La clé de mon coeur

La clé de mon coeur
Par Geneviève Doray, Directrice, Naître et grandir
5 avril 2016
Devons-nous parler de coup de foudre entre un parent et son nouveau-né? Beaucoup le croient.

Devons-nous parler de coup de foudre entre un parent et son nouveau-né? Beaucoup le croient. Pour ma part, l’attachement envers ma fille n’a pas été instantané. Aujourd’hui, c’est l’amour fou entre nous deux, mais les premières semaines suivant mon accouchement ont été très difficiles émotionnellement pour moi.

Je m’étais attachée à ce bébé caché dans mon ventre et l’avoir tout à coup dans mes bras était étrange. C’est comme si je ne connaissais pas cette petite. Je me souviens encore de ses deux grosses billes bleues qui me fixaient avec attention…

Lorsque nous sommes rentrés chez nous, les visites se sont succédé. Comme j’avais peur d’être trop possessive, je permettais à tout le monde de la prendre. Résultat, je ne faisais que l’allaiter et la changer de couche. Je prenais bien soin d’elle, mais mes gestes étaient mécaniques. Une vraie maman-robot! Jusqu’au soir où j’ai avoué mes doutes à ma mère en éclatant en sanglots…

Le lien d’attachement se construit de jour en jour ; il n’est pas livré dans un paquet cadeau à la naissance du petit trésor!

Ma maman m’a rassurée et m’a aidée à prendre ma place avec ma fille. À partir de ce moment, j’ai commencé à la garder dans mes bras après l’avoir nourrie pour la regarder et la toucher. Il suffit de petits gestes pour que se construise l’attachement. Petit à petit, mon coeur s’ouvrait alors que nous apprenions à nous connaître. Je crois que c’est son premier sourire qui a été le déclencheur de notre histoire d’amour. Jamais un sourire ne m’a autant fait de bien que celui-là!

 

À ne pas manquer, notre dossier  L’attachement, c’est important!

Photo : iStock.com/Nadya Sabeva

Commentaires (22)

  1. Natacha 5 avril 2016 à 13 h 23 min
    Moi j'ai 2 enfants, à mon premier ça été le coup de foudre instantané! À mon 2e enfant pas du tout et ça pris quelques semaines pour l'attachement vienne. J'ai trouvé cela difficile à vivre émotionnellement et je vivais beaucoup de culpabilité face à mon 2e enfant, car contrairement au premier ça pas été rapidement. Aujourd'hui je les adores tout les 2 du fonds de mes trippes.
  2. Geneviève Doray 6 avril 2016 à 09 h 02 min
    C'est vrai que ça doit être encore plus déstabilisant quand ça arrive au 2e alors qu'au 1er ça été tout de suite. Merci de votre témoignage!
  3. pillowlawa 5 avril 2016 à 15 h 38 min
    Merci pour cet article ! Mon fils est né par césarienne en urgence et je n'arrivais pas à faire le lien entre ce qui était dans mon ventre et ce que je tenais dans les bras... des semaines de gestes robots avant de commencer doucement les vrais gestes, de massages, d'attention, de relation :) le temps d'apprendre à se connaitre et à construire une vraie histoire d'amour !
  4. Geneviève Doray 6 avril 2016 à 09 h 06 min
    Oui, vous n'êtes pas seule; je sais que c'est le sentiment de beaucoup de mamans ayant eu une césarienne!
  5. Josie 5 avril 2016 à 16 h 01 min
    J'ai désiré mes enfants (jumelles) plus que tout au monde. Ça été un long et difficile processus pour les avoir (in vitro, plusieurs essais, plusieurs années). Je m'étais fait à l'idée que je n'aurais sûrement pas d'enfant et je suis tombé enceinte. Ça été difficile à croire, même à 8 mois de grossesse! Quand elles sont venues au monde je pense que j'avais encore de la misère à croire que j'avais droit aussi à ce bonheur.... Je ne sentais pas non plus le lien d'amour inconditionnel quand j'y réfléchissais, la seule chose qui me faisait me rendre compte que je les aimais énormément c'était d'imaginer leur perte... Si il avait fallu que quelque chose leur arrive je n'aurais pas passé par dessus. Donc je savais que je les aimais... Le lien s'est fait au fil du temps... Maintenant je les aime tellement plus chaque jour, c'est malade, et je me dis que ça n'a pas finit de grandir non plus! C'est drôle mais des fois je me dis que c'est dur d'imaginer que les autres parents aiment leurs enfants autant que j'aime les miens... Parce qu'il me semble que j'ai les plus extraordinaires, les plus beaux et les plus fins!! Hihihi!!
  6. Geneviève Doray 6 avril 2016 à 09 h 22 min
    Nous avons une histoire similaire! Moi aussi, j'ai fait plusieurs années de traitement de fertilité avant de finalement devenir maman. Je me sentais doublement coupable de ne pas avoir de coup de foudre considérant que je l'avais tellement désirée... J'aime bien ce que vous dites "je pense que j'avais encore de la misère à croire que j'avais droit aussi à ce bonheur"; je ne l'avais pas réalisé à l'époque, mais je crois qu'il y avait de ça aussi. Merci de votre partage.
  7. Vanessa 7 avril 2016 à 15 h 36 min
    Je suis aussi passé par 4 ans de traitement de fertilité avant de tomber enceinte et je me sentais coupable de ne pas avoir le coup de foudre pour mon petit garçon... Il va avoir 3 mois et maintenant je l'aime comme une folle et je regrette de ne pas avoir su profiter de mon bonheur d'être enceinte de peur d'avoir encore de la tristesse. Merci beaucoup pour l'article cela aidera beaucoup de maman qui vivent la chose, mais qui n'osent pas en parler de peur de se faire juger!
  8. Geneviève Doray 8 avril 2016 à 10 h 29 min
    Les traitements de fertilité sont quelque chose qu'il faut avoir vécu je crois pour comprendre... À force de vivre des déceptions ou des fausse-couches, on développe une carapace. Pas étonnant, qu'il soit alors plus difficile de profiter de la grossesse. En tout cas que vous en ayez profité ou pas, reste que je suis certaine que vous êtes une super maman. Et profitez-bien maintenant bien de votre petit garçon, ces moments-là aussi passent très vite ;-)
  9. Marie-Claude 5 avril 2016 à 19 h 18 min
    Ayant eu mes 3 enfants prématurément, ils ont tous été hospitalisés plusieurs semaines à leur naissance. Pas évident de créer un attachement avec ton enfant entourée des yeux des infirmières, des autres parents, des médecins. Pas évident de serrer ton enfant dans tes bras quand il est plein de fils. Pas facile de créer un lien avec lui quand tu te fais faire les gros yeux en le sortant de son lit... j'avais oublié les fils ce matin-là. Paniquant de devoir demander la permission de prendre ton bébé qui est si petit (moins de 4 lbs pour le plus petit) et si fragile. Tu voudrais l'avoir près de toi tout le temps mais (pour les 2 plus jeunes) les autres enfants attendent maman à la maison. Bref... Moi aussi je me suis sentie coupable, pour le premier ce fut instantané mais plus difficile de m'attacher aux 2 autres. Aujourd'hui, ils ont 6-4 et 1 an et je les aime tous autant. Et je suis solidement attachée à eux.
  10. Geneviève Doray 6 avril 2016 à 09 h 34 min
    C'est un beau message d'espoir que vous nous donnez là Marie-Claude! Vous avez raison; il y a des situations comme la maladie ou la prématurité qui complique la formation du lien d’attachement. Vous étiez en plus tiraillée par les besoins des deux autres à la maison. Merci de nous avoir raconté votre histoire. Je suis certaine que ça réconfortera d'autres parents vivant la même chose de voir que tout va bien maintenant pour vous.
  11. Nespoulous 6 avril 2016 à 00 h 20 min
    Moi au contraire ca a été instantané pour mes deux filles Et pour mon petit fils ( ma fille étant malade savait qu' elle me le confiait, je lui ai coupé le cordon et on l' pose sur le ventre de ma fille et la tois les trois on etait déjà dans notre bulle que de bonheur , ma fille est en fin de vie et le plus beau cadeau qu' elle ne m' aie jamais fait c' est ce petit être son fils que j' élevé avec amour ... On saura demain si on peut enfin tenter une greffe qui pourrait lui sauver la vie j'aime ma fille , mes deux filles au delà de tout et voir souffrir celle qui attend la greffe est impensable c' est son fils Aloys qui me donne la force de tenir c' est un bébé plein de vie qui a besoin de nous tous ! t
  12. Geneviève Doray 6 avril 2016 à 09 h 37 min
    Ouf, j'ai eu les larmes aux yeux en vous lisant. Mes pensées vous accompagnent et je souhaite de tout mon coeur que votre fille soit candidate à une greffe. Aloys est bien chanceux d'avoir une maman et une grand-maman aussi formidable!
  13. NESPOULOUS 6 avril 2016 à 11 h 55 min
    Merci de votre soutien Les heures en salle d'attente sont si longues Et demain sera un jour qui va nous paraitre si long Je suis de conviction plutôt anticléricale , Laïque Mais du fond de moi j'ai eu besoi de prier et d'aller à l'église aujourd'hui de rencontrer un pasteur
  14. Sabrine 6 avril 2016 à 10 h 53 min
    J'ai accouché par césarienne en urgence après 12h de travail, j'ai été déçue, et j'ai eu la malheureuse pensée que j'ai raté mon accouchement. Les 6 première semaines était très dures, je n'ai pas pu accepter ma fille, je ne savais pas comment la calmer, l'allaitement était douloureux et cerise sur le gâteau: mon mari était follement amoureux de cette petite créature dès le premier jour alors que je l'étais pas... je faisais semblant de l'aimer et d'être heureuse de l'avoir, j'avais honte qu'on découvre mon malheur. Et un jour elle m'a envoyé son premier sourire, à moi, rien que pour moi, et hop le déclic. j'ai fondu en larmes, je me sentais coupable d'être aussi égoïste affectueusement. Tout a changé depuis. Maintenant elle a 9 mois et elle est toute ma vie, je l'aime énormément.
  15. Geneviève Doray 6 avril 2016 à 13 h 48 min
    Toutes les deux, c'est le premier sourire qui a été le déclic! Et après, c'est fou... l'amour fou!
  16. Marie-Claude 6 avril 2016 à 20 h 28 min
    Mon dieu merci! Ma fille(premier bébé) a maintenant 4 ans et personne dans mon entourage n'avait vécu la situation que vous décrivez: ma situation également. Je dois avouer que je me suis sentie longtemps coupable mais maintenant notre relation va bien (malgré l'arrivée du deuxième avec qui par ailleurs le coup de foudre a été instantané!) Ca m'a pris du temps à dire aux gens que je n'avais pas eu l'impression d'aimer ma fille a l'instant où je l'ai vu. D'avoir eu l'impression d'être un outil à sa survie plus qu'une mère pendant les premières semaines. Mais comme vous disiez, l'attachement se crée petit à petit et aujourd'hui c'est l'amour de ma vie. Merci de lever le voile sur ce tabou.
  17. Geneviève Doray 8 avril 2016 à 10 h 08 min
    Bonjour, Marie-Claude! Je suis tellement contente que mes mots vous aient rejoint. Nous sommes plusieurs à avoir vécu ces sentiments-là et vous avez raison, il faut en parler pour qu'on sache que ça arrive et que ça n'empêche pas d'aimer à l'infini par la suite.
  18. Isabelle 6 avril 2016 à 21 h 03 min
    J'ai eu une césarienne d'urgence, suivie d'une dépression post-partum avec peu, voire pas, d'attachememt. Et moi aussi, le premier sourire, c'est le moment où j'ai senti l'attachement pour la première fois.
  19. Geneviève Doray 8 avril 2016 à 10 h 31 min
    Je ne sais pas pour vous, mais moi, son premier éclat de rire m'a aussi complètement chamboulée... J'avais l'impression de toucher le bonheur!
  20. Genevieve D 7 avril 2016 à 06 h 23 min
    Je ne sais pas à quel moment le lien d'attachement s'est créé avec ma fille. Je dirais que ça a pris au moins 6 semaines. Je me sentais comme sa gardienne. Comme si j'attendais que sa mère vienne la chercher. L'allaitement et le portage ont beaucoup aidé à créer ce lien tant espéré. Que de culpabilité! Encore aujourd'hui, 12 ans plus tard, j'ai de la difficilté à l'avouer. J'ai encore peur que ma fille sente qu'avec elle ça a été différent d'avec son frère et sa sœur plus jeunes. Est-ce que la césarienne est en cause? Je ne sais pas, mais je constate que c'est le cas de plusieurs femmes ayant témoigné ici. J'aimerais bien lire des recherches sur le sujet.
  21. Geneviève Doray 8 avril 2016 à 10 h 19 min
    Votre commentaire me touche beaucoup et surtout de voir que vous ressentez encore de la culpabilité 12 ans plus tard! Je peux vous dire qu'il est effectivement établi qu'étant donné que la césarienne retarde souvent le premier contact entre la mère et son bébé, cela peut parfois retarder ou affecter le lien d’attachement. Avez-vous déjà envisagé d'en parler avec votre grande?
  22. Annie 8 avril 2016 à 20 h 59 min
    Tellement tellement vrai! Merci pour ce texte! J'ai aussi eu mon petit garçon par césarienne et, en plus de ne pas l'avoir dans les bras avant 3 ou 4 heures de vie, une chirurgie ça veut aussi dire qu'on ne se lève pas pendant presque 24h, donc c'est quelqu'un d'autre qui change ses couches, son pyjama, qui le berce... Bien que plusieurs s'exclamaient combien il me ressemblait, j'ai eu pendant des semaines l'impression que j'avais un "bébé prêté", j'en prenais soin avec amour mais je ne ressentais aucun sentiment de permanence. J'en ai finalement parlé à mon conjoint et à une amie proche, qui ont été extraordinairement compréhensifs et aidants!

Partager