Élever deux garçons

Élever deux garçons
18 août 2017
Peu importe le sexe des bébés, nous avions convenu d’élever nos enfants selon les valeurs de respect, de l’empathie et de la gentillesse.

par Angélique Bernard

Lors de mes deux grossesses, nous n’avons pas voulu connaître le sexe des bébés.

Nous voulions avoir la surprise et n’avions pas de préférence, bien que mon conjoint Dave m’ait mentionné qu’il aurait peut-être eu du mal à se souvenir de tous les noms des princesses… Il a un frère et n’a donc pas grandi avec des soeurs.

Je suis une enfant du milieu. Mes deux frères ont sept ans de différence. J’ai joué à Star Wars avec mon grand frère et aux Hot Wheels avec le plus jeune. Ma maison de Barbie servait de tremplin pour les voitures. Je n’ai jamais subi de restrictions parce que j’étais une fille. Je jouais aux mêmes sports que les garçons.

Nous avions de bonnes parties de hockey bottine avec les autres enfants de ma rue et sur la patinoire que mon père avait construite dans notre cour. Mes frères et moi nous partagions les tâches ménagères. Je me suis également occupée de beaucoup de garçons durant ma carrière de gardienne d’enfants.

Donc, à la naissance de Sébastien et de Samuel, j’étais totalement à l’aise avec l’idée d’élever des garçons.

Dave et moi nous étions dit que peu importe leur sexe, nous élèverions nos enfants selon les valeurs de respect, de l’empathie et de la gentillesse.

Nous leur avons montré aussi que maman n’était pas la seule à faire les tâches ménagères. Ils ont commencé à dire : « Maman, on va jouer à faire le ménage avec toi! »

Pour développer l’indépendance, nous laissons les enfants choisir certains articles. Cela a valu quelques situations où Dave a dû retenir ses commentaires lorsque Sébastien a choisi une brosse à dents de Hello Kitty, quand Samuel a reçu le film La reine des neiges (Frozen) comme cadeau, ou quand les garçons ont demandé d’acheter des perles de couleur pour faire des bracelets et des colliers.

Nous jouons avec des blocs LEGO et des voitures. Les garçons sont étonnés de savoir que je connais les personnages de Star Wars et des tortues Ninja. Je leur dis que j’ai joué aux mêmes jeux avec mes frères. Nous jouons aussi beaucoup à des jeux de société.

Expliquer les moments de la vie donne aussi des situations intéressantes.

Nous avons parlé des menstruations (« Maman, tu saignes! » « Daddy, mama’s bleeding! ») et de comment on fait des bébés (« Maman, dans quel magasin nous as-tu achetés; avant d’être dans ton ventre, est-ce qu’on était des étoiles dans le ciel? »).

Nous sommes aussi une famille de sportifs, donc cela nous fait de beaux moments de jeu (les garçons sont inscrits au soccer l’été, Sébastien joue au hockey et fait du breakdance, Samuel suit des cours de patinage et de gymnastique) et nous suivons les événements sportifs à la télévision (Coupe du monde de soccer masculin et féminin, les séries éliminatoires au hockey et au baseball, et le football avec papa).

Les garçons ont aussi leurs moments de chamailles et de batailles. On essaie de les laisser régler leurs différends entre eux. Nous n’intervenons que quand cela devient un peu plus dangereux pour l’un des garçons. Quand cela se produit, je ne peux m’empêcher de penser à ma grand-mère paternelle qui a élevé dix garçons (aucune fille) sur une ferme…

Sébastien a célébré son septième anniversaire de naissance en janvier. C’est un garçon responsable et attentionné. Samuel, qui va avoir 5 ans en mars, suit les traces de son grand-frère.

 

Ce texte a été originalement publié dans le magazine  Le nombril, numéro 13, Printemps 2016.

 

Photo : GettyImages/wundervisuals

Commentaires (6)

  1. Roseline 18 août 2017 à 14 h 18 min
    J'élève deux garçons aussi, mais je dois dire que je trouve cela plus difficile que ce que vous semblez vivre! J'ai également été élevé avec deux frères (plus vieux que moi) et ça n'a pas été facile non plus!!! Mes garçons se chamaillent constamment et parfois je vois des poings, morsures et griffures! Pourtant ils se font des câlins parfois et le plus âgé fait la lecture à son jeune frère. Deux jeunes garçons dans un petit appartement, ça rend fou aussi!!! Trampoline sur le sofa, piste de course dans le couloir et boxe entre les deux. Ouf!!! Je suis une maman comblée avec mes trésors mais parfois je m'arrache les cheveux (qui sont devenus blancs, bien sûr). Je ne peux m'empêcher de penser à ce que ma famille aurait été avec deux petites filles... J'étais si tranquille moi! Et papa aussi, un vrai petit ange! Mais je ne les changerais pas ils sont si joyeux et actifs, ils me gardent bien dans le présent. J'ai hâte qu'ils soient plus posés et matures mais peut-être que leur petite frimousse me manquera alors...
  2. Nathalie Roy 24 août 2017 à 08 h 12 min
    Je suis à même de vous comprendre parfaitement puisque j'ai aussi deux garçons de 5 et 7 ans et c'est assez rock'n'roll et j'ai dû lacher prise sur l'ordre dans la maison et je ne suis pas prête de changer le mobilier de si tôt! Bref, moi non plus ça n'est pas toujours aussi agréable que ça semble l'être quand je lis le texte d'Angélique qui me fait penser à un épisode de Caillou!
  3. Julie 30 août 2017 à 15 h 50 min
    Même chose ici! Deux garçons, jumeaux, de 6 ans, bientôt 7. Les temps sont difficiles et on me dit souvent qu'à 7 ans, ils prennent une dose de maturité et les consignes n'ont pas à être répétées aussi souvent. Comprenez bien que je ne changerais pas ma vie pour rien au monde, mais j'ai aussi la réflexion, parfois, de ce qu'aurait été ma vie avec une fille dans le lot. Peut-être que je me plaindrais d'autre chose! Oui, les sports sont importants. J'essaie aussi de travailler la reconnaissance. Le ménage, je n'en parle pas (même si je passe quand même des commentaires). Bon, ils forment leur personnalité, mais ici aussi, ce n'est pas "caillou"! Merci pour les partages, ça fait du bien!
  4. Nathalie 30 août 2017 à 16 h 04 min
    C'est reciproque Julie, ça fait du bien de te lire également!
  5. Roseline 30 août 2017 à 20 h 10 min
    Merci à vous Nathalie et Julie ! Cela fait du bien de sentir que notre famille est normale!! Mais il est vrai que certaines mamans ont des garçons super tranquilles; ce n'est pas le cas pour moi. Mon premier est quelque chose et le deuxième est pire, malgré mes prières quand j'étais enceinte!!! Mais c'est la loterie de la vie et j'avoue que malgré mes doléances je me trouve chanceuse d'être la maman de ces deux petits tannants! 🙂
  6. Nathalie 30 août 2017 à 20 h 35 min
    Oh oui! Moi aussi je ne pourrais imaginer ma vie sans eux, ils sont notre plus grande richesse et c'est fascinant de voir évoluer ces petits êtres humains. Seulement que dans la réalité du quotidien ce n'est pas toujours rose il faut se l'avouer!

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