Au-delà des couches à changer

Au-delà des couches à changer
11 mars 2021
Le positif dans le fait d’avoir un enfant? Keven Beauregard, notre fier père l’explique en ces mots : un sentiment qui se comprend quand on le vit!

Lors d’une pause, je discutais avec un collègue qui n’a pas d’enfant et qui n’est pas certain d’en vouloir. Il m’expliquait cette incertitude de façon très rationnelle, pesant les pour et les contre, comme lorsqu’on doit prendre une grande décision. Je voyais clairement les deux colonnes : d’un côté les avantages, de l’autre les inconvénients. Sa colonne « inconvénients » était bien garnie. Il me demandait donc de lui sortir de quoi remplir l’autre colonne.

Il attendait, mais j’étais incapable de lui sortir clairement un point positif, et ça le faisait sourire. Mon silence lui donnait l’impression d’avoir en quelque sorte gagné son point.

Mais l’affaire, c’est qu’il m’était simplement impossible d’exprimer de façon tangible le positif.

« C’est difficile d’expliquer le positif, c’est pas aussi facile que de dire "va falloir que je me lève la nuit." C’est plus fort, c’est un sentiment, ça ne se comprend pas tant que tu ne l’as pas. »

Faut comprendre que cette pause à mon travail se déroulait lors d’un quart de nuit. Il était 4h du matin et j’avais difficilement réussi à dormir mon minimum nécessaire la veille. Mes idées n’étaient donc pas très dociles…

Ce que je voulais lui dire au fond et ce que je souhaite qu’il ait compris, c’est que ce positif n’est pas quantifiable et c’est mille fois plus fort que les couches à changer.

Pour moi, avoir des enfants, c’est soudainement avoir ce qu’il faut pour aller plus loin. C’est ce qui donne à tes jambes le jus nécessaire pour ne pas flancher à la fin de la course quand ils t’attendent au fil d’arrivée. C’est ce qui te donne le courage de partir travailler le matin quand ton cœur et ta tête n’y sont pas. C’est ce qui te fait manger autre chose que des bols de céréales pour souper, 3 soirs par semaine.

Certains profiteront de cette balle que je leur lance pour me répondre d’un revers bien placé « OK, mais c’est égoïste alors, tu fais ça pour toi dans l’fond! » J’attendais ce revers et je l’ai retourné en smash.

C’est pas égoïste. Moi, je m’en fous de souper au Frosted flakes. Je fais ça pour eux, car je veux qu’ils soient meilleurs que moi. Je veux me doter d’une crédibilité quand le soir, au pied de leur lit, je leur explique que même si ça ne leur tente pas d’aller à l’école demain, ils doivent le faire.

Je veux les aider à grandir, qu’ils me voient me surpasser. Car on le sait, les enfants fonctionnent en imitant.

Donc, c’est vrai : j’arrive pas à te sortir un bon côté à chaque fois que tu m’en nommes un mauvais. Car tous ces petits désavantages ne font pas le poids devant le sentiment de faire partie intégrante de l’évolution de deux êtres humains.

 

Photo : GettyImages/

Fier Père
Je suis Keven Beauregard, fier père de 2 garçons qui tente, tant bien que mal, de transformer l'ordinaire en extraordinaire! Des fois, ça fonctionne.
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Commentaires (3)

  1. Denise 14 mars 2021 à 11 h 18 min
    Moi lors de mon premier divorce j'avais deux filles et j'ai réussi à avoir seule la garde demes filles et je dis bien mes filles, car au début il venaient les chercher et les faisait garder par sa soeur que je détestait , alors je lui ai fait une offre de garder la pension alimentaire en échange qu'il ne vienne plus cher les filles et il a accepté. J'ai tout de suite aviser mon avocat de ce fait et il a rempli les papiers en conséquence à ma demande, à ce moment là les filles étaient âgées de 7ans et 5ans et demi. Je les ai élevées seule jusqu'à l'âge de 13ans. J'ai fait une grosse dépression et si je n'avaient pas eu mes filles que j'adore je ne serais plus de ce monde, elle m'ont sauvé la vie et elles le savent car je leur ai expliqué tout ce dont elles devaient savoir et nous sommes très heureuses ensembles. Aujourd'hui Véronick (ma précieuse) l'ainée a 47 ans et Mélanie (ma libellule d'amour) a 45 ans et demi et elle accouchera au début de juin d'un petite fille et je serai une mamie super heureuse, voilà une autre raison pourquoi les enfants sont importants. Mes filles sont extraordinaires, très charmantes, aimantes et très jolies autant de l'intérieur que de l'extérieur. Je suis une maman comblée et une futur mamie enjouée et merveilleusement heureuse.
  2. Geneviève 16 mars 2021 à 19 h 58 min
    Honnêtement, avant d'avoir ma fille, je pensais que c'était chiant d'avoir un enfant. Beaucoup d'ouvrage et de responsabilités pour... pas grand chose... Je la pognais pas pantoute. C'est sûr que ça arrive que ça ne te tente pas trop de faire les millions de trucs à faire mais la majorité du temps, c'est juste du bonheur. Être avec elle!! Me lever le matin pour la prendre dans mes bras et sentir son petit corps se blotir contre moi. Tous les moments du quotidien deviennent magiques. Tout à le potentiel de devenir plus grand, plus beau, plus drôle! So what que je fais des changements?!? Ma nouvelle priorité c'est elle et elle me comble de bonheur et de fierté!
  3. Nicolas 17 mars 2021 à 13 h 03 min
    L'intimité partagée avec son enfant, voila, à mon oeil, la réelle valeur de la paternité /maternité. Et c'est encore mieux si c'est partagé dans le couple. Mon enfant est un être à part entière, qui a besoin de mon soutien pour s'épanouir, et que son destin doit lui appartenir. Alors, c'est un peu dur à avaler, tous les sacrifices qu'engendre la venue d'un enfant. Pour y trouver son compte, il faut savoir vivre pour soi, et ne pas s'attendre à rien en retour. J'espère arriver là un jour.

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