L'aîné: le cobaye

L'aîné: le cobaye
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
20 mars 2018
Nous avons souvent ajusté nos méthodes. Grâce à notre aînée, les plus jeunes ont des parents mieux outillés, plus expérimentés.

Les enfants sont couchés. Je sais qu’ils ne dorment pas encore, mais leurs petits corps fatigués sont sous les couvertures. Je rejoins mon amoureux à la cuisine. Une belle et longue conversation complice s’en suit.

Nous apprenons à être parents ensemble. Nous formons une équipe. Nos valeurs sont semblables, mais nos méthodes d’enseignements diffèrent. Nous prenons le meilleur des deux façons de faire pour élever nos « chefs-d’œuvre », comme les surnomme leur papa. Même avec 4 enfants, nous sommes parfois déroutés et surpris par la tournure des événements.

Souvent, en fin de soirée, nous nous coachons mutuellement. Nous partageons nos observations sur ce qui fonctionne bien avec tel enfant et ce qui ne fonctionne pas avec tel autre. Heureusement, quand un de nous deux éprouve de la difficulté avec un comportement, l’autre a plus de facilité.

Chacun de nos trésors est unique, mais le développement des enfants est similaire : ils franchissent tous, à leur propre rythme, des étapes semblables. Ce qui fait que j’ai parfois l’impression que notre aînée est un cobaye.

Quand je regarde notre feuille de route comme parents, je constate que nous avons souvent ajusté nos méthodes. On a beau se renseigner et lire des livres, le métier de parents s’apprend « sur le tas ». Des erreurs, il y en a eu! Heureusement, nous avons été suffisamment humbles pour le reconnaître et réorienter le tir. Surtout en ce qui concerne les conséquences.

Il est tellement facile, sous l’impulsion de la colère, de priver un enfant de dessert, de son histoire avant le dodo ou de télévision. Bref, de couper ses petites gâteries. On sait que la conséquence fait mal et on espère que la douleur lui fasse retenir la leçon. Pourtant, être privé d’une histoire pour avoir brisé un vase n’est pas conséquent. Mieux vaut imposer à l’enfant de ramasser le tout avec balai et porte-poussière. Je suis gênée de l’admettre, mais on a mis un certain temps à comprendre ce principe

J’ai aussi appris, avec les années, à ne jamais tenir pour acquis que mes enfants savent quelque chose de pourtant simple à mes yeux. Je les ai parfois chicanés, alors qu’ils ne le méritaient pas. Ça vous est déjà arrivé? Comme la fois où Clémentine avait fait un dessin au Sharpie, bien installée sur notre table de cuisine flambant neuve! Je l’autorisais à colorier avec ses feutres lavables au même endroit et j’avais présumé qu’elle comprenait que le Sharpie, réservé à l’usage des adultes, allait tacher le meuble. Mais pour elle, c’était tout simplement un crayon un peu différent qui appartenait à maman. (Et si maman le gardait pour elle, ça devait être parce qu’elle en aimait beaucoup la couleur, alors pourquoi ne pas l’utiliser dans mon dessin pour lui faire plaisir?)

Grâce à Clémentine, les plus jeunes ont des parents mieux outillés, plus expérimentés. Du haut de ses 8 ans, elle ne le sait pas, mais elle leur offre un cadeau précieux.

Et vous? Avez-vous parfois l’impression que votre aîné est un cobaye? Pouvez-vous nous donner un exemple? Votre attitude est-elle la même avec l’aîné de la famille qu’avec les plus jeunes?

 

Photo : GettyImages/Mücahiddin Sentürk

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
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Commentaires (5)

  1. Corinne 20 mars 2018 à 13 h 02 min
    Mon dieu, si j'en ai fait des erreurs avec l'aînée (et je continue d'en faire...). Je suis devenue maman sans aucun talent de départ et aucune notion de ce qui m'attendait. En plus, ma grande n'a pas le caractère le plus facile (on a passé 2 ans, entre 3 et 5 ans, avec des crises matin et soir, au point que j'en étais complètement déprimée). Je me demande toujours quel a été ou sera l'impact de mes réactions ou de mon incompétence... Ça m'arrive encore de rester réveillée le soir rien que d'y penser. Au final, ma fille semble épanouie, je me dis qu'elle n'a pas été traumatisée, et avec l'âge elle est capable de faire des remarques judicieuses (par exemple si j'ai mal compris un de ses comportements). On avance à tâtons sans possibilité de revenir en arrière pour corriger, c'est le plus effrayant. Et numéro 2 profite de tout ça... Si j'avais plus d'enfants, je me dis que je serais devenue une championne haha
  2. caroline 20 mars 2018 à 13 h 47 min
    Bravo! Tout est dit exactement comme j'aurais aimé partager ce point de vu avec vous. J'en avait les larmes aux yeux. :-) J'aimerais écrire longuement sur ce sujet mais j'en resterai ainsi et je conserverai en mémoire une phrase magnifique donc je peux facilement appliquer avec notre aînée ;Grâce à Malory, les plus jeunes ont des parents mieux outillés, plus expérimentés. Du haut de ses 7 ans, elle ne le sait pas, mais elle leur offre un cadeau précieux. Merci :-)
  3. yume 21 mars 2018 à 02 h 48 min
    La culture des enfants est le sujet de la vie d'un parent. S'entendre avec les enfants est aussi un processus d'apprentissage et de pratique continus, nous devons comprendre que les enfants ont des vies différentes avec nous. Nous avons donné à nos enfants une bonne éducation depuis l'enfance. Les parents peuvent jouer à des jeux avec des enfants, Enfants de 3 à 7 ans. Développer des jeux d'intelligence https://t.co/Kyli34mDDN https://t.co/Le5JRQOhmY Que les adultes ou les enfants soient stressés, Des jouets pour éliminer le stress: https://t.co/Le5JRQOhmY https://t.co/YJd85XRzta
  4. julie 23 mars 2018 à 12 h 48 min
    Nous avec 3 enfants, chaque enfant a reçu jusqu'à maintenant une éducation différente au même âge, on apprend en cours de route, les situations que vivent nos enfants nous font apprendre beaucoup et avec ces s'ajustements on deviens un meilleur parent. Mais aussi notre façon de les éduquer doit s'adapter à leur personnalité mes deux derniers qui veulent tout savoir de la vie, tellement curieux que tu ne peux pas juste leur dire on fais ca sans que cela soit accompagner de pleins de réponses à leurs questions. Oui on s'ajuste aux erreurs d'éducation, aux nouvelles façons de faire (découvertes, changement de culture) aux enfants.
  5. Annie 27 mars 2018 à 14 h 52 min
    Ça rejoint beaucoup ce que je vis en ce moment. Avec ma première fille, je trouve que chaque étape est difficile et c'est logique puisque chaque étape est nouvelle pour moi. Depuis que j'ai ma deuxième fille, je trouve que ces mêmes étapes sont beaucoup plus faciles à franchir. Je trouve que le deuxième est plus facile à élever!

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