À ces enfants mis de côté par la famille

À ces enfants mis de côté par la famille
28 novembre 2014

J’ai récemment échangé avec beaucoup de parents sur ma page Facebook au sujet des enfants qui, en raison de leur maladie, de leur comportement ou simplement de leur personnalité semblent être moins appréciés de leur famille élargie.

Merci de vous être ouverts, même si c’était parfois douloureux. Ce texte a été écrit en pensant à vous.



Je sais que tu as certaines particularités que tous les petits n’ont pas.

Tu détonnes un peu du lot lorsque nous quittons les murs de la maison pour nous retrouver avec le reste de la famille. Je le vois bien. Que ce soit parce que tu as des besoins particuliers, parce que tu déplaces de l’air, parce que tu as des problèmes de santé, parce que tu es un peu plus réservé ou moins affectueux que les autres.

Oui, je le vois. Je le sais. Je le sens.

Le regard des autres, leurs agissements à ton endroit, cette façon, parfois subtile, hypocrite, mais d’autres fois tellement flagrante et volontaire de te faire sentir comme un être à part.

Moi, tes différences, je réussis à les apprécier, même si ce n’est pas toujours évident. Peut-être parce que je suis ton parent et que je n’ai pas vraiment le choix, alors qu’eux, ils ont la possibilité de ne pas faire ce petit effort supplémentaire qui ne serait pourtant, à mes yeux, que la moindre des choses.

Si je le fais au quotidien, pourquoi sont-ils incapables de se forcer de temps en temps? Ils nous aiment après tout, c’est ce qu’ils disent...

Je fais tout pour être équitable avec toi, avec tes frères et soeurs. Il m’est essentiel d’être juste et vous êtes tous aussi importants les uns que les autres dans ma vie. Les enfants peuvent difficilement être égaux parce qu’ils ne sont pas tous pareils. On peut les aimer différemment, pour diverses raisons, mais aucun d’eux mérite d’être traité inéquitablement.

Quand nous sortons de notre cocon et que j’entends ton grand-père te dire: «Toi, j’te garderais pas! Ta soeur, oui, mais toi... Ouf!» ou, quand tante Ginette te répète: «Tu vas briser quoi aujourd’hui? T’es pas capable d’être juste tranquille comme ton frère sans rien faire de mal?», mon coeur vole en mille morceaux.

Parce que quand ils t’attaquent, quand ils avouent que tu es un poids pour eux, quand ils s’en tiennent à tes défauts en ignorant tes tonnes de qualités, c’est moi qu’ils rejettent. C’est moi qui souffre, pour toi. Leurs paroles et leurs gestes me blessent. Et d’imaginer l’effet que ça peut avoir sur toi vient me heurter encore plus profondément, vient me torturer.

Comme tous les parents, j’ai ce besoin viscéral de sentir que les gens t’aiment et t’apprécient, pour ce que tu es.

Pourquoi n’est-ce pas toujours le cas? Rappelle-toi que tu mérites ta place. Qu’elle est à toi. Prends-la.

Inonde-la de tes bons côtés, de tes qualités, de tes ambitions, de ta curiosité, de ta soif de vivre et de ton sourire.

Crois en toi comme je crois en toi. Et un jour, tu seras tellement fier!

Parce que même si certains ne l’ont pas encore saisi, la beauté de la vie réside en ses petites différences.

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Jean-François Quessy
Je suis un père passionné, mais aussi un grand amoureux qui aborde sa vie avec humour.
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Commentaires (20)

  1. Emilie 28 novembre 2014 à 13 h 59 min
    Merci pour ce texte magnifique qui m'émeut aux larmes. Mère d'un petit garcon de 5 ans sans probleme de santé particulier mais qui a sa personnalité juste à lui, souvent j'entends la famille passer ce genre de commentaire qui me fait un poing au coeur. Je sais que mon garcon ne "fit" pas dans le moule établi d'un enfant qui a toujours le bon mot, la bonne attitude et le caractère parfait.
    C'est justement piurquoi je sais qu'il ira tres loin dans la vie et qu'il impressionnera. On a tout a apprendre des enfants qui se caracterise tres jeune et qui ne tienne pas compte de l'opinion des autres car au finale, ces commentaires nous heurtes davantages que les enfants directement.
    Merci pour vos mots justes et sensibles. C'est bon de savoir que nous ne sommes pas seules!
    Felicitation pour votre texte!
  2. Jean-François Quessy 28 novembre 2014 à 14 h 14 min
    Merci beaucoup Émilie! Je suis heureux de voir que vous vous êtes reconnue dans ce texte et que les mots utilisés ont fait du sens pour vous. Je suis convaincu que vous avez un petit garçon extra. Continuez de l'aimer, de l'apprécier et de lui démontrer à quel point il a de grandes forces et qualités. Bonne vie à votre famille et merci de lire l'équipe de Naître et Grandir! :)
  3. Valérie 28 novembre 2014 à 14 h 22 min
    Je comprends mal comment quelqu'un peut dire de telles choses à un enfant sans penser à l'effet que ça peut avoir sur lui. On est donc ben nombrilistes...
  4. Jean-François Quessy 28 novembre 2014 à 14 h 26 min
    Je ne pensais pas qu'autant de familles vivaient cela non plus, malheureusement.
  5. Emilie 28 novembre 2014 à 14 h 32 min
    Oui ca heurte extremement les enfants mais j'irais à dire que souvent la famille se permet de dire ces remarques aux parents directement ce qui remet egalement en question la facon dont le parent eleve son enfant. Ca devient tres poignant pour le parent. Et si les paroles sont dites a l'enfant, effectivement, il y aura un impact et il faut s'assurer que notre petit bout de choux continuera d'etre lui meme et lui demontrerque peu importe, l'important c'est que nous sommes fier de lui/elle et que nous l'aimons beaucoup
  6. solbn 29 novembre 2014 à 03 h 04 min
    Bravo et merci. Très joli texte qui dit bien simplement ce qu'on peut ressentir avec un enfant différent (quelle que soit sa différence). Je suis maman d'un p'tit gars de 8 ans grand et costaud pour son âge qui est aussi autiste et je n'ai plus de contacts "directs" avec ma famille élargie. Mais je peux témoigner que même à distance, ils arrivent à avoir des réflexions qui vrillent le cœur. Je ne regrette donc pas cet éloignement, c'est un peu dur parfois parce qu'on se sent isolés dans les moments de cafard mais au final, on en sort grandis. Merci à vous en tout cas ;)
  7. Jean-François Quessy 1 décembre 2014 à 11 h 29 min
    Merci pour votre commentaire. Effectivement, c'est un peu dommage et difficile d'en venir à devoir faire de tels choix, mais l'important est de bien peser le pour et le contre et d'assumer nos décisions, comme vous le faites si bien. Merci pour vos bons mots, je suis heureux de constater que vous vous êtes sentie interpelée par mon texte. Bonne vie à vous et à votre costaud! :)
  8. Danielle 29 novembre 2014 à 08 h 04 min
    Ce touchant billet ramène la mère de quatre enfants quelques 30 ans en arrière alors qu'un de nos fils était cet enfant. Notre coeur s'est serré à plusieurs reprises à cause des commentaires assassins, ces mots qui tuent une parcelle de spontanéité, de joie ou de créativité...tel un virus, ces paroles s'imprègnent et continues de blesser même au retour à la maison. C'est là que l'amour inconditionnel des parents reprend du service pour panser ces écorchures et aider notre enfant à reprendre son envol. Mais quand quand ce sont les profs du secondaire qui agissent ainsi et démolissent notre travail de parents, on ne sait pas comment va réagir notre jeune adulte.

    Encore là, l'amour inconditionnel, et la confiance en lui que NOUS lui prouvons à chaque instant sont le bouclier pour se protéger des attaques.

    L'amour rend tout possible ... Merci pour ton billet!
  9. Jean-François Quessy 1 décembre 2014 à 11 h 33 min
    Merci à vous, Danielle, pour ce commentaire. Beaucoup d'amour et d'espoir se dégagent de vos mots. L'amour d'un parent est très fort et vous en êtes une belle preuve.
  10. Susy 29 novembre 2014 à 08 h 53 min
    Très beau texte. Au final ce que je retiens c'est que le plus beau cadeau que l'on puisse faire à un enfant, c'est de lui donner les outils pour faire face à la vie. Tu décris ces outils par l'amour, et l'estime de soi et ce sont les clés pour affronter les aléas de la vie!!! La confiance en soi c'est pas évident à forger, c'est l'histoire d'une vie!!! Ici on parle de la famille, c'est vrai!!! Il y a la famille proche, ensuite la famille élargie pour ériger les bases, le solage de cet estime. Les parents peuvent encore bien gérer les apprentissages, les valeurs qu'ils veulent transmettre. Ensuite le monde s'ouvre encore davantage à lui: Le CPE, l'école primaire, l'école secondaire, les amis, le travail tous des endroits où nous sommes confrontés dans nos différences, jeunes comme adultes!!! D'où l'importance d'outiller les enfants!!! Et on ne sensibilisera jamais assez l'entourage quel qu'il soit à tolérer la différence... C'est ça la beauté du monde!!! Merci de nous permettre cette réflexion. Nous avons tous un rôle à jouer dans la vie de nos enfants, petits-enfants!!!
  11. Jean-François Quessy 1 décembre 2014 à 11 h 42 min
    Merci Susy! Ton commentaire me fait penser à l'expression « il faut tout un village pour élever un enfant ». Celle-ci est peut-être un peu moins vraie de nos jours, au sens propre, mais il est tout à fait juste de dire que nous nous forgeons en étant fortement inspirés de notre famille immédiate, élargie, de notre service de garde, d'un enseignant qui sera marquant, d'un collège de travail qui nous dira une phrase qui restera gravée dans notre mémoire pour toujours, etc. Nous serons influencés par une multitude de personnes, de par leurs valeurs, leurs agissements, leurs commentaires, etc. Comme tu l'écris si bien, acquérir la confiance en soi, c'est l'histoire d'une vie! Et toutes ces personnes qui gravitent autour de nous contribueront à bâtir ou à fragiliser cette confiance. Évidemment, cela commence à la petite enfance. Merci!
  12. Julie 29 novembre 2014 à 10 h 46 min
    Il n'y a pas que les enfants différents qui se font critiquer. Ma belle-mère est très méchante. Ma fille est un ange mais pour elle, elle est le démon en personne. Ma fille est timide, elle ne parle pas beaucoup, elle n'est pas tannante, n'est pas hyperactive. Pourtant, ces critiques vont de : elle ne mange pas assez, elle se couche trop tard, elle a mis ses mains dans mes vitres, elle a échappé des miettes de bouffe par terre, elle pleure pour rien tout le temps... Ma fille n'est une enfant alors entendre ses critiques à longueur de journée ca vient me chercher au plus haut point. Mon conjoint adore trop sa maman pour dire quoi que ce soit alors il se met à critiquer sa fille également dans ce temps là...
  13. Jean-François Quessy 1 décembre 2014 à 11 h 44 min
    Vous avez raison, Julie. Des tas de raisons peuvent devenir des prétextes pour mettre un enfant un peu plus à l'écart. C'est pourquoi j'ai tenté d'écrire un texte qui rejoindrait le plus de réalités possible. Je crois qu'il faut tenter d'exprimer nos malaises pour réussir à changer les choses et que tout peut se dire, lorsque c'est bien dit. Merci pour votre commentaire et bonne chance pour la suite des choses.
  14. john 29 novembre 2014 à 11 h 29 min
    Ce que tu as écris c'est exactement tout ce qu'on m'a dit ou fait ressentir.

    Et oui c'est horrible. Mes parents sont décédés et la dpj m'a prit en charge car personne ne voulait de moi dans la famille.
    Vive le tdah. :(
  15. Jean-François Quessy 1 décembre 2014 à 11 h 46 min
    Merci John pour votre commentaire. J'espère que les choses se sont replacées pour vous aujourd'hui et que vous avez eu la chance d'être entourés de gens qui vous ont apprécié et aimé comme vous le méritez. Merci de lire l'équipe de Naître et Grandir!
  16. clarys 30 novembre 2014 à 15 h 43 min
    Je l'ai vécu étant petite avec mes proches, qui, je pense, ne rendaient pas compte... Ma fille, avec ses différences qu'elle partage avec moi... Continue de le vivre. Je lui apprend à ne pas tenir compte de ce qui la blesse mais d'avancer avec ce qui la construit. Merci pour vos lignes
  17. Jean-François Quessy 1 décembre 2014 à 11 h 49 min
    Merci pour votre commentaire Clarys. Votre fille est chanceuse d'avoir une maman aimante, consciente des difficultés, et qui veille à l'aider à bien grandir. Au plaisir et merci de nous lire!
  18. Lise 2 décembre 2014 à 10 h 42 min
    Félicitation pour votre beau texte. Vous me ramenez près de trente ans en arrière. Les commentaires subtiles de la famille, les critiques de l'école parce que mon fils était différent, qu'il dérangeait avec son déficit d'attention et son hyper-activité. Le jugement aussi parce qu'on avait choisi de lui faire prendre du Ritalin, les jours de classe, pour qu'il puisse réussir à être ''un peu plus comme les autres''. Toutes les injustices et les critiques qu'il a du subir tout au long de son cheminement scolaire me brisait le cœur. J'avais beau aller a l'école pour expliquer son état souvent ... c'était souvent à recommencer à chaque année ou parfois à chaque rencontre... Mais aujourd'hui je suis fière de lui, malgré tous les embûches, il a un travail qu'il aime et le plus important, il est un super Papa.
  19. Marie 2 décembre 2014 à 12 h 01 min
    J'accueille ce mot bienveillant à l'égard de ces enfants mis de côté par la famille avec beaucoup d'émotions et de gratitude. Ce besoin viscéral de sentir mon enfant aimé a été heurté dès sa 1ère semaine de vie quand j'ai entendu: "Ahhh...il ressemble à son père. Ça va faire un enfant tout le temps malade, qui pleure, qui est tannant pis difficile. Vous serez pu jamais tranquilles. Vous allez vivre l'enfer que tu m'as fait vivre" (avec un regard pour mon mari, son fils). Ça m'avait fait mal mais sans que je réalise l'effroyable et douloureuse porte qui venait de se rouvrir. Fiston a grandit, c'est un cœur sur 2 pattes, plein d'empathie et aimant partager. C'est un grand curieux qui nous en a effectivement fait voir de toutes les couleurs car il est toujours dans l'action. Il n'est pas plus malade qu'un autre, pleure peu et, bien entendu, il nous "aide" à développer le 3C (conséquent-cohérent-constant). C'est un enfant sourire. Malgré tout, pour sa grand-maman, il se défini toujours négativement et la plupart du temps, en comparaison avec son papa à son âge. Un rejet des qualités de fiston qui a réveillé de vielles blessures en plus. Un rejet qui s'exprime en mots blessants mais en refus de câlins aussi. Les contacts sont désormais rares, moins d'une quinzaine en 3,5 ans. L'aînée en subit les contrecoups, ressentant à son tour le rejet, elle qui avait une relation toute autre avant. Je commence seulement à lâcher-prise et à cesser de vouloir comprendre pourquoi. Je refuse d'être coincée éternellement entre des gens que j'aime. Un jour, cette personne a décidé de mettre des lunettes noires à travers lesquelles elle regarde toujours mon enfant. C'est son choix. Je sais que mon gamin n'est pas sombre et j'ai choisi de favoriser les contacts des gens qui lui font prendre conscience de ses forces et qui l'aide à cheminer grâce à elles. Mais il y a cette blessure, que je n'ai pu lui éviter, qu'on lui a infligé sans raison. Ce sont des gens comme toi qui font que ces mots font moins mal car tu leur enlèves du poids. Puisqu'il est vrai que ça prend tout un village pour élever un enfant, sois toujours bienvenu dans notre village car tu y mets de la lumière et de la bienveillance.
  20. Lyne 2 décembre 2014 à 13 h 52 min
    Le plus bel héritage qu'un parent puisse léguer à son enfants est une confiance en lui et une autonome suffisante pour qu’une fois devenu adulte l’exclusion sociale ne soit pas une imposition, mais bien son choix à lui.

    Cette petite phrase est ma doudou dans laquelle je m'enroule quand l'autre famille dénigre, pointe du doigt ou tasse l'un ou l'autre de mes enfants particuliers. Elle est mon leitmotiv, ma bible, ma croyance. Si j'aurai réussis ça, j'aurai tout réussis :-)