Tanné de cuisiner pour tout le monde!

Tanné de cuisiner pour tout le monde!
12 février 2019
Une panne d’inspiration culinaire : ça vous dit quelque chose? Jean-François Quessy est passé par là.

Ce moment où tu regardes dans ton réfrigérateur, dans ton garde-manger, que tu vois l’heure qui file et que tu as l’impression que c’est le néant le plus total dans ton cerveau.

La véritable « panne d’inspiration culinaire »! Pourtant, tu sais très bien qu’un « Est-ce que c’est bientôt prêêêêêt? » va retentir d’une minute à l’autre, mais la seule idée qui te passe par la tête, ce serait de sortir des casseroles, d’étaler quelques livres de recettes sur la table de la cuisine, d’ouvrir le tiroir à ustensiles et de dire au reste de la famille : « Arrangez-vous donc, gang! Je fais ma part depuis assez longtemps, je suis tanné, je n’ai plus d’idée et plus d’énergie. Mangez ce que vous voulez. Moi, je suis parti prendre un bain et j’en ressortirai demain matin. »

Je suis passé par là

Comme n’importe quel parent chargé de la bouffe, ça m’est arrivé il y a quelques mois.

Je n’avais plus envie de rien, j’avais l’impression de cuisiner toujours la même chose, j’étais découragé en constatant que les enfants étaient parfois plus reconnaissants de manger des rôties au beurre d’arachide que du poulet parmigiana que j’avais mis 1 h 30 à préparer avec des légumes gratinés dans une sauce béchamel faite « maison », etc.

À quoi bon y mettre autant de temps et faire tous ces efforts?

Pourtant, à la base, je suis quelqu’un qui adore manger et cuisiner. Comment j’avais pu devenir aussi blasé? Où étaient passées mes idées de plats? Pourquoi n’avais-je plus envie de cuisiner, moi qui aimais tellement ça il n’y a pas si longtemps?

Retrouver l’envie de popoter

On ne s’en sortira jamais : tout le monde doit manger! Sachant que c’est une tâche quotidienne, aussi bien faire en sorte qu’elle ne soit pas un poids psychologique!

Je me suis donc dit qu’il fallait absolument que je comprenne comment j’en étais arrivé là. Et, pour ma part, ça a été assez simple : ce qui brûlait mon énergie, c’était le fait de revenir du travail et de devoir cuisiner sans que ce soit planifié.

Crevé de ma journée, j’avais le cerveau mou! Je n’étais plus efficace et la seule envie que j’avais, c’était de passer du temps auprès de ma femme et de mes enfants.

La pression de devoir préparer de la bouffe était en train de me gruger beaucoup trop d’énergie et de tuer mon plaisir de cuisiner.

J’ai trouvé ma solution

Il n’y a rien de magique et de facile.

Je crois que lorsque l’on se retrouve devant une telle situation, surtout si elle se répète et perdure, il faut trouver des solutions.

De mon côté, ça a été de planifier davantage les repas de la semaine. De cuisiner à l’avance, de congeler des repas, d’impliquer le reste de la famille la fin de semaine pour popoter à mes côtés pour les jours à venir, de me lever quelques fois plus tôt pour cuisiner le matin ou de me coucher parfois plus tard pour cuisiner le soir, etc.

Et depuis, progressivement, je retrouve le plaisir de cuisiner et l’inspiration que j’avais par le passé.

Ce n’est pas magique ni facile à faire, puisque ça demande parfois d’autres sacrifices. Mais, ayant retrouvé un rapport positif avec la préparation des repas, j’ai une meilleure humeur quand je reviens du travail. Il m’arrive même d’avoir un peu de temps pour moi (assez, par exemple, pour prendre un bain) avant de commencer à faire le souper!

 

Photo : GettyImages/AndreyPopov

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné, mais aussi un grand amoureux qui aborde sa vie avec humour.
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (8)

  1. Julie 12 février 2019 à 15 h 55 min
    C'est bien vrai, même quand on aime cuisiner, 3 repas par jour, la job est toujours à recommencer. J'en fait souvent le soir avant de me coucher. Et je dois dire que prendre le temps de planifier la semaine avant qu'elle ne commence aide grandement à ma paix d'esprit. Parce qu'arriver du bureau devant un comptoir vide sans idées, c'est stressant!
  2. Jean-Francois 20 février 2019 à 14 h 41 min
    Julie, tu as tellement raison! Revenir du bureau, après une journée de travail dans le corps, et devoir se questionner sur ce que l'on va cuisiner, ça TUE l'inspiration et l'envie de cuisiner tout court! En plus de devoir composer avec la fatigue accumulée (donc un cerveau moins efficace et un corps qui a parfois de la difficulté à suivre), il y a les enfants qui ont faim, les devoirs, la brassée de lavage qui nous appelle, le plancher qui commence à être sale même si on l'a nettoyé la veille ou le matin-même, etc. Bref, « planification », c'est souvent la clé pour survivre!
  3. Sara-Juliette 12 février 2019 à 16 h 48 min
    C’est vrai que c’est vraiment la clef de planifier! Mais il me semble qu’on a beau être créatifs, à un moment donné, on manque d’idées!
  4. Jean-Francois 20 février 2019 à 14 h 39 min
    Effectivement, on en vient toujours à avoir une panne de créativité et je pense que c'est tout à fait normal. De là l'importance d'avoir toujours des « plans B », des repas « passe-partout » préparés à l'avance ou faciles à assembler au congélateur (par exemple, tant qu'à faire du riz au poulet, j'en fais plus et j'en congèle dans les Ziploc... Ça finit toujours par servir en cas de panne, tout comme du chili, du porc effiloché, etc.). Lâche pas, faut nourrir toutes ces p'tites bouches-là! ;)
  5. FRANCIS 12 février 2019 à 18 h 55 min
    Wow. Quel article qui fait du bien. Le pire c'est que je l'ai lu a voix haute au souper devant ma femme et mes enfants. Ils ont bien vu a quel point cela m'interpellait. Mais étrangement quant j'ai eu fini de lire l'article. Devinez quoi. Pu personne m'ecoutais et tout le monde avait déjà fini de manger. Alors comme a l'habitude j'ai manger froid et seul, un souper que j'avais preparé et servis. Ca confirme a quel point un changement s'impose. Merci encore !
  6. Jean-Francois 20 février 2019 à 14 h 37 min
    Francis, cher Francis! J'aurais envie de t'inviter à souper et de te cuisiner une grosse assiette bien chaude! Merci pour les bons mots, je suis content de voir que le texte t'a interpellé. C'est toutefois malheureux de manger seul et froid. Mais, je te comprends tellement! Ça a été ça pendant un bon bout de temps chez-moi, jusqu'à ce que je me tanne et que je planifie la mise en place de mes assiettes différemment. Ça a l'air anodin comme ça, mais maintenant, souvent, je fais préchauffer mon assiette d'abord, je m'assure de la garder au chaud, je fais le montage des assiettes du reste de la famille, puis je reviens avec la mienne en donnant un tout p'tit coup pour réchauffer. Ça m'évite bien des déceptions et, depuis ce temps, je m'assois presqu'en même temps que le reste de la famille. Finalement, de ton message, il faut aussi retenir une chose: Si tout le monde mange aussi vite, c'est que tu cuisines bien (ou qu'il sont mal nourris et qu'ils meurent de faim, mais j'ai confiance que ce soit la première option!!! :) Lâche pas!
  7. Andréane 20 février 2019 à 14 h 01 min
    Chez nous, c'est une garde partagée de la cuisine depuis des années! Une semaine, c'est mon conjoint qui gère tout (lunchs, soupers, épicerie), puis c'est ma semaine, et ainsi de suite en altenance. Nos horaires sont similaires, et si on a un empêchement (une réunion un soir par exemple), on prépare à l'avance pour que l'autre n'ait qu'à réchauffer et servir. En ayant ainsi une semaine de congé sur deux, on a moins souvent de panne d'inspiration, plus souvent envie de cuisiner pour faire plaisir à notre conjoint, et on profite aussi plus des enfants la semaine où on n'est pas le chef! Mon deuxième truc, c'est aussi de tenir une liste d'idées repas qui "passent bien". Comme ça, quand on a le cerveau mou, on regarde la liste et souvent il y a une idée qui nous interpelle. Et finalement, avoir sous la main des dépanneurs dans le garde-manger ou le congélateur (sauce à spag, porc effiloché maison portionné au congélo, boulettes en sauce congelées, soupe repas, chili) ça donne aussi parfois un coup de main pour ces soirs où on court après le temps!
  8. Jean-Francois 20 février 2019 à 14 h 33 min
    C'est bon de vous lire Andréane! Quel façon inspirante de se partager la tâche. Je suis comme vous et j'ai toujours des « dépanneurs » au congélateur. Mais, quand les deux conjoints sont en mesure d'alterner comme vous le faites, c'est vraiment super. Ça permet, à tour de rôle, d'avoir un « break » alors c'est bon pour le moral, ça évite les « écoeurantites aïgues » (en tout cas, il y en a sûrement moins) et ça permet d'avoir un petit effet de surprise et d'apprécier ce que l'autre cuisine.

Partager