Coronavirus: rester à la maison, un congé ou pas?

Coronavirus: rester à la maison, un congé ou pas?
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
18 mars 2020
Les jours s’écoulent. Comment ça se passe dans les foyers du Québec pendant ce congé forcé par le coronavirus? Josée Bournival raconte son quotidien.

Au petit matin, fiston déboule dans la cuisine.

- On est congé ou pas?

- On est EN congé. Oui, Léonard.

Il est heureux! Encore une journée à la maison avec maman et les sœurs. J’ai expliqué qu’il en serait ainsi pour deux semaines, mais chaque matin, il repose la question.

Le soleil se lève à peine. À part mon bébé, tout le monde est encore couché. Pourtant, ça fait presque deux heures que je travaille. Pas le choix! Avec les 4 enfants à la maison, difficile (OK, OK, impossible) de travailler aux heures habituelles. Les semaines à venir ne seront pas très rentables pour la travailleuse autonome que je suis. J’ai déjà un important contrat d’animation qui est à l’eau… Au moins, je n’ai pas à courir pour une gardienne. Mes choix professionnels permettent une certaine souplesse. Ce n’est pas le cas de tous les parents québécois…

Honnêtement, depuis le confinement annoncé par le gouvernement, on s’est bien amusé : on a improvisé une cabane à sucre avec tire sur neige, on a sorti les trottinettes et les craies de trottoir, on a cuisiné des biscuits. Mais j’ai presque déjà épuisé mes idées. Les lieux publics sont à éviter, les cours parascolaires annulés, les centres de divertissement fermés. Je sors dehors tous les jours avec mes enfants, mais la fin mars n’est pas le temps de l’année le plus agréable pour les activités extérieures. Bref, les journées sont longues…

Puisque la nouvelle est tombée le jeudi soir, la salopette d’hiver de Léonard est à la garderie. J’aurais bien profité de ce confinement pour réviser certaines notions scolaires avec les filles, mais le matériel nécessaire est à l’école. Je ne dois pas être la seule mère qui aurait souhaité apprendre les fermetures d’école avant la sortie des classes… question de récupérer certains effets… essentiels ou pratiques. J’imagine les familles dont l’enfant a oublié ses lunettes dans son casier scolaire.

J’aimerais écrire que je profite pleinement de ces semaines en famille. Que le temps passé ensemble est de qualité. La vérité, c’est qu’il y a beaucoup de stress (pour les parents) qui découle de la présente situation. Et que je pressens que d’ici deux semaines, mes enfants auront consommé beaucoup trop de temps d’écran.

Et vous? Comment vivez-vous la situation? À quels défis ou imprévus faites-vous face actuellement? Quels sont vos trucs et idées pour vivre ces semaines en famille de manière agréable?

 

Photo : Josée Bournival

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
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Commentaires (13)

  1. Josiane 18 mars 2020 à 18 h 37 min
    Bonjour! Pour notre part, avec deux petits garçons de 6 et 4 ans, on a décidé ensemble d’un horaire qui limite le temps d’écran et on y a instauré des périodes d’apprentissage dans le plaisir! Plusieurs activités s’imprime via internet qui donne l’opportunité d’apprendre en s’amusant! Mon fils est heureux de suivre son horaire et les périodes de jeux libres font place à des idées folles de leur part que j’adore regarder se réaliser! Les enfants sont capables d’imaginer, de créer et de s’occuper seuls et avoir autant de plaisir, les parents empêchent parfois cette créativité de l’enfant! Donnez leur la place, le temps et la possibilité de se découvrir des passions et jeux par eux même! Ça va bien aller ! :)
  2. Josée Bournival 20 mars 2020 à 09 h 23 min
    Bonjour Josiane. Voilà un commentaire bien positif qui fait plaisir à lire. J'espère que la quarantaine ne se prolongera pas trop... quand même! ;-) Josée XX
  3. Cbo 18 mars 2020 à 19 h 41 min
    Dès la fermeture de l'école, j'ai insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas de vacances. J'ai donné des consignes précises à mes enfants (2e et 5e année), pour qu'elles continuent d'étudier : une heure de math par jour (site Web recommandé par les profs), lecture, écrire un résumé de ce qu'elles ont lu, et faire un exposé sur le sujet de leur choix. Elles ont elles-mêmes convenu d'un emploi du temps, notamment pour partager l'ordinateur. Elles sont chez leurs grands-parents (heureusement pour moi qui travaille à la maison) et jusqu'à maintenant elles ont respecté leur routine. De plus, elles peuvent sortir dans le jardin et se promener dans la journée (alors que sinon, nous vivons en appartement...) Par contre, ma grande s'inquiète beaucoup, car elle attache une grande importance à l'école. Elle stresse. Si la fermeture est prolongée, j'espère que les écoles auront des solutions pour les enfants. La séparation n'est pas facile à vivre non plus (on préfère éviter d'aller les voir pour éliminer une partie des risques, surtout pour les grands-parents) alors que c'est une période qui suscite bien des peurs. Bref, ce n'est que le jour 3 de la 1re semaine et je trouve déjà le temps long!
  4. Josée Bournival 20 mars 2020 à 09 h 26 min
    Bonjour CBo. Conjuguer travail et quarantaine volontaire est effectivement un défi. Votre organisation (que je trouve remarquable pour l'horaire des enfants) est difficilement applicable pour plusieurs parents, comme moi qui suis seule avec mes 4 mousses et qui doit travailler. Mais on se retrousse les manches, pas vrai? Et votre exemple inspirera sûrement beaucoup de parents. Merci d'avoir témoigné. Josée XX
  5. Andrée 18 mars 2020 à 21 h 03 min
    J'ai l'habitude d'avoir les enfants à la maison car ils n'ont jamais fréquenté la garderie (deux des trois sont maintenant d'âge scolaire) et je sais que de faire un plan de march général de l'horaire de la journée cause moins d'opposition chez les enfants car ils savent à quoi s'attendre et savent que le temps d'écran aura lieu pendant que je fais le souper. De cette manière, j'arrive à leur faire faire environ une heure d'académique le matin sans trop de problème. Ensuite, je les envoie jouer (obligés!) dans la cour deux fois par jour (en après-midi cela permet de laisser dormir le petit de deux ans dans le silence). Autrement, je ne me casse pas la tête à les animer, et je ne suis pas du genre à vouloir "créer des moments magiques". L'enfance est déjà magique et mes trois enfants en ont certainement pour 10 000$ de jouets alors je ne cherche pas d'activités, je les envoie redécouvrir leurs jouets poussiéreux. Ça se passe bien jusqu'à maintenant. J'avoue que j'ai les conditions idéales car je ne "travaille" pas, j'ai un conjoint, leur père qui nous supporte, j'ai une cour arrière, les 3 enfants s'amusent ensemble etc. Malgré tout, je suis épuisée le soir, car avec toutes ces inquiétudes, il faut garder la tête hors de l'eau. Je pense à ceux qui n'ont pas ma chance et j´espère qu'ils traverseront ce temps difficiles sans trop de peine.
  6. Josée Bournival 20 mars 2020 à 09 h 30 min
    Bonjour Andrée, votre commentaire est plein d'empathie. J'aime beaucoup. Chaque famille vit une réalité différente en ce moment. Je comprends le désir de certains d'offrir un cadre rigoureux et éducatif, mais pour plusieurs parents, les priorités sont alimentaires et le stress est immense. Merci pour votre "non-jugement". Josée XX
  7. Anaïs 18 mars 2020 à 23 h 56 min
    Bonjour Josée... Oui, je confirme, c'est la galère. Ici, dans notre petite région de France, on termine notre 2eme semaine de fermeture des écoles... Pas de bibliothèque, pas de piscine, pas de sortie au parc avec les copains, on évite de faire le marché... Bref, entre 4 murs. Bon, on a un jardin et, chez nous, il fait certainement moins froid que chez vous, ne plaignons pas trop. Mais je remarque surtout que c'est dur d'être les uns sur les autres en permanence. Le grand (3 ans) devient très exigeant en terme de présence et de jeux, il a besoin de se défouler et d'interagir avec des petits de son âge et parfois, la cohabitation avec petite soeur (8mois) qui fait encore beaucoup la sieste est compliquée... Je pense qu'on a tous hâte que ça se termine même si ça peut ressembler à des vacances! Bon courage et portez vous bien
  8. Josée Bournival 20 mars 2020 à 09 h 34 min
    Bonjour Anaïs, la cohabitation constante est effectivement un beau défi! ;-) Avec des bébés qui doivent dormir... pas évident. Chez moi, je remarque la même chose que chez vous: les besoins de présence parentale augmentent. Je pense qu'il y a un lien à faire avec le bris de la routine scolaire et l'anxiété générée par la situation. Malheureusement, on ne sait pas trop ce qui s'en vient, donc on n'est pas en mesure de complètement rassurer les enfants. Pas évident... Josée XX
  9. Mélissa 19 mars 2020 à 14 h 39 min
    Chez nous ce n'est pas une partie de plaisir. J'attend depuis longtemps une rencontre avec une intervenante du clsc, je soupçonne une douance et un trouble social ou de l'humeur chez ma grande fille de 11 ans. Il y a longtemps que je me suis rendue compte qu'elle est anxieuse aussi. Présentement elle s'inquiète a savoir que va t'il arrivé avec l'école: si elle va aller au secondaire en septembre ou si elle va devoir refaire sa 6 ième année malgré une moyenne général de 80%. Je ne suis pas capable de répondre à ses questions parce qu'il y a toujours pas de réponse à donner. Je surveille le site de la commission scolaire et le portail parents (par le quel je reçois en général les informations de l'école) mais il y a rien encore. Comme je disais plus haut, j'attend depuis Novembre une rencontre et je crois que je vais attendre longtemps encore.
  10. Josée Bournival 20 mars 2020 à 09 h 37 min
    Bonjour Mélissa. Je suis de tout coeur avec vous. Je pense que vous touchez à un point sensible: la poursuite scolaire. Plusieurs parents se questionnent, plusieurs enfants angoissent, on spécule sans trop savoir, on regarde ce que font les autres provinces... ouf! Il y a de quoi devenir fou! En attendant d'être fixé, je songe à faire un peu d yoga ou de méditation avec les enfants... Josée XX
  11. Nathalie 19 mars 2020 à 20 h 22 min
    Bonjour, Je suis maman d'un petit gars de bientôt 10 mois, nous sommes aussi "confiné " en France, et je m'inquiète par rapport au développement social que cela va entraîner pour bébé... Heureusement qu'il y a quelques animaux à la maison pour varier de papa, maman! Est ce que vous avez des astuces? J'hėsite à faire des "Skype" avec la famille vu que les écrans son déconseillé pour bébé... Demain je mettrais des photos de son entourage dans sa chambre, je devais lui faire un arbre généalogique je vais avoir le temps... Chouette site en tout cas, contente de l'avoir trouvé par hasard. Bonne journée à tous.
  12. Josée Bournival 20 mars 2020 à 09 h 40 min
    Bonjour Nathalie. Je ne suis pas une experte en développement social des enfants. Mais j'ai envie de vous rassurer: vous être présente, vous avez des interaction avec votre bébé, papa fait la même chose. Présentement, c'est suffisant. Ne vous inquiétez pas. Et puis, avec un peu de chance... la quarantaine sera finie avant l'entrée à l'école de fiston! ;-) Revenez nous écrire. C'est toujours un grand plaisir d'avoir de nouvelles lectrices. Josée XXX
  13. Noémie 27 mars 2020 à 10 h 14 min
    Bonjour, je travail dans un Centre Communautaire qui se nomme Petit Espoir à Saint-François et j'y ai travailler le jour même de mon retour de la Floride le 10 mars, n'étant pas très au courant des nouvelles, sauf de l'annonce officiel de Monsieur Legautl, ma fille de 8 ans n'ayant plus d'école le vendredi, n'ayant pas ramener ses effets scolaires et s'ennuyant de plus en plus de ses amies d'école. C'est difficile de lui faire comprendre le confinement que nous vivons, mais une solution a été évoqué, le téléphone, puis le téléphone intelligent et pour arriver à une conférence vidéo entre amie. Maintenant, le téléphone intelligent est vital pour ma fille. Lorsque c'est l'heure du souper et que nous, mon mari et moi, lui demandons de se débrancher, c'est la crise... Papa et moi ne réagissons pas de la même manière et cela percute toute la famille. Hier, j'ai demander du soutient pour la crise de ma fille, cela m'a révélé que c'était un problème de couple. Quand j'ai voulu en parler avec mon époux, il s'est tout de suite senti comme LE responsable, je lui ai précisé avant qu'il parte fâché que c'était un problème de couple, pas juste moi, ni lui, nous deux. Mais bon, moi, je veux, il y a surement quelque chose à faire...

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