Le jour où mon gars a failli mourir dans mes bras

Le jour où mon gars a failli mourir dans mes bras
14 juillet 2015
C’était il y a quelques jours. Un matin comme tous les autres. Enfin, non.

Exceptionnellement, mon plus jeune ne nous avait pas sortis du lit comme il le fait tous les jours vers 5 h 30-6 h en courant dans sa chambre et en nous appelant. Les garçons s’étaient couchés un peu plus tard la veille. Donc, une belle récompense pour nous, les parents.

 Fallait en profiter! La journée de la fête des pères de surcroît!

Puis, à 7 h 30, ma conjointe et moi commençons à nous inquiéter. Le genre d’« instinct de parents » qui nous murmure que quelque chose d’étrange se trame…

Nous allons ouvrir la porte du petit. Il est là, blotti contre celle-ci, au sol. La porte est entrouverte. Je passe ma main pour tenter de le réveiller de quelques caresses, mais rien.

Je pousse la porte. Je pousse mon fils avec la porte. Je le traîne sur le plancher. Je le prends dans mes bras. Il est mou, mais il respire. Très lentement.

Il est moche. Il ne réagit pas. Il n’a que 2 ½ ans, mais j’ai l’impression qu’il pèse une tonne.

J’ai le même sentiment que si j’avais une ancre de bateau dans les mains et qu’elle me tirait vers le sol, qu’elle m’arrachait le dos. À cet instant précis, j’ai peur qu’il coule.

Et si ça arrivait, comment réussirais-je à ne pas couler avec lui? Je capote, par en dedans.

Mon cœur bat à tout rompre. Non, ça ne va pas se terminer comme ça, dans mes bras? Ça ne fait pas de sens, voyons!

Ma conjointe appelle le 9-1-1.

Nous tentons de le garder éveillé, mais ses yeux se referment. Il semble épuisé, crevé.

L’ambulance tarde à arriver : 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes.

Merde! C’est interminable!

Heureusement, les ambulanciers ont découvert rapidement le problème une fois dans l’ambulance.

Mon garçon faisait une importante hypoglycémie (1,9 pour les connaisseurs) et il a pu commencer à recevoir le sucre nécessaire pour remonter peu à peu la pente et éviter le coma.

Ou pire.

C’était une question de combien de temps? Quelle était notre marge de manœuvre pour ouvrir sa porte sans que les conséquences soient irréversibles? Et si nous nous étions levés 15 minutes plus tard, que serait-il arrivé?

Toutes des questions que j’essaie de me sortir de la tête.

Nous avions déjà failli le perdre lorsqu’il était âgé de 7 mois, mais je ne croyais pas avoir à revivre cette crainte indescriptible une fois de plus dans ma vie.

***

Notre enfant a plusieurs problèmes de santé et nous avons appris ce jour-là que le sevrage de l’un de ses médicaments était la cause de ses chutes de glycémie.

C’était totalement inattendu pour nous, mais maintenant, les piqûres sur le bout des doigts font partie de notre quotidien.

Bien amicalement, je vous le dis : ces petites vies sont tellement fragiles.

Dites à vos enfants que vous les aimez. Dites-leur souvent. Dites-leur tout le temps. Assez pour qu’ils soient tannés de vous entendre.

Et appréciez. Surtout, appréciez chaque moment. Chaque sourire. Chaque éclat de rire.

Parce que rien n’est jamais acquis.

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Éli-Noam était « l’Enfant Soleil » du Lac-Saint-Jean lors du dernier Téléthon Opération Enfant Soleil : https://youtu.be/shmW3dO7zzY

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Jean-François Quessy
Je suis un père passionné, mais aussi un grand amoureux qui aborde sa vie avec humour.
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Commentaires (16)

  1. Slim 14 juillet 2015 à 10 h 40 min
    Que Dieu le tout puissant vous protège vous et vos enfants de tout malheur . Que Dieu le préserve comme il l'a fait jusqu'a maintenant Et Surtout que Dieu puisse donner la vie à nos enfants pourqu'ils nous enterrent et non pas le contraire . Amin
  2. Nathalie 14 juillet 2015 à 11 h 57 min
    L'instinct des parents est souvent le salut des enfants. Je vous souhaite toute la protection du monde pour les années à venir....et je me la souhaite en même temps, bien égoïstement. Je sais fondamentalement ce que risquer de perdre un enfant à quelques secondes d'une mort certaine veut dire. Il faut par la suite apprendre à refaire confiance à la vie. Et dire je t,aime et merci, merci tous les jours.
  3. isabelle 14 juillet 2015 à 12 h 15 min
    Oh lala...je me sens toute à l'envers juste à te lire. Quand ma fille a fait sa "première nuit" (lire ici dormir 6h d'affilée) à 3 semaines. On s'est réveillés tous les 2, paniqués et on s'est regardé genre: elle a peut-être arrêté de respirer en dormant...Mais non, elle dormait paisiblement dans son couffin. Par contre, il y a quelques semaines, j'ai perdu ma fille au zoo. Elle courait après un lapin avec ses amis tout près de nous. Les amis sont tous revenus à l'aire de piknic, c'était un peu le chaos et ça nous a pris une petite minute à se rendre compte qu'elle manquait à l'appel. Et la, on commence à chercher, calmement, en se disant qu'elle n'est pas loin. On cherche, on cherche, on ne trouve pas, on crie pour l'appeller...Il s'est bien écoulé 5 minutes depuis qu'on l'a vue. Et la je commence à réellement paniquer: et si elle était tombée dans le lac? Et si elle s'et fait kidnappée et je ne la revois plus jamais? Je souhaite juste la retrouver, la, maintenant. Je suis en train de vivre les 10 pires minutes de ma vie et je me dis juste: cr**** j'ai perdu ma fille. Moi la mère qui est loin d'être négligente, elle la petite fille sage et un peu craintive qui respecte les consigne et ne s'éloigne jamais. Au final, la sécurité l'a retrouvée 10 minutes plus tard. Elle a couru après le lapin et me dit qu'ensuite elle s'est perdu et ne nous trouvait plus. Elle a continué à marcher dans ce qu'elle croyait être la bonne direction. Mais maudit que j'ai eu peur. J'ai tellement capoté...PLUS JAMAIS sérieux, PLUS JAMAIS
  4. Jean-François Quessy 21 juillet 2015 à 10 h 18 min
    Je vous comprends tellement! C'est exactement le même commentaire que j'ai écrit à Joann un peu plus haut: Même en étant des parent très vigilants, il suffit parfois seulement de 2 secondes d'inattention pour qu'ils nous filent entre les doigts. J'ai aussi toujours cette peur que mon enfant se retrouve hors de ma vue et que j'aie le coeur sur le point d'exploser.
  5. joann 14 juillet 2015 à 12 h 28 min
    moi aussi mon instinct a évité un drame...ma cour est clôturée,donc par un beau matin,je laisse sortir mes 2 fils de 2 et 3 ans...je me dit je vais aller mettre une brassé à laver vite faite avant de sortir les rejoindre...mais comme je m.apprêtait à descendre au sous-sol,ya qq chose qui m'as comme dit;est tu certaine que la porte du jardin est bien enclenchée...jais aussitôt accourue dans ma cours arrière,ne voyant pas mon plus jeune,je demande à mon plus vieux;où est ton frère?j'appercois la porte du jardin ouverte donnant sur la rue...et mon fils qui se dirige dans la rue en courant!Des fois je me demande...si j'avais ignorée cette voix...ouff!
  6. Jean-François Quessy 21 juillet 2015 à 10 h 15 min
    Toujours terrorisant de perdre son enfant de vue, même lorsque c'est seulement pour quelques secondes! Dehors, dans un magasin, etc. On déteste toujours. Même en étant des parents très vigilants, il suffit parfois de 2 secondes pour que l'on se retourne et que notre coeur commence à battre à tout rompre parce que notre petit n'est pas exactement à l'endroit où il était 2 secondes plus tôt!
  7. Stéphanie 14 juillet 2015 à 16 h 08 min
    L'instinct de parent est sans faille. Alors que mon bébé n'avait que 5 jours je sentais que quelque chose n'allait pas. Je trouvais que sa respiration étais plutôt rapide et ce depuis sa naissance. On me dit à l'hôpital que ce n'est qu'un petit souffle au coeur, rien d'inquiétant. Rendu à la maison, à sa 5ième journée de vie j'étais inquiète. On a un suivi au CLSC et l'infirmière n'en parle point. Je lui passe la remarque que je ne dors pas la nuit pour le regarder respirer. Elle compte ses respirations/minute. Puis une 2ième infirmière arrive, puis une 3ième. Puis on est attendu à l'hôpital … quelques heures plus tard, transféré à Ste-Justine. Mon garçon avait une malformation cardiaque. On nous a dit qu'avoir attendu 2 jours de plus nous l'aurions trouver mort!!! Je peux vous dire que la route pour Ste-Justine à été longue et pénible. TOUT te traverse l'esprit … Dont celle de le perdre. Je ne souhaite à personne ce sentiment qui nous rend si impuissant.
  8. Jean-François Quessy 21 juillet 2015 à 10 h 12 min
    Félicitations pour cet instinct! J'espère que tout va pour le mieux aujourd'hui. Et oui, ces longues routes nous semblent parfois interminables (Ici, c'est la navette entre le Lac St-Jean et Ste-Justine), mais peuvent faire toute la différence!
  9. Marie 14 juillet 2015 à 23 h 01 min
    Je dis toujours à mon fils de 5 ans: -tu sais quoi mon coco? -Oui je sais maman, tu m'aimes! -oui je t'aime !!! C'est jamais assez!!! Merci pour ce témoignage!
  10. Jean-François Quessy 21 juillet 2015 à 10 h 10 min
    On ne leur dit jamais trop, effectivement!
  11. Isabelle Bergeron 15 juillet 2015 à 11 h 07 min
    J'en ai les larmes aux yeux, juste à imaginer ce que tu as pu vivre et éprouver... Précieuses en effet ces petites vies si chères à nos coeurs. Leur dire oui, mais leur démontrer aussi. Moi, c'est de mes bisous et mes câlins dont mes enfants sont pu capables! ;)
  12. maéva 15 juillet 2015 à 13 h 18 min
    moi g 16 ans et mon petit frère est ahsmatique
  13. KatMarieChant 18 juillet 2015 à 15 h 37 min
    Ça ne doit pas être toujours évident pour toi Maéva. J'espère que que l'état de ton petit frère ira en s'améliorant! :)
  14. Geneviève 15 juillet 2015 à 20 h 04 min
    Je comprends ce que vous avez vécu...j'ai failli aussi perdre mon fils dans mes bras suite à un choc anaphylactique à l'âge de un an...pour ma part ça a laissé des traces pendant quelques années...
  15. Tamaiti 21 juillet 2015 à 05 h 41 min
    A plusieurs reprises j'ai eu "des petites peurs" qui pour nous durent des heures, mais que pour les autres durent quelques minutes seulement... Mais tous les soirs, après l'histoire et la chanson, je dis à mon petit qui aujourd'hui a trois ans: "Chéri, merci de m'avoir choisi comme ta maman. Je t'aime et suis heureuse avec toi. Malgré les enguelades et les bagarres, je t'aime avec tout mon Coeur"...son sourire, son regard, quand il m'entend...c'est mon cadeau à moi.
  16. Annick 21 juillet 2015 à 13 h 45 min
    Wow, c'est vraiment effrayant ce qui vous est arrivé, j'avais quasiment des palpitations en lisant votre récit. Je ne sais pas du tout comment j'aurais réagit si ça m'était arrivé! J'ai un petit garçon du même âge que vous qui est déjà passé au travers de beaucoup de choses et ça me laisse comme une crainte perpétuelle dans le coeur et dans la tête. Je me demande comment seront toutes ces années qui nous attendent, comme si j'attendais le moment où je pourrai vraiment dormir tranquille et arriver à vivre normalement même si je l'ai pas dans mon champ de vision... la garderie, l'école... et un un jour il sera grand mais sera t-il pour autant à l'abri? il semble qu'être parent signifie aussi être perpétuellement dans l'inquiétude pour cet être que nous avons créé.

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