Avoir des enfants nous rend-il plus heureux?

Avoir des enfants nous rend-il plus heureux?
Par Julie Fortier, Responsable éditoriale, Naître et grandir
17 décembre 2014

Dans quelques jours, les vœux de bonheur se répandront dans nos maisons. Ce sera aussi l’heure des bilans et des réflexions. «Suis-je vraiment heureux?», se demanderont plusieurs. Certains parents se poseront peut-être même la question: «J’ai de beaux enfants, comment se fait-il que je ne sois pas plus heureux?»

Nous entretenons plusieurs idées fausses sur le bonheur et croire que devenir parent rend automatiquement heureux est l’une d’elles, constate Sonja Lyubomirsky dans son livre Qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux? Depuis plusieurs années, cette spécialiste américaine en psychologie positive décortique dans ses recherches les croyances sur le bonheur.

Après avoir rêvé de fonder une famille, des parents réalisent qu’ils n’aiment pas autant qu’ils l’auraient cru jouer ce rôle de mère ou de père qu’ils idéalisaient depuis longtemps. Cette impression, bien que taboue, est beaucoup plus répandue qu’on le croit, soutient la chercheuse en psychologie.

« De toute évidence, si élever vos enfants vous rend souvent nerveux, irritable, las ou inquiet, vous n’êtes pas le seul dans ce cas. Vous n’êtes pas le seul dont l’univers rétrécit après la naissance des enfants (...). J’espère que le fait de savoir que bien d’autres parents partagent nos souffrances de temps à autre nous aidera à nous sentir moins exclus et soulagera un peu notre culpabilité. »


Attention toutefois, «aimer ses enfants, ce n’est pas la même chose qu’aimer être parent», met en garde l’auteure. Même pour les parents moins heureux, les événements marquants de la vie de leur enfant (la naissance, les premiers mots, les premiers pas, etc.) procureront des moments de joie intense. Cependant, les pépins du quotidien viennent souvent jeter de l’ombre sur ces instants mémorables.

Étonnamment, les petits tracas de la vie familiale influenceraient davantage notre bien-être que les gros problèmes (p. ex. : avoir un enfant aux prises avec une maladie chronique). Pourquoi? Face aux drames, nous affronterions notre problème en cherchant des solutions, en sollicitant du réconfort auprès des autres, en nous informant sur le sujet ou en donnant un sens à l’événement, nous explique l’auteure.

À l’inverse, en réaction aux soucis du quotidien, nous ferions peu d’effort. Nous ne chercherons pas, par exemple, à confier notre inquiétude au sujet de notre enfant de 3 ans qui pique des crises de colère à répétition de peur d’ennuyer notre copine ou de la voir minimiser notre problème. L’auteure nous invite toutefois à ne pas négliger «la colonne des petits soucis». Porter attention à ces tracas et tenter de les régler pourraient même aider à être plus heureux et à mieux affronter les jours suivants.

Je serai heureux quand…

Sonja Lyubomirsky croit que le plus important est de déboulonner ces fausses croyances sur le bonheur (je serai heureux quand j’aurai trouvé le travail idéal, quand j’aurai un amoureux, quand j’aurai une belle maison et des enfants...) qui sont erronés et qui, surtout, peuvent nuire à notre santé mentale.

Elle nous invite plutôt à voir les moments marquants de notre existence comme des « passages normaux de la vie » qui peuvent favoriser l’épanouissement. « Faire voler en éclats les mythes du bonheur signifie qu’il n’y a pas de formule magique pour être heureux et aucune voie certaine vers le malheur; rien dans la vie n’est autant source de joie ou de misère que nous le croyons. Cette prise de conscience peut nous libérer, nous rendre plus forts et élargir nos horizons », conclut-elle.

Référence
Lyubomirsky, Sonja, Qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux, Éditions des Arènes, 2014.

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Commentaires (1)

  1. Caroline Custeau 17 décembre 2014 à 13 h 59 min
    J'aime bien la fin de l'article. Il colle à cette phrase, de Margaret Lee Runbeck, que j'aime bien relire une fois de temps en temps : «Le bonheur n'est pas une destination, mais une façon de voyager.»

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