Être parent... et bon professeur?

Être parent... et bon professeur?
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
29 septembre 2020
Plusieurs parents se demandent s’ils en ont fait assez ce printemps quand les enfants devaient faire l’école à la maison. Josée Bournival témoigne.

À la fin du mois d’août, ma fille de six ans s’amusait à écrire des mots. C’était à la veille de sa rentrée scolaire en deuxième année et je trouvais l’exercice intéressant…

- Comment ça s’écrit un G, maman?

Je l’ai regardée, surprise de sa question.

- Tu sais comment écrire la lettre G, Blanche!

Elle a fait un charmant bec de canard.

- M’en souviens plus.

Je lui ai montré et sa mémoire est revenue. Pas d’inquiétude. Ma fille a la chance d’apprendre facilement. Elle n’éprouve pas de difficultés majeures. Je ne doute pas un instant qu’elle retrouvera ses aises au fil des jours dans sa classe.

J’ai quand même remis en doute l’enseignement que j’ai prodigué de mars à juin : est-ce que j’ai fait un bon travail? En ai-je fait assez? Ai-je misé sur l’essentiel? Peut-être que j’aurais dû insister davantage sur le temps passé à faire de la lecture. Cet été, on a vraiment décroché : toute la famille en avait grandement besoin.

On a trimé dur au printemps pour faire l’école à la maison à nos trois filles, pour exiger que les enfants suivent le programme proposé par leurs professeurs. On pouvait difficilement se comparer. Mes amis-parents avaient tous le même constat à la bouche : « je fais de mon possible entre le travail et l’école ».

Plusieurs m’ont écrit depuis le début du mois de septembre. Ils ont l’impression que les résultats de leurs enfants cet automne seront leur bulletin de parent-enseignant. Certains se sentent jugés devant les lacunes de leurs enfants, les résultats déjà navrants. Les autres parents en ont-ils fait plus qu’eux?

Je sais, il faut être indulgent envers soi-même. Il faut reconnaitre le caractère exceptionnel entourant la pandémie. Il faut regarder en avant. Rien ne sert de culpabiliser. N’empêche, je ne compte plus le nombre de courriels que vous m’avez écrit sur le sujet. Vous êtes stressés, épuisés et craintifs face à cet automne qui pourrait ressembler au printemps dernier.

Je vous serre dans mes bras. Ça ne donnera pas de A+ dans le bulletin de votre enfant, mais c’est une étoile dans votre cahier de parent.

Et vous? Comment se passe l’année scolaire de votre enfant jusqu’à présent? Quel constat faites-vous de l’enseignement que vous avez offert le printemps dernier? Êtes-vous craintif ou certain que votre enfant sera en mesure de poursuivre son cheminement scolaire?

 

Photo : GettyImages/Lorado

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
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Commentaires (8)

  1. Ariane Lapierre 29 septembre 2020 à 18 h 09 min
    Bien moi je peux dire que j'ai fait mon possible avec le contexte de pandémie, le confinement à la maison, avec le caractère de mon enfant, mon travail à temps plein. J'ai vraiment fait de mon mieux. À la rencontre de parents, la professeure de mon fils nous a dit qu'il nous faudrait beaucoup de rigueur pour affronter notre année scolaire et je trouvais qu'elle avait parfaitement raison. Alors je l'accompagne dans ses leçons et devoirs à la maison, je révise avec lui pour ses examens, lui exige la lecture chaque soir, pratique les multiplications dans l'auto. Donc, pour moi, il est hors de question de culpabiliser, le passé est derrière et je continue de faire de mon mieux aujourd'hui, maintenant, avec tout mon amour ❤️
  2. Josée Bournival 30 septembre 2020 à 08 h 02 min
    Voilà une réponse très affirmée et positive, ma chère Ariane. Je vous lève mon chapeau d'avoir autant d'aplomb et j'espère que votre témoignage contaminera les autres parents qui le liront. Josée. XX
  3. Alexandre Thibeault 30 septembre 2020 à 07 h 43 min
    Perso, ce printemps on a pratiquement rien fait academiquement parlant. A la place, j'ai appris a ma fille de 6 ans a cuisiner des repas simple, a completer des taches ennuyante jusqu'au bout en s'auto-motivant et on a fait de l'exercise. On a pratiquer un peu l'alphabet et les chiffres mais personellement, je ne trouvais pas que ca rentrait beaucoup dans ca tete alors je ne me suis pas acharner. Les enseignantes et les enseignant sont beaucoup mieux formé et équipé pour apprendre a nos enfants les matieres academique et il n'y a pas de doutes dans mon esprit que le personel enseignant serons capable d'enseigner tout ce qu'ils fait a mon enfant. (Ceci dit mon enfant etait en maternelle lorsque la covid a commencer donc on peut pas dire que c'etait pas l'annee la plus difficile a reussir non plus.)
  4. Josée Bournival 30 septembre 2020 à 08 h 05 min
    Bonjour Alexandre. Je sais, pour avoir reçu plein de témoignages, que plusieurs parents ont pris, comme vous, le parti d'enseigner "la vie" le printemps dernier. Et ce sont des outils précieux que vous avez communiqués à votre enfant. Josée. XX
  5. Caroline 1 octobre 2020 à 06 h 08 min
    Bonjour Josée :-) Je dois avouer que j’aurais quasiment préféré que mes deux grandes reprennent leurs années scolaire! Nous avons travaillé dure mais avec une certaine cohérence durant les derniers mois de l’année scolaire 2019-2020 ( elles ne sont pas retourné à l’école, donc j’ai pris en charge cette magnifique aventure ... stressante, amusante et pas reposante, avec mes 4 enfants dont 3 je n milieu scolaire et mon petit bonhomme a apprécié son initiation à l’école à la maison 😅😂) ... et au moment venu des vacances d’été ... nous avons d-é-c-r-o-c-h-e-r ! J’essaie d’être indulgente avec moi même vis à vis l’enseignement donné ainsi qu’envers mes filles durant au moins les deux premiers mois de cette nouvelle année scolaire. Je sens que ma deuxième aurait besoin de replonger davantage dans certaine matière ...! Je sais qu’elles travaillent toutes très fort en ce moment à l’école mais il est certain que je vis avec une espèce de sentiment d’avoir manqué à leur bonne acquisition pédagogique... que j’aurais peut-être dont dû en faire plus ... continuer à en faire un peu durant l’été ... bla bla bla ... À suivre ;-)
  6. Josée Bournival 1 octobre 2020 à 08 h 33 min
    Bonjour Caroline. Ça prendra sûrement un peu de temps avant de pouvoir mesurer adéquatement les impacts du confinement du printemps dernier. Comme vous, pendant l'été, on a essayé de décrocher... pour le meilleur et pour le pire! ;-) J'aime beaucoup votre mot: indulgence. Je vais me le répéter comme un mantra. Bonne année scolaire à toute votre belle grande famille! Josée XX
  7. Mélissa 1 octobre 2020 à 14 h 23 min
    Au printemps, on a vécu les 2 premières semaine comme des vacances. Le gouvernement à mis du temps à s'ajuter et notre école encore plus. Début avril ma grande, qui était en 6ième année, et moi avons commencé a stressées. Bien sur, je lui montrais pas et j'essayais de la rassuré. Puis j'ai eu des nouvelles des enseignantes de mes filles. Pour la plus jeune, en maternelle, c'était le contacte avec ses amis/ies qui lui manquait le plus. Pour ma grande, son enseignante m'avait dit (par courriel), de faire les exercices proposer par le gouvernement. Ma grande ne voulait pas puisque ça ne venait pas de sa prof directement. Puis le téléphone à sonné... La prof de ma grande. Elle a parlé avec ma fille puis avec moi. j'ai pu lui faire part de mes inquiétudes et des travaux que ma fille ne voulait pas faire. Sa réponse m'a surpris et soulagé. Elle m'a dit: c'est pas grave, elle est tellement intelligente que ça m'inquiète pas. Dans le pire des cas elle devra travailler un peut plus fort au début de l'année prochaine mais elle va vite rattraper les autres. C'est vrai qu'elle apprend vite et retient tout. Présentement elle a commencé son secondaire cette année. Je la voie presque pas travailler à la maison et pourtant j'ai déjà signé quel que travaux avec des résultats au dessus de 75%. Je la talonne pour qu'elle travail un peut à la maison, mais elle arrive à 17h et à 20h elle se couche, j'avoue qu'avec le soupé et la douche il reste plus beaucoup de temps pour travailler. En passant, je lève mon chapeau a tous les parents qui ont fait et ceux qui font encore l'école à la maison. J'en serais pas capable pour 2 raisons: 1: ma fille met en doute presque tout ce que j'essaie de lui apprendre parce que je n'ai pas de diplôme (mais j'ai quand même 4 années de CEGEP dont 2 en chime-bio) et 2 je suis dyslexique... vive les correcteurs d'orthographe...
  8. Josée Bournival 5 octobre 2020 à 10 h 28 min
    Mélissa, vous me faites sourire aujourd'hui. Parce que la réaction de votre fille, on la sent souvent nous aussi à la maison: les filles n'ont pas toujours envie qu'on joue les professeurs avec eux. Comme si on manquait de crédibilité par moment. ;-) Josée. XX

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