Gérer leurs déceptions

Gérer leurs déceptions
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
23 janvier 2018
À tout âge, mes enfants vivent des déceptions, petites ou grandes. J’essaye de les accompagner à travers l’acceptation qu’on ne peut pas tout contrôler.

Les yeux de Léonard vont du bout de la table à l’espace situé derrière son assiette. À l’autre bout, devant sa sœur Blanche : un verre bleu pâle. Derrière son assiette : un verre bleu foncé. Le commun des mortels n’y verrait aucune importance, mais mon fils fond en larmes. À travers ses sanglots, il nous fait comprendre qu’il aurait voulu l’autre verre. Il est déçu.

Ça fait partie de la vie! Et à petite dose, ces frustrations permettent d’apprendre la patience, la persévérance, etc. Ce n’est pas à éviter à tout prix.

J’essaye quand même de le raisonner :

- Toi aussi tu as un très beau verre. Bleu comme Chase dans la Pat Patrouille.

- NON.

Je tente alors la diversion :

- T’as envie qu’on chante la chanson de Pat Patrouille pour remercier papa de son bon souper?

- NON!!!

J’essaye de négocier :

- Blanche, veux-tu changer de verre avec ton frère?

Ça serait si simple et ça éviterait la crise.

- Non merci, maman.

Léonard boira son lait dans le verre bleu foncé. C’est une petite déception qui finira par passer d’elle-même.

Mais parfois, il y a de grandes déceptions causées par des éléments hors de notre contrôle. Vous vous souvenez de la tempête de la mi-janvier? Ce samedi-là, on devait célébrer le 7e anniversaire de Simone avec ses grands-parents paternels et maternels. Coup du sort, cette année, Grand-maman et Grand-papa passent l’hiver dans le Sud. De leur côté, Papi et Mamie n’ont pas pu faire la route de la Mauricie à la Montérégie en raison de la tempête.

- Ben là, j’aurai aucun invité à ma fête… C’est pas une fête, a marmonné Simone, la voix remplie de chagrin.

J’avais le cœur gros pour elle. Ma Bobinette comprenait très bien que la sécurité de ses grands-parents était plus importante qu’un souper. Elle savait qu’on remettrait la fête. Mais elle en avait rêvé toute la semaine. Elle attendait cette visite avec impatience.

Heureusement, Simone a un tempérament positif et résilient. J’ai eu une idée et elle a embarqué à pieds joints dans ma petite folie : on a invité les poupées de mes filles. On a dressé une table juste pour elles. Chacune a même apporté un minicadeau à la fêtée. Dans l’après-midi, on a soigneusement sélectionné leurs tenues, on les a coiffées, etc.

À l’heure de se coucher, Simone m’a avoué que c’était sa plus belle fête À VIE!!! ;-)

À tout âge, mes enfants vivent des déceptions, petites ou grandes. J’essaye de les accompagner à travers l’acceptation qu’on ne peut pas tout contrôler. Qu’être déçu est normal. Mais que ça ne sert à rien de rester triste. Mieux vaut changer de plan. Se trouver un nouvel objectif. Je ne réussis pas toujours, mais j’essaye.

Tout ce qui m’importe, c’est que leurs déceptions ne viennent pas de mon amoureux et moi. Nous essayons de toujours tenir parole.

Pour le reste, c’est la vie!

Et vous? Trouvez-vous difficile de gérer les déceptions de vos enfants? Quelles anecdotes avez-vous sur le sujet?

 

Photos : GettyImages/energyy et Josée Bournival

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
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Commentaires (11)

  1. Céline 23 janvier 2018 à 21 h 45 min
    Bonjour, ce que je trouve difficile dans la gestion des déceptions, ce sont les émotions fortes, vives et souvent démesurées (avec mes yeux d'adulte) qui les accompagnent. L'apprentissage de la gestion des émotions est ardue et les amener à avoir la bonne perception de la réalité prend du temps et de la patience des parents. Ce que je n'ai pas toujours lorsque mes enfants font une crise pour un verre ou un ustensile d'une couleur en particulier. Faire des retours avec eux lorsqu'ils vivent ce genre de situations et espérer qu'ils ont assimilié une petite miette de ce que je leur ai dit m'encourage à continuer en me disant qu'ils seront des adultes moins frustrés par les inéquités et injustices de la vie.
  2. Josée Bournival 25 janvier 2018 à 15 h 21 min
    Bonjour Céline. Vous amenez un point très important: inutile de négocier ou parlementer avec un enfant en crise. Il faut laisser passer la tempête avant d'essayer de leur faire comprendre quoi que ce soit. Ça semble simple, mais j'avoue humblement que j'ai mis quelques années avant de comprendre le principe et de l'appliquer adéquatement avec mes enfants. J'étais toujours pressée de régler les conflits. ;-) Josée XX
  3. Catherine 24 janvier 2018 à 10 h 01 min
    Le 24 décembre dernier, nous étions tous habillés, prêts à partir pour le réveillon chez les grands-parents. Ma fille aînée a mis sa plus belle robe de princesse, elle est heureuse: c'est Noël! Mais juste avant de partir, sa petite soeur commence une gastro... Pas facile de lui expliquer qu'on ne fêtera pas Noël cette année! Pauvre chouette, j'en avais le coeur brisé... J'ai essayé de la consoler en lui disant qu'on déballerait nos bas de Noël en avance à la place. Ça l'a à moitié convaincue, mais de toute façon, peu de temps après, c'était son tour d'être malade... Elle a donc préféré passer Noël à être dorlotée, tranquille à la maison finalement. Joyeux Noël! ;)
  4. Josée Bournival 25 janvier 2018 à 15 h 24 min
    Bonjour Catherine. À part la météo, les microbes sont sûrement ce qu'on contrôle le moins!!! Ici, ce qui semble difficile à accepter, c'est quand maman ou papa sont malades. Quand mon amoureux et moi ne sommes pas en mesure de faire ce qu'on avait prévu. Car si une gastro se "voit", un mal de dos ou un intense mal de tête est invisible... Josée XX
  5. Caroline 24 janvier 2018 à 12 h 53 min
    Bel article, comme à votre habitude ;-) Les déceptions habitent le quotidien de nos enfants, chaque jours, quelques chose frappe, s'en même prévenir mais comme vous l'expliquez si bien et je reprends vos mots '' L'acceptation qu'on ne peut pas tout contrôler '' et leurs expliquer qu'il y a une solution. Avec les plus grandes, je trouve que pour certaines raison, cela est plus facile, parce-qu'avec le temps elles ont compris et savent mieux voir le positif dans une déception mais l'envers de la médaille fait en sorte qu'elles se souviennent et parfois cela laisse des traces dans leurs petits coeurs. Pour les petits, il faut travailler un peu plus fort trouver ''la solution'' ou le mot qui fera en sorte de mettre un sourire à la place d'une baboune! Tourner sa langue 7 fois avant de parler parce que parfois nous voulons bien faire et on dit plein de trucs '' On fera si, on fera ça et patati et patata puis au final bien tout le monde à oublié mais pas les enfants, ils se rappellent de ce que tel personne a dit et se demandent pourquoi c'est toujours pas fait. Anecdote: ma belle mère depuis 3 ans dit au filles à chaque été qu'elle veux les amener faire un pic nique et voir un spectacle et à chaque fois les filles sont toutes contente et trouve que c,est une idée trop génial et elles attendent tout l'été puis vient l'automne, l'école recommence puis tout ça est tombé dans l'oubli et chaque fois que ma belle mère montre ces bonnes intentions, moi je panique intérieurement '' Les imprévus dans la vie, ça arrive et les enfants doivent se montrer fort face aux déceptions du quotidien. Quand on a trop d'attente, on est toujours déçu!
  6. Josée Bournival 25 janvier 2018 à 15 h 29 min
    Allo Caroline. J'ai un serrement au coeur à vous lire. Ici aussi j'ai de petites enregistreuses sur pattes qui n'oublient jamais ce qu'on leur promet. On le répète souvent aux proches quand ils s'adressent à nos enfants et lorsqu'une promesse est lancée, on insiste pour qu'elle se réalise en rappelant aux autres ce qui a été dit. Sinon, on essaye de remplir nous-mêmes les promesses des autres. Ça minimise un peu les déceptions...
  7. Anna E 25 janvier 2018 à 07 h 19 min
    Ah c'est vrai que ce n'est pas toujours évident! Première étape ici, c'est l'écoute. Refléter l'émotion. Des fois, ça me prend mon petit change parce que j'étais vraiment ailleurs, prête à quitter ou presser de coucher le plus petit. Mais presqu'à chaque fois que je les écoute vraiment ("Tu aurais vraiment voulu aller avec papa aujourd'hui... hum... on dirait que ça te fait de la peine qu'il parte sans toi...") eh bien ça passe mille fois plus vite. Après un moment d'écoute, on passe aux solutions ou à la dédramatisation ou à l'imagination... quand ils ne sont pas passés à autre chose tout seul. Je pense que ça a changé ma vie, mais ça reste un gros défi. Je pense que ça va être un plus grand défi aussi en grandissant, mon plus grand a 3 ans.
  8. Josée Bournival 25 janvier 2018 à 15 h 36 min
    Bonjour Anna E. Je trouve effectivement que c'est plus simple avec les petits. Ils ont tendance à être dans l'instant présent et leur déception est ponctuelle et reliée à un évènement qui vient de se produire. Quand ils grandissent, ils ont des attentes et les déceptions y sont proportionnelles. Mais votre conseil est aussi bon avec les petits que pour les grands. Même comme adulte, on aime sentir que l'autre nous comprend. Je ne sais pas comment ça se passe dans les autres foyers, mais ce que je trouve difficile quand ils grandissent c'est leur besoin de redire sur tous les tons (mille fois plutôt qu'une) qu'ils sont déçus. Après 4 ou 5 versions, ils ne semblent pas comprendre que j'ai saisi, même si je reformule moi-même leurs pensées. ;-) Josée XX
  9. Marie 25 janvier 2018 à 15 h 09 min
    Non seulement tu lui apprend à gérer les emotions, les déceptions et à devenir résilient mais tu lui as appris aussi un bel exemple de résolution de problème. Toutes des choses qui favorisent le bonheur.
  10. Josée Bournival 25 janvier 2018 à 15 h 38 min
    Allo Marie. Je n'y avais pas pensé de cette manière. Mais vous avez raison. Si seulement j'arrivais à me prescrire ma propre médecine quand JE suis déçue. ;-) ;-) ;-) Josée XX
  11. Anne-Marie 29 janvier 2018 à 10 h 00 min
    Wow! Quel beau texte humain! Je partage tellement le même avis que vous sur la question. Les déceptions font partie de la vie et dans le meilleur des mondes, le parent (l'éducateur ou tout autre personne qui interagit avec l'enfant) ne doit pas le priver d'en vivre. Toutefois, il y a des façons de réagir et d'accompagner l'enfant dans sa déception. La preuve, votre petite Simone vous a avoué que c'était la plus belle fête de sa vie, car vous avez su bien réagir et embarquer dans ce beau moment de folie improvisée avec votre fille. Je vais garder ce billet de blogue pas trop loin quand ma fille grandira et aura besoin d'être guidée. Bravo encore une fois!

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