivre leur vie d’enfance, une étape à la fois, sans brusquer les choses... apprendre surtout à socialiser avec leur entourage. De toute manière, ils deviendront adultes assez rapidement et vivront leur propre choix de vie. De nos jours, avec les réseaux sociaux, plusieurs personnes se sentent obligés de donner des conseils, maladroitement parfois..... soit en agaçant les gens (enfants et adultes) sur des sujets personnels., comme notre vie amoureuse. Nos sentiments nous appartiennent et font partie de notre jardin secret et c’est à nous de le partager ou non...
  8. Gabrielle Pelletier 21 mars 2021 à 06 h 25 min
    Je trouve ça dommage que vous n’ayez aucunement abordé le problème de l’heteronormativité dans votre article et honnêtement, je croyais que c’est là que cette lecture allait me diriger. Il me semble que c’est un morceau vraiment essentiel de cette réflexion que je trouve également vraiment importante, mais pas pour les meme raisons que vous. Être mère en devenir (je suis enceinte) me confronte à des réflexions sur ce que je veux transmettre a mon enfant et ce n’est certainement pas un monde exclusivement hetero, genré et binaire, mais un monde de diversité, de choix, où il sera possible d’être et d’aimer dans toutes ses couleurs.
  9. Jean-François 21 mars 2021 à 06 h 32 min
    Vous avez tout à fait raison, ce sont deux angles tout aussi importants l'un que l'autre. En 400 mots, ça devenait ardu de toucher les deux cette fois-ci. ;)
  10. Anne-Marie Banville 24 mars 2021 à 10 h 14 min
    Bonjour à vous, je discutais justement hier sur cette pression social d'être en couple et je crois effectivement que cela part d'une éducation envers nos enfants, que l'amitié et les relations interpersonnelle sont importante mais on ne dois jamais avoir la pression des autres sur ce que l'on ressent et arrêter de catégoriser les ressentis. On vie et c'est tout! Merci pour ce partage!
  11. Dominique Argante 10 avril 2021 à 21 h 33 min
    Bonjour ma fille Angelina a 3ans et tous les nuit elle ne veux pas dormir dans sa chambre elle se lève chaque foi pour venir dans mon lit quelque je doit faire pour quel arête et quel dorme sa nuit entiere

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