Êtes-vous le même parent en privé et en public?

Êtes-vous le même parent en privé et en public?
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
23 février 2017
Moi la première, je ne suis pas la même maman en public et en privé. Je la joue cool en public et je perds plus facilement patience à la maison.

Je parcours les rangées d’un géant de l’alimentation. En tournant au bout d’une allée, des cris me viennent aux oreilles. Une scène à laquelle j’aurais préféré ne pas assister : une maman gronde ses fistons turbulents. Elle crie et remet brusquement un de ses fils dans le panier avec des mots que je vous épargne.

Mon cœur se serre. Elle n’a pas levé la main sur ses enfants et n’a infligé aucun bleu à leur peau. Mais j’ai mal pour les petits bonshommes.

La première pensée qui a traversé mon esprit? Je me suis dit que ça ne devait pas être beau à la maison dans l’intimité de leur foyer. Que la colère de la maman et sa violence devaient être amplifiées quand il n’y a personne pour assister aux affrontements.

Moi la première, je ne suis pas la même maman en public et en privé. Quand je vais chercher mes filles à l’école, j’ai un ton beaucoup plus posé et relax. T’as oublié de refermer ton contenant de soupe et ta boîte à lunch est ruinée? Pas grave, maman va tout nettoyer ce soir. T’as découpé ta manche avec tes ciseaux parce que tu étais dans la lune? Ouin… faudrait faire attention, hein? Tu me cries après parce que tu es fatiguée? Je comprends ça ma poulette, on va aller se reposer à la maison.

Les mêmes événements m’auraient été communiqués dans l’entrée de la maison, j’aurais assurément soupiré de frustration, probablement formulé un reproche et parfois même haussé le ton pour manifester mon mécontentement. Je la joue cool en public et je perds plus facilement patience à la maison.

À une ou deux reprises, je me suis même sentie gênée de réaliser à quel point j’avais monté le ton contre mes petits chéris. Nous étions en été et les fenêtres étaient grandes ouvertes. Je pense bien que j’ai prié pour qu’aucun de mes voisins ne m’ait entendue.

L’inverse est aussi vrai. Il y a des comportements de mes enfants que je tolère chez moi, alors que je les interdis en public. Des exemples? Jouer avec sa nourriture à table, manger avec ses doigts, marcher sur les meubles. Mais évidemment, dès qu’on va en visite, je chicane mes enfants s’ils osent agir de la sorte. Probablement par peur de me faire juger, je suis plus sévère en public sur certains points.

Et vous? Êtes-vous différents en public et en privé avec vos enfants? Qu’est-ce que vous essayez de cacher publiquement? Pourquoi?

 

Photo : GettyImages/Mypurgatoryyears

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
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Commentaires (22)

  1. Florence 24 février 2017 à 04 h 50 min
    Chez moi c'est le contraire. Je suis plus ferme en public par peur de passer pour une mere trop flexible.J'avoue que mon fils de 2 ans est enfant roi .cependant en public il doit se tenir . Lorsque je vois une mere perde son calme,insulter ou frapper son enfant c'est humiliant.
  2. Josée Bournival 24 février 2017 à 12 h 58 min
    Bonjour Florence. Je suis contente de vous lire. Et j'ai une question pour vous: quand vous voyez un parent trop souple avec ses enfants, avez-vous tendance à le juger? Josée XX
  3. Jade 24 février 2017 à 08 h 35 min
    Je penses être pareille a la maison et ailleurs. J'ai toujours expliquer les choses/raisons a mon fils. Comme par exemple : "Ne cours pas dans l'épicerie Svp, il y a beaucoup de gens et si tu vas trop vite, c'est comme en voiture, tu pourrais faire des accidents." J'ai la chance d'avoir un enfant très rationnel qui aime expliquer les choses...
  4. Josée Bournival 24 février 2017 à 12 h 59 min
    Bonjour Jade. Ici aussi, les explications sont importantes. C'est ce qui évite le retour des "mauvais comportements". Mais parfois, dans le feu de l'action, avec 4 enfants, il arrive qu'on explique sommairement... C'est une très bonne astuce de votre part. Merci pour le partage. Josée XX
  5. PigJoy 25 février 2017 à 08 h 17 min
    J'ai déjà vécu le «syndrome de l'imposteur» non pas en public mais dans ma famille (chez mes parents, chez ma tante). Je me suis fait complimentée pour ma patience et mon calme avec mon fils alors que chez moi, je démarrais parfois au quart de tour... Merci Josée de parler des tabous de la maternité: On a tous une double vie (privée/publique) à différent niveau!
  6. Josée Bournival 25 février 2017 à 11 h 51 min
    Bonjour PigJoy. Je pense effectivement qu'il est normal de modifier sa conduite en fonction de l'environnement. On prétend toujours être authentique, mais le regard des autres modifie parfois nos comportements. Difficile de l'avouer ouvertement sans craindre d'être jugé... Josée XX
  7. Mélissa 25 février 2017 à 09 h 24 min
    Moi aussi je suis différente en publique, je me rapproches de mes filles (3 et 8 ans) je parles plus bas les dents serrées. Quand mes filles me voie comme ça elle comprennent le message. Avec ma plus grande c'était un peut différent, elle était très raisonnable et comprenait quand on lui expliquait les choses. Par exemple avec ma plus vieille vers ses 3 ans je lui ai dis: tu dois tenir la main de maman ou mamie parce que si non tu pourrais te perdre ou quelqu’un pourrait t'emmenée. Mais ça peut devenir un piège, aujourd'hui il faut que je lui explique le moindre ''non'' que je lui donne ou la moindre permission refuser. Juste hier, elle voulait aller au dépanneur seule avec son amie (8 ans ma fille 10 ans son amie). En été peut être, on voie le dépanneur de chez nous, mais hier il fessait noir à 18h, il pleuvait et par bout il y avait du verglas, les trottoirs sont à moitié déneigé et glacé, il y avait beaucoup d'eau et les autos roulent trop vite (c'est sensé être 50 km/h mais peut le respecte parce qu'on est sur un des 4 accès au village ). Même après lui avoir dit toutes ses raisons, c'était pas assez pour elle, elle continuait a demander pourquoi je ne voulais pas.
  8. Josée Bournival 25 février 2017 à 11 h 53 min
    Bonjour Mélissa. Nos enfants sont parfois de redoutables avocats! ;-) Avez-vous la patience de poursuivre vos explications ou si ces affrontements se terminent avec du phrase du genre "C'est non, parce que je l'ai décidé, point final!"? Josée XX
  9. Mélissa 26 février 2017 à 10 h 43 min
    Ça finit souvent en: non et c'est tout, tu comprendras quand tu seras plus grande. Mais avec l'accident qu'il y a eu dans notre coin (la petite fille de 4 ans qui a été frapper par son père), il y a bien des explications qui finissent en: je ne veux pas qu'il arrive un accident bête comme celui de la petite fille.
  10. Josée Bournival 1 mars 2017 à 06 h 51 min
    Allo Mélissa. Hier, on a profité de notre relâche pour prendre une marche en famille. À un coin de rue, une de mes filles a traversé sans regarder. Le coeur m'a fait trois tours! Le pire c'est qu'elle était vexée que je la reprenne et lui fasse voir son erreur. Encore une fois, les longues explications se sont terminé par: "c'est parce que je t'aime et je ne veux pas que tu te fasses mal". La phrase clé ici, c'est souvent ça. Josée XX
  11. Caroline 27 février 2017 à 14 h 48 min
    Public, privé , je ne réagis pas de la même façon. Avec mes parents, c'est différent, par peur du jugement et la pression d'être irréprochable ! Et avec ma belle famille c'est le contraire . En public, je contrôle mieux le vent de panique à moins d'être fatigué ou stressé mais j'essaie avec le temps je sais pas si je peut dire ça ainsi , de m'assumé. Il faut être (à mon avis ) un peu indifférent vis à vis le regard des autres. Peu importe la façon bonne ou mauvaise il y aura toujours quelqu'un pour dire le contraire . Je n'éduque pas mes enfants pour les autres. Je sais que mes enfants ne manque de rien et que je me remet continuellement en question, de trouver une meilleure stratégie mais comme tout le monde, du moins c'est ce que j'aime croire, on a nos petits moment d'échec . Merci pour cet article une fois de plus ;)
  12. Josée Bournival 1 mars 2017 à 06 h 52 min
    Et merci à vous, Caroline, pour autant d'honnêteté. C'est rafraîchissant à lire! Josée XX
  13. anne-marie 2 mars 2017 à 21 h 24 min
    Belle réflexion. En public ou en privée, je suis plutôt la même.Ce que je trouve difficile, c'est lorsque je suis en cohabitation avec d'autre familles... Ex: chalet pendant les vacances ou souper de famille élargie. Si j'exige que mes filles se lavent les mains en sortant de table, ou qu'elles goûtent les aliments dans leur assiette et que les autres mamans ne le font pas, je crains toujours qu'elle ne se sentent jugées, puisque c'est malheureusement déjà arrivé. Mes filles aussi sont parfois confuses '' Les consignes, maman, c'est pas les même dans la maison et ailleurs?'' ''Pourquoi enfant ''x'' dit pas merci à la serveuse?'' ''Tu dis toujours que la politesse c'est pour tout le monde''...malaise... L'inverse arrive aussi. La mère d'une amie de ma fille était scandalisée que je laisse les filles sauter sur le divan et jouer avec mes bijoux. Elle m'a avouée craindre que je sois ''négligente sur d'autres points'' et voulait s'assurer que son enfant serait en sécurité chez moi.re-malaise. Il en va de même pour le peu d'intérêt que j'accorde aux vêtements tâchés par un usage pour le moins créatif de la terre de mes plantes, ou de mon maquillage... C'est décidément un sujet délicat qui demande réflexion
  14. Josée Bournival 3 mars 2017 à 08 h 07 min
    Bonjour Anne-marie. Comme votre réflexion est intéressante. Je garde même l,idée d'aborder le sujet des "playdate" dans un futur billet. Je me rappelle à quel point ça m'angoissait au début. ;-) Bonne fin de journée à vous. Vous êtes en relâche cette semaine? Josée XX
  15. Anna E 3 mars 2017 à 09 h 51 min
    Ce sont des questions intéressantes! J'essaie d'agir de la même façon en public et en privé, mais s'il m'arrive de m'impatienter, c'est beaucoup plus souvent en privé... Par contre, ça ne me dérange pas d'être en public dans des situations difficiles parce que, dans mon idéal, la façon d'intervenir pour moi devrait être la même qu'il y ait des gens autour ou pas, et le fait d'être en public m'inciter à garder mon calme, etc. Mais en même temps, tout le monde aura toujours une réflexion à faire sur nos interventions (grands-parents, inconnus...), alors ce n'est pas pour les autres que j'agis ni à leur façon!
  16. Josée Bournival 7 mars 2017 à 08 h 42 min
    Bonjour Anna. Il est vrai que tout un chacun juge les autres parents. Ne le faisons-nous pas également à l'occasion? C'est humain, j'imagine. Commençons par avoir un peu d'indulgence envers nous-même et le reste suivra... Josée XXX
  17. Anna E 7 mars 2017 à 10 h 34 min
    Oui, j'imagine, à différents degrés. Je me souviens d'une maman qui me disait avoir vraiment jugé une autre mère par rapport au comportement de son enfant. Un jour, c'est elle qui s'est retrouvée dans la même situation; elle s'est alors dit qu'elle ne jugerait plus jamais les autres. Je trouve que c'est un beau défi à se donner.
  18. anne-marie 6 mars 2017 à 10 h 13 min
    Bonjour Josée, Pour répondre à votre question, oui, j'étais en congé pour la relâche. J'ai un horaire pour le moins ''atypique'', qui me permet toutefois de suivre la plupart du temps l'horaire scolaire (exception faite du long congé de noël et de celui de Pâques.) C'est une chance que je savoure pleinement. En espérant que vous eu avez la même chance, Bonne semaine.
  19. Josée Bournival 7 mars 2017 à 08 h 44 min
    Allo Anne-Marie. Effectivement, à titre de travailleur autonome, je module mon horaire comme bon me semble. J'ai travaillé un peu, mais vraiment le minimum possible, pour profiter de cette semaine de congé en famille. Ça a passé à la vitesse de l'éclair. Je crois que les enfants auraient pris quelques jours de plus à la maison. ;-) Josée XX
  20. Mounia 7 mars 2017 à 16 h 54 min
    Pour moi je n y vois pas de règle générale. Si en extérieur lors d une situation ou se conjugue fatigue stress horaires et échéances il est fort probable que je perde plus facilement mon calme. D un autre côté cest aussi deja arrive à la maison après une dire journée ou mes besoins primaires n'avaient pu être satisfaits. Alors qu' en d autres occasions le fait d etre dans un environnement familial va me permettre d être plus calme car d autres jouent ou prennent la relève. J ai l impression que ma réaction dépendra fortement de mon état ;-) c'est un vrai bonheur pas tous les jours facile ;-)
  21. Laure 6 avril 2017 à 08 h 44 min
    Bonjour Josée, Mon fils ainé à 4 ans, mes filles trois ans et 14 mois et j'attends un quatrième enfant. Quand je suis enceinte, je suis encore plus pleine de colère qu'à mon habitude et j'ai beaucoup de mal à me contrôler et à arrêter de crier seule à la maison avec mes enfants. Je me suis souvent fait la réflexion que j'aurais besoin d'un public à la maison. Quelqu'un qui soit là, tapit dans un coin à me regarder faire. Quand mon mari est à la maison, je lui ai demandé d'être mon garde-fou mais quand il n'est pas là, bizarrement je n'arrive pas aussi bien à contrôler mes colères et mes cris. Il m'arrive aussi de déraper en public et le regard des gens me ramène à la mère affreuse que je pense être au moins 5% du temps. D'ailleurs une dame m'a fait une remarque une fois et m'a insulté devant mes trois enfants alors que je disputais mon fils (pas très fort d'après moi par rapport à d'habitude). J'ai cru que la Terre s'arrêtait de tourner, ca a été affreux pour moi d'entendre ça. Quand je pense à tout ça, que je n'agis pas de la même façon quand on me regarde, je me dis que c'est encore pire. Ca veut dire que j'ai conscience de ce que je fais mais que je le fais quand-même. C'est dur d'être maman.
  22. Marie 7 avril 2017 à 08 h 18 min
    Bonjour Josée, j'ai un petit de 8 mois, et je me vois déjà réagir différent en public... Evidement il ne s'agit pas de discipline à son âge, mais de la façon dont je m'en occupe. J'essaie de corriger ça pour revenir à l'essentiel : qu'est-ce que je pense être le mieux pour mon fils. Je me demande si ce n'est pas un manque de confiance en soi, et qu'élever nos enfants fini de nous faire grandir nous même...! Marie