L'entrée à la maternelle quand on a un enfant à besoins particuliers

L'entrée à la maternelle quand on a un enfant à besoins particuliers
5 mai 2017
Déjà, je savais que le parcours scolaire de mon garçon serait différent. Quand on ne gravite pas autour du milieu de l’éducation, l’entrée à l’école est aussi déstabilisante pour nous que pour notre enfant.

Quel parent ne se souvient pas des émotions qui l’ont envahi lors de l’entrée à la maternelle de son premier enfant. Un mélange d’inquiétudes, de fébrilité, d’impuissance, de fierté, de joie et de peine. C’est un premier pas vers l’autonomie, le début d’une grande aventure!

Je me rappelle encore à quel point j’avais préparé ce moment avec mon garçon, d’autant plus que lors de son passage en prématernelle, les éducatrices avaient observé des comportements dérangeants, une impulsivité plus grande que les autres enfants et une attention perturbée par tout ce qui l’entourait. Avec le recul, ce fut une vraie chance d’avoir ces personnes pour nous mettre la puce à l’oreille, ce qui nous a menés rapidement en évaluation et vers un diagnostic : trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) impulsivité et anxiété. S’est ajouté plus tard le trouble d’opposition avec provocation (TOP).

Déjà, je savais que le parcours scolaire de mon garçon serait différent. Quand on ne gravite pas autour du milieu de l’éducation, l’entrée à l’école est aussi déstabilisante pour nous que pour notre enfant. Les références sont loin et dans ce cas-ci, je n’en avais pas du tout.

Alors que je n’avais que des souvenirs exceptionnels de l’ensemble de mon parcours scolaire, je vivais autre chose à travers mon fils : les communications, les rencontres, les conséquences, les commentaires, les retraits. Même le transport scolaire était source de stress… Les billets jaunes s’accumulaient rapidement. Heureusement, le personnel avait à cœur son intégration et en bas âge, on peut mettre rapidement en place des moyens pour travailler leurs habiletés sociales.

Ce que j’ai appris

Son diagnostic lui a permis d’avoir accès aux services d’une éducatrice spécialisée pour l’accompagner dans ses défis quotidiens, car un enfant aux besoins particuliers est plus vulnérable, mais nous sommes aussi vulnérables en tant que parents. Je ne savais pas ce que je pouvais demander, à quel service mon enfant avait accès et surtout, je ne savais pas comment le préparer, lui; et j’étais loin de penser que je devais me préparer, moi. À cet effet, les groupes extérieurs de soutien, comme PANDA (parents aptes à négocier avec le déficit d’attention), sont fantastiques.

M’impliquer activement auprès du comité de parents bénévoles et au sein du conseil d’établissement fut une autre façon de me familiariser avec le fonctionnement de l’école. C’est rassurant.

Il est aussi possible de demander une rencontre avec la direction avant la fin des classes pour présenter la situation de votre enfant. Ainsi, lors de son entrée à l’automne, le personnel portera déjà une attention particulière.

J’ai aussi appris à me faire confiance avec le temps. Je ne suis peut-être pas experte en éducation, mais je suis la mère de mon fils et je le connais mieux que quiconque. Cette fonction de parent me donne le droit de poser toutes les questions sur les situations qui me préoccupent, de faire partie des décisions qui concernent mon enfant et des mesures prises pour l’accompagner dans son parcours atypique.

Quand ils sont petits, on ne les imagine pas avoir de la difficulté à s’intégrer, à apprendre… Et quand ça arrive, ça nous rentre dedans et un deuil est à faire. Chaque jour et chaque année qui passent sont remplis de défis. Si les services battent de l’aile, vous, vous êtes là pour lui en donner.

Votre enfant a des besoins particuliers? Comment son entrée à la maternelle s’est-elle passée ou comment l’entrevoyez-vous?

 

Photo : GettyImages/LuminaStock

Carole St-Denis
Treize ans plus tard, j’ai accouché d'un deuxième enfant qui est en fait le quatrième garçon d’une famille recomposée. Comment je vivrai cette expérience cette fois-ci?
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Commentaires (8)

  1. diane clavet 6 mai 2017 à 16 h 43 min
    Bonjour Carole, Je me souviens de ton beau garçon qui est passé par la pré-maternelle Les Oiselets. Ça m'a fait un grand bien et une grande fierté de lire ton article. Bonne chance pour le petit dernier. Continue ton excellent travail, c'est toujours merveilleux de te lire. Diane
  2. Carole St-Denis 7 mai 2017 à 11 h 18 min
    Que de gentillesse de ta part Diane! Merci de ton mot et mes salutations à toute ta belle équipe! xx
  3. Valérie 7 mai 2017 à 12 h 31 min
    Bonjour, Ma cocotte est en processus de diagnostic, mais tout s'oriente pour un TDAH (impulsivité) avec TOP. Même si je suis dans le domaine de l'éducation, je ne me suis jamais sentie autant démunie que maintenant. Peu importe notre emploi ou notre classe sociale, lorsque c'est notre enfant, c'est autre chose! Merci pour cet article :)
  4. Carole St-Denis 7 mai 2017 à 16 h 47 min
    Bonjour Valérie, Merci pour votre commentaire. C'est tellement ça! Parfois, on a l'impression qu'on ne peut compter que sur nous-mêmes mais il ne faut pas hésiter à demander, poser des questions, partager nos inquiétudes. Bon courage! Ne lâchez surtout pas car votre cocotte aura besoin de votre soutien et votre compréhension.
  5. Betty 8 mai 2017 à 15 h 18 min
    Bonjour! Je voudrais un petit descriptif du symptôme TOP car mon gars de 7 ans est très difficile à gérer à la maison : encore des non pour tout et rien et agit comme s'il était un ado (veut pas m'écouter pour les vêtements s'il fait froid, veut manger ce qu'il veut, crie et m'insulte etc). À l'école ? C'est un ange. Je suis perdue! Merci les filles!
  6. Carole St-Denis 9 mai 2017 à 09 h 26 min
    Bonjour Betty, je me permets de vous suggérer de lire l'article paru à cet effet sur Naître et Grandir. Plein d'informations pertinentes s'y trouvent qui, j'en suis certaine, seront en mesure de vous éclairer! Bonne chance! http://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=trouble-opposition
  7. Amélie 26 mai 2017 à 10 h 50 min
    Je viens de tomber sur votre article qui tombe vraiment à point. Mon garçon débutera la maternelle cet automne et il sera dans une classe adaptée (comme son diagnostique n'est pas clair pour l'instant). Je suis quand même inquiète de voir comment se déroulera son année même si je n'ai aucun contrôle sur ce qui se passera...
  8. Carole St-Denis 26 mai 2017 à 17 h 02 min
    Bonjour Amélie, Quelle étape n'est-ce pas! Au moins, malgré l'attente d'un diagnostic, il sera entouré de gens qui porteront une attention particulière à son arrivée, son intégration, ses comportements, ses interactions avec les autres. C'est très positif tout ça! Malgré vos inquiétudes que je comprends parfaitement, tentez de ne pas trop stresser...Vous aurez la possibilité d'échanger de façon quotidienne avec son enseignante via un cahier de communication et, j'en suis convaincue, tout sera mis en place pour bien entourer et aider votre petit bonhomme!

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