Suivre les pas de sa grande soeur et faire son chemin

Suivre les pas de sa grande soeur et faire son chemin
Par Solène Bourque, Psychoéducatrice
18 septembre 2018
La rentrée a rappelé de beaux souvenirs à notre blogueuse Solène Bourque : ceux de l’arrivée de son garçon à l’école des « grands ».

Le tourbillon de la rentrée vient de passer. Et avec elle, son lot de souvenirs, dont l’entrée en maternelle de mon plus jeune.

À ce moment, Fiston m’accompagnait tous les matins depuis deux ans pour aller reconduire sa soeur à l’école avant qu’on se rende à sa garderie. Je le vois encore sur le bord de la clôture de l’école envoyer la main à sa soeur en lui souhaitant une bonne journée, puis me dire qu’il avait hâte d’être à l’école des « grands », comme elle.

Le grand jour!

Quand le grand jour est arrivé, Fiston tenait fermement la main de sa grande soeur plutôt que la mienne. Arriver dans une école qu’il voyait de l’extérieur tous les jours était sécurisant pour lui, mais tout ce qui se trouvait « derrière les portes » restait de l’inconnu pour lui. La main de Choupinette le rassurait, je le sentais.

Ma fille a toujours été protectrice avec son frère, et il ne s’en plaignait pas, bien au contraire! Elle lui parlait de « quand elle était à la maternelle » en se rendant à l’école. Elle allait souvent vers lui à l’heure du dîner ou à la récréation. Et c’était souvent elle qui lui demandait avant moi comment s’était passée sa journée. Elle était bien intentionnée, laissant place à son instinct protecteur de grande soeur.

Faire son chemin…

Mais après quelques semaines d’école, alors qu’elle lui donnait mille conseils en se rendant à l’école, Fiston lui a dit : « Ça va maintenant, je suis grand! Je la connais MA classe et MON école! »

Il venait de lui dire qu’il avait besoin de lâcher sa main et de faire ses propres pas dans cette école qu’il découvrait. Et j’étais heureuse qu’il ait été capable de lui dire aussi clairement!

De la sécurité à l’autonomie!

Quand on a plusieurs enfants, il arrive souvent que les plus jeunes marchent dans les pas des plus grands. C’est sécurisant, oui! Et ça ouvre en quelque sorte la voie.

Mais, la plupart des enfants ont également besoin de développer leur propre sentiment d’appartenance à un nouveau milieu et à une nouvelle réalité. Ils ont aussi besoin de trouver eux-mêmes les moyens pour relever les défis qui se présentent à eux.

Voici quelques indices qui peuvent vous aider à comprendre que votre enfant a le goût d’avancer par lui-même :

  • À l’arrivée à l’école, il se rend de lui-même d’un pas confiant dans la cour rejoindre ses copains.
  • Il raconte spontanément certains moments de sa journée avant que vous le questionniez.
  • Il nomme ses fiertés sans hésitation, par exemple qu’il a été porter les présences au secrétariat avec un ami, ou qu’il a complété l’atelier sans demander d’aide à son enseignant.
  • Il affirme souvent qu’il est grand, capable et fier d’être à la maternelle.

C’est un grand pas dans son autonomie, alors il est important d’écouter ces petits signes et de lui faire pleinement confiance, tout en gardant un oeil bienveillant sur lui afin de vous assurer qu’il saura aussi demander de l’aide s’il en ressent le besoin. Il saura avancer seul, sans être « le petit frère » ou « la petite soeur » du plus grand.

Et vous, comment s’est passée la rentrée avec vos petits et plus grands?

 

Photo : GettyImages/sampsyseeds

Solène Bourque, Psychoéducatrice
Psychoéducatrice et auteure, j'œuvre dans le domaine de l'intervention et de l'éducation depuis plus de 20 ans. Je suis aussi la maman de deux grands enfants.
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