Pour moins de caprices à table: purées ou alimentation autonome?

Pour moins de caprices à table: purées ou alimentation autonome?
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
17 avril 2019
L’alimentation autonome rend-elle les enfants moins capricieux? Des chercheurs ont vérifié cette hypothèse. Notre nutritionniste vous dévoile les résultats.

De plus en plus de parents optent pour l’alimentation autonome plutôt que les purées lorsque vient le temps d’introduire les aliments solides. Il y a en effet des avantages à cette méthode et certains avancent que les enfants qui ont adopté l’alimentation autonome apprécient davantage les aliments et sont donc moins capricieux à table. Des chercheurs ont vérifié cette hypothèse et leurs résultats sont plutôt nuancés.

Ils ont mené leur enquête auprès de 565 parents d’enfants âgés entre 12 et 36 mois en les classant selon le mode d’introduction des aliments qu’ils avaient choisi. Parce que ce n’est pas « tout ou rien » pour bien des parents, il y a quatre catégories :

  1. Alimentation autonome du nourrisson.
  2. Alimentation autonome du nourrisson, avec cuillère occasionnelle.
  3. Alimentation à la cuillère, avec des aliments à manger avec les doigts à l’occasion.
  4. Alimentation à la cuillère uniquement.

Les chercheurs ont questionné les parents sur les habitudes alimentaires et les caprices de leur tout-petit pour tenter d’établir des liens avec le mode d’introduction des aliments. Voulez-vous essayer de deviner lequel est le meilleur?

Qu’est-ce que l’alimentation autonome?
Avec l’alimentation autonome, l’introduction des aliments se fait sous forme d’aliments en morceaux, et non en purée. De plus, selon cette approche, les parents ne nourrissent pas leur bébé à la cuillère. C’est plutôt le bébé qui prend les aliments avec ses mains pour les porter lui-même à sa bouche.

Si j’étais un journal de nouvelles à sensation, j’annoncerais le résultat sous un roulement de tambour imaginaire : c’est l’alimentation autonome du nourrisson qui prévient le mieux les caprices! Mais, ce serait à moitié vrai…

En fait, la différence est si minime qu’elle ne mériterait même pas les grands titres des journaux. La différence entre les enfants difficiles et ceux qui ont du plaisir à manger ne dépend pas du mode d’introduction des aliments. Non, elle dépend davantage des comportements et de l’attitude des parents, ont observé les chercheurs. C’est ici qu’on devrait entendre un roulement de tambour!

Au-delà des principes de l’alimentation autonome du nourrisson, ils ont, entre autres, remarqué que les parents dont les enfants sont le moins difficiles et prennent plaisir à manger :

  • utilisent moins les aliments comme récompenses;
  • tentent moins d’exercer un contrôle et laissent davantage l’enfant décider des quantités qu’il mange;
  • mangent fréquemment avec l’enfant et ont des interactions avec lui lors des repas.

Ces conclusions confirment celles d’autres études sur les goûts et les préférences alimentaires des enfants.

L’alimentation autonome du nourrisson est populaire et le fait d’en vanter les mérites peut mettre de la pression sur les parents. Cette méthode d’introduction des aliments fonctionne bien avec plusieurs bébés et pour plusieurs familles. Mais si, pour une raison ou une autre, elle ne vous convient pas, ce n’est pas la fin des haricots. Vous avez plus d’influence qu’une cuillère.

 

Photo : GettyImages/blyjak

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (3)

  1. AnMa 20 avril 2019 à 16 h 17 min
    Bonjour, Moi je me demande si c’est l’oeuf ou la poule qui vient en premier. Est-ce que ce serait possible que les parents d’enfants difficiles offrent plus de récompenses alimentaires à cause justement que leur enfant ne veut jamais rien manger et non l’inverse? C’est bien évident que si un enfant mange bien d’emblé, on a pas tendance à lui offrir de récompenses. Et pour avoir eu un enfant qui fait des crises aux repas (il a eu un dx plus tard justement), c’est très difficile de partager le repas avec ce dernier quand les aliments revolent et que l’enfant est agité... Bref, j'espère que cet aspect est abordé.
  2. Stéphanie Côté 25 avril 2019 à 14 h 59 min
    Bonjour, vous faites bien de soulever ce point. C'est effectivement une situation qui peut se présenter. Elle n'est pas abordée précisément dans l'étude, mais c'est très pertinent d'y penser.
  3. Catherine 25 avril 2019 à 14 h 48 min
    C'est vraiment innaproprié de parler de caprice toit en parlant d'enfant de 12 à 36 mois alors qu'on sait que les enfants de cet âge n'ont pas les capacités cognitives pour faire des caprices. Je comprends pas comment ce choix de mots fut approuvé pour être sur le site de naître et grandir, lieu où figurent un article justement sur ce sujet. J'ai très hâte que l'article soit corrigé.

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