Mauvaise journée à l'école?

Mauvaise journée à l'école?
Par Solène Bourque, Psychoéducatrice
5 février 2019
Que faire lorsque vous sentez que votre enfant a eu une mauvaise journée? Voici les conseils de Solène Bourque, psychoéducatrice.

J’attends Fiston et Grande fille près de la cour d’école. La cloche sonne, et je vois les petites frimousses des enfants sortir en souriant à la fin des classes. Grande fille vient me faire un câlin. Mais Fiston marche lentement, la tête basse, et se dirige vers moi sans même lever les yeux. J’imagine bien que ça n’a pas été une bonne journée…

Dans ces moments, j’ai constaté que même si ça me préoccupe, mieux vaut attendre le retour à la maison pour en discuter avec lui. Je connais bien Fiston et sa sensibilité. Les larmes risquent de se pointer facilement. Alors je lui fais simplement un câlin, comme à sa sœur, et je leur dis qu’on parlera de leur journée une fois rendus à la maison.

Chaque enfant est différent! Et je sais que pour la même situation avec ma fille, j’aurais pu lui dire dès sa sortie de classe « Oh! Ça ne va pas? Qu’est-ce qui se passe? » Et elle m’en aurait parlé spontanément, en étant émotive oui, mais aussi en étant capable de mettre des mots sur ses émotions.

Alors que faire lorsque vous sentez que votre enfant a eu une mauvaise journée?

S’il n’en parle pas de lui-même, vous pouvez, à la sortie de l’école ou rendus à la maison, ouvrir sur le sujet vous-même :

  • Exprimez-lui ce que vous observez et laissez-lui la liberté d’en parler, par exemple en lui disant : « Je vois que tu n’as pas ton sourire habituel. Est-ce que tu as le goût de me raconter ce qui ne va pas? »
  • S’il vous dit qu’il ne veut pas en parler, il est important de respecter son besoin de silence tout en lui disant que lorsqu’il en aura le goût, vous serez là pour l’écouter. Vous pouvez alors poser un geste simple de réconfort, comme un câlin, lui passer la main dans les cheveux, lui prendre la main.

Une fois qu’il a raconté ce qui s’est passé, ou s’il le raconte spontanément dès qu’il vous voit :

  • Dites-lui que vous comprenez qu’il ait de la peine, qu’il soit en colère ou déçu, selon l’émotion ressentie. Il est important de se rappeler que votre enfant a d’abord besoin d’être entendu dans ce qu’il vit et ressent avant d’envisager des solutions.
  • Demandez-lui ce qu’il voit comme solution possible pour que demain soit une bonne journée. En invitant votre enfant à explorer des pistes de solutions, vous favorisez son autonomie et sa capacité à résoudre des difficultés. Si vous sentez qu’il a du mal à trouver des solutions, vous pourriez lui offrir des choix. Par exemple : « Est-ce que tu penses que ce sera une bonne idée d’en parler à ton enseignante? »

Le calme, après la tempête d’émotions…

Une fois que des solutions ont été identifiées, vous pouvez lui proposer une activité qui lui plaît afin qu’il se change les idées. Cela lui permettra de percevoir de « petits rayons de soleil » dans sa journée plus « nuageuse ».

Pour certains enfants, une activité calme apaisera leurs émotions négatives : musique douce, lecture, un petit massage, même. Pour d’autres, une activité plus physique, comme danser, courir, aller jouer dehors sera gagnante et cela leur permettra de libérer les tensions que la situation difficile leur a fait vivre et ils termineront leur journée sur une note plus positive!

De votre côté, comment se passe le retour de l’école quand votre enfant a eu une moins bonne journée?

 

Photo : GettyImages/skynesher

Solène Bourque, Psychoéducatrice
Psychoéducatrice et auteure, j'œuvre dans le domaine de l'intervention et de l'éducation depuis plus de 20 ans. Je suis aussi la maman de deux grands enfants.
Tous les billets de l'auteur

Commentaires (2)

  1. Caroline 11 février 2019 à 13 h 28 min
    Très intéressant comme article. Souvent on ne tiens plus compte de ces choses parce-que cela devient du ''quotidien'' ou du ''mensuel'' ;-) J'abonde dans le sens de l'article pour les façons de faire pour consolider l'émotion lorsque la journée fut moins bien que l'enfant l'espérait. Honnêtement, il m'arrive de manquer le train ou d'avoir mal échanger avec l'enfant parce-que moi même je suis préoccuper et je ''buff'' le moment et on revient plus tard. Pour une de mes filles,il lui est facile d'exprimer une mauvaise journée rapidement et trouve une solution pour se changer les idées. L'aînée, par contre, peu être très discrète et nous en parler seulement le soir venu, au coucher. C'est pas toujours évident, mais comme parent, on prends le temps c'est tout '' marquer une pause'' Des échanges importante en découlent et on s'ouvre pour les autres après il est simple de faire l'inverse et d'être capable de ventiller le méchant.
  2. Solène Bourque 12 février 2019 à 10 h 27 min
    Bonjour Caroline, Merci pour votre commentaire! Oui, en effet, il nous arrive, pris dans notre routine et quotidien, d'oublier que les enfants ont besoin de ces petits moments précieux où ils se sentent entendus dans ce qu'ils vivent. Même si ça peut nous paraître banal comme adulte, pour eux, les défis de leurs mauvaises journées sont bien présents et quand on prend le temps, on constate que la bonne humeur et les pistes de solutions venant de leur part apparaissent plus rapidement!