Conséquences: pas toujours faciles à appliquer!

Conséquences: pas toujours faciles à appliquer!
Par Solène Bourque, Psychoéducatrice
6 décembre 2019
Beaucoup de parents se questionnent sur la place et la forme que les conséquences peuvent prendre. Solène Bourque, psychoéducatrice, fait le point.

En cette ère où il est de plus en plus question de parentalité positive, beaucoup de parents se questionnent sur la place et la forme que les conséquences peuvent prendre. Peut-on les appliquer dans une approche bienveillante? Comment peut-on en faire une source d’apprentissages positifs pour les enfants?

D’entrée de jeu, il faut comprendre que le tout-petit agit plus souvent sous l’effet d’une pulsion, d’un désir ou d’une envie. Par exemple, Mathias, 2 ans, enlève le jouet de son frère, non pas parce qu’il veut lui faire du tort, mais bien parce qu’il a envie de s’amuser avec ce jouet. En comprenant la motivation de votre enfant, il est plus facile pour vous d’intervenir.

Consignes et avertissements pour commencer

Les consignes et les avertissements sont une belle façon pour vous de lui faire comprendre que vous n’êtes pas d’accord avec son comportement et ce que vous attendez de lui. Avec un tout-petit, il faut vous assurer que les consignes soient claires et simples.

Par exemple, pour pourriez lui dire : « Mathias, tu aimes beaucoup ce jeu. Mais c’est ton frère qui jouait avec. Redonne-lui s’il te plaît. » S’il refuse de le donner, vous pouvez répéter la consigne en y ajoutant un avertissement : « Mathias, redonne le jouet s’il te plaît. Je compte jusqu’à 3 pour que tu le fasses. Sinon, je devrai te l’enlever. »

Cela lui permettra de comprendre ce qui se passera s’il ne fait pas ce qui est attendu. Et aussi de se situer dans le délai attendu pour poser le geste demandé.

Enfin, s’il refuse encore une fois, vous pouvez appliquer la conséquence en insistant sur le choix qu’il a fait : « Comme tu as choisi de ne pas redonner le jouet à ton frère, je vais te l’enlever. »

Cette façon de faire aide votre enfant à comprendre la progression des interventions et également à mieux les anticiper quand vous les appliquez toujours de la même façon.

Les conséquences logiques : agir plutôt que réagir

En appliquant des conséquences logiques à certains comportements de votre enfant, vous favorisez une approche bienveillante dans son éducation plutôt que de laisser vos émotions négatives prendre le dessus. Ainsi, vous agissez au lieu de réagir!

Les conséquences logiques sont celles qui ont l’impact le plus positif sur le comportement de votre enfant. Parce qu’elles lui permettent soit de réparer son geste, soit de faire un apprentissage (être attentionné aux autres, résoudre un différend, trouver une solution équitable, etc.). Voici quelques exemples de comportements et de conséquences adaptées :

  • Jonas, 2 ans, dans un accès de colère au repas, a renversé volontairement son assiette au sol.
    Jonas pourrait prendre un linge et vous aider à ramasser le dégât par terre.
  • Coralie, 4 ans, a poussé son frère durant un jeu et il s’est blessé en tombant.
    Elle pourrait aller chercher une débarbouillette froide et soigner son petit frère, ou encore aller lui chercher son toutou préféré pour le consoler.
  • Marika, 6 ans, s’est levée à trois reprises après l’heure prévue pour le dodo. Elle s’est donc endormie 15 minutes plus tard qu’à l’habitude.
    Vous pourriez alors lui indiquer que ces 15 minutes de sommeil perdu seront reprises le lendemain soir, parce que son corps a besoin de toutes les heures de sommeil prévues.

Il refuse les conséquences : que faire?

Si votre enfant refuse la conséquence que vous lui donnez ou encore recommence le geste sur lequel vous venez d’intervenir, cela peut s’expliquer de différentes façons :

  • Il n’a pas bien compris la consigne que vous lui avez donnée. Vous pourriez alors le questionner : « Qu’est-ce que je t’ai demandé? » sans répéter la consigne. Cela vous indiquera s’il a saisi votre demande.
  • Il n’a pas saisi l’impact de son geste. Vous pourriez alors répéter la raison de votre conséquence en lui expliquant pourquoi vous l’appliquez : par respect pour son frère, pour sa sécurité ou son bien-être, etc.
  • Il a de la difficulté à contrôler ses pulsions. Vous pouvez mettre des mots sur son désir, par exemple au dodo, en lui disant : « Je comprends que tu avais envie de passer plus de temps avec moi. On se planifie un petit moment ensemble demain? »

Bref, avec votre soutien, beaucoup de constance dans vos interventions, votre enfant comprendra peu à peu l’impact de son comportement. Et en valorisant les gestes positifs qu’il pose, par exemple lorsqu’il est attentionné envers un autre enfant ou qu’il range spontanément ses jeux, il développera peu à peu le réflexe de répéter ces gestes sur lesquels vous portez une attention toute spéciale!

Est-ce facile ou plutôt un défi pour vous de trouver des conséquences logiques aux comportements de votre enfant? Quelles sont vos stratégies les plus gagnantes?

 

Photo : GettyImages/fizkes

Solène Bourque, Psychoéducatrice
Psychoéducatrice et auteure, j'œuvre dans le domaine de l'intervention et de l'éducation depuis plus de 20 ans. Je suis aussi la maman de deux grands enfants.
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Commentaires (11)

  1. Christiane Dubé 6 décembre 2019 à 16 h 54 min
    J'aimerais avoir votre opinion car ma belle-fille dit à son fils de 3 ans lors du dodo que s'il n'est pas gentil il ne pourras pas voir mamie Cricri et il passe une semaine et plus sans pouvoir me voir car c'est la conséquence lorsqu'il a de la difficulté à s'endormir je trouve que la conséquence a pas rapport, elle se sert de moi pour punir mon petit-fils pouvez vous m'éclairer j'aimerais comprendre si c'est bon pour lui j'ai l'impression qu'il développera de la frustration plus qu'autre choses... Merci de me répondre...
  2. Christiane 6 décembre 2019 à 20 h 44 min
    Ouff
  3. Solène Bourque 6 décembre 2019 à 20 h 55 min
    Bonsoir Christiane et merci de nous partager la situation de votre petit-fils. D'une part, il est important de distinguer le comportement de l'enfant. Il est préférable de dire à un enfant que son comportement n'est pas acceptable que de dire à l'enfant qu'il n'est pas gentil. Ne pas agir selon les attentes des adultes, ce n'est pas ne pas être gentil, c'est simplement ne pas écouter ou respecter les consignes. Ensuite, tel que mentionné plus haut dans mon billet, si on souhaite que notre enfant dorme, on peut lui expliquer qu'ainsi, il passe une meilleure journée à la garderie. Et s'il ne dort pas, il sera plus fatigué le lendemain et devra se coucher plus tôt parce que son corps a besoin de toutes les heures de sommeil. En appliquant des conséquences logiques, on les aide à comprendre le sens de nos interventions. Et aussi, on leur permet de faire un apprentissage. J'espère que cela répond à vos questions!
  4. Christiane 7 décembre 2019 à 06 h 55 min
    Merci de votre réponse rapide, c'est très gentil maintenant je sais juste pas comment expliquer à ma belle-fille de ne pas se servir de moi comme pénitence vise à vis mon petit fils encore merci et bonne journée !
  5. Mylène 8 décembre 2019 à 00 h 28 min
    Bonjour je fais l’éducation positive ou bienveillante . J’ai de la difficulté à trouver une conséquence logique à de mauvais mots . Mon fils utilise des mauvais mots surtout quand il se fâche mais en autre temps aussi . Je lui parle souvent d’autres façons de dire qu’on est fâché et de se calmer mais ça ne fonctionne pas et je ne sais pas quoi faire comme conséquences logiques quand ça arrive . Merci
  6. Solène Bourque 8 décembre 2019 à 19 h 59 min
    En fait, sans savoir son âge, il est difficile pour moi de vous pister vers une conséquence logique. Et je pense également que ce ne sont pas nécessairement tous les comportements qui nécessitent une conséquence. Dans ce que vous me racontez, ni sa sécurité ou son bien-être, ni ceux des autres ne sont en jeu, donc je trouve qu'une intervention de sensibilisation plutôt qu'une conséquence serait souhaitable dans ce cas.. Une petite idée (qui pourrait bien fonctionner s'il a plus de 4 ans, à cet âge, ils comprennent bien avec des concepts concrets). Lui expliquer que les gros mots sont comme des roches, qui peuvent faire mal quand on les dit aux autres, et les bons mots, de petites plumes toutes délicates qui font du bien. Que même lorsqu'on est en colère, on doit trouver des "mots-plumes" plutôt que des "mots-roches" pour l'exprimer. Dans un moment où il est calme, vous pourriez tenter de trouver ensemble quelques "mots-plumes" qu'il peut utiliser lorsqu'il est fâché. Et quand une grosse colère survient, lui faisant dire des "mots-roches", vous pourriez lui rappeler les quelques "mots-plumes" trouvés ensemble. J'espère que cela vous aide! :)
  7. Anaïs 9 décembre 2019 à 04 h 05 min
    Nous avons rencontré le même problème vers les 2 ans de notre gars! Je me permets de vous donner une astuce que d'autres parents m'ont donnée: faire semblant de ne pas comprendre le gros mot et le détourner. Par exemple, pour un Me***de, "ah, tu veux de l'aide, " quoi? La mer? Ça veut rien dire, je comprends pas ce que tu dis". Pour un"pu**in", "où ça le poulain?"... Au bout de quelques jours, il a abandonné. Ça ne me faisait plus bondir, alors ça devenait moins rigolo, je pense. Peut-être que ça peut vous aider?
  8. Solène Bourque 9 décembre 2019 à 20 h 34 min
    Bonsoir Anaïs! C'est une stratégie très créative pour désamorcer ce type de comportement, effectivement! Merci de nous l'avoir partagé! :)
  9. Anaïs Couture-Tremblay 22 décembre 2019 à 07 h 16 min
    Pour les mots en lien avec la toilette ( pipi, caca, pète), la garderie l'envoie dans la toilette une minute. C'est des mots qu'on dit aux toilettes alors il peut aller en dire autant qu'il veut là. Nous avons essayé à la maison . Pour nous, ça a vraiment diminuer.
  10. Solène Bourque 22 décembre 2019 à 09 h 39 min
    Bonjour Anaïs! Oui, c'est une stratégie qui fonctionne pour plusieurs, effectivement! Merci de votre suggestion!
  11. Edith 25 décembre 2019 à 13 h 29 min
    Bonjour, ma grande de 2 ans et demi frappe et griffe sa petite sœur de 2 mois. J’ai beaucoup de difficulté à gérer ce comportement (ça m’en toiche emotivement). Je lui demande de faire un « doux » lui explique qu’il faut être douce, mais elle rit en faisant le geste de réparation. Je lui dit aussi que je suis fâcher quand elle fait ce comportement. Parfois elle pleure et je l’a met en retrait... est-ce de bonnes stratégies? Normal qu’elle rit de cela? D’autres techniques une je pourrais utiliser? Merci!!

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