Évitons les stéréotypes sexuels

Évitons les stéréotypes sexuels
Par Mireille Dion, Sexologue
15 août 2013

Lors d’un atelier que j’animais, j’ai demandé aux enfants présents de me dire si leur dentiste était un homme ou une femme. Tous ont répondu qu’il s’agissait d’un homme. Ils étaient donc sur le point de conclure que dentiste, est un métier réservé aux hommes. Or, à leur grand étonnement, je leur ai dit : « Mais attendez, mon dentiste, c’est une femme! ». Ils ont été surpris et un peu confus, mais ils ont fini par me croire.

L’exercice avait pour but de leur enseigner que les métiers, tout comme les différentes tâches, ne sont pas réservés uniquement aux garçons ou aux filles. Au contraire, ils sont ouverts à tous, selon les habiletés et les intérêts de chacun.

Je proposais l’activité aux enfants, mais les adultes auraient bien entendu pu y participer eux aussi. Plusieurs d’entre eux auraient probablement eu des idées arrêtées sur certains métiers. L’objectif aurait été d’abord de les encourager à être plus ouverts d’esprit, mais aussi de leur faire ensuite réaliser que si les enfants croient que certains emplois ou tâches sont réservés à un sexe et non aux deux, c’est souvent d’eux qu’ils tiennent l’idée.

La peur qui se cache habituellement derrière le fait qu’un parent n’aime guère que son fils aime le ballet ou que sa fille rêve de devenir mécanicienne est que l’enfant en question soit homosexuel. Tel que déjà mentionné dans mon billet Orientation sexuelle : les parents n’ont pas d’influence , l’orientation sexuelle d’une personne n’a rien à voir avec les goûts et les intérêts pour un métier, une activité, etc. Ce qui veut dire que ce n’est pas parce qu’une fille souhaite travailler sur un chantier de construction ou qu’un garçon a un intérêt pour la mode qu’ils seront homosexuels.

Il existe beaucoup de métiers dits traditionnellement masculins ou féminins et pourtant tous pourraient être occupés autant par des hommes que des femmes. Informer l’enfant dès son plus jeune âge sur les différentes et multiples possibilités, c’est lui donner la chance d’avoir plus tard un métier qu’il aime, peu importe son sexe.

Aussi, bien qu’il y ait de plus en plus de familles qui partagent les tâches de la maison, beaucoup de nos comportements quotidiens transmettent des stéréotypes de notre société. Nos actions, sans que l’on en soit toujours conscients, sont souvent un reflet de cette vieille pensée voulant que les hommes soient au champ et les femmes dans la maison. L’idée n’est pas ici de juger comment les tâches sont réparties dans votre famille, mais bien de réaliser que nous transmettons aux enfants des façons de faire qui ne leur permettent pas toujours de découvrir et de se familiariser avec les différentes tâches. Même tout petit, l’enfant peut apprendre à faire son lit, passer le balai et aider son parent à laver la voiture. Aucune de ces tâches ne devrait être réservée plus aux mamans qu’aux papas, et vice versa.

L’important est d’offrir à l’enfant l’occasion de découvrir le monde de possibilités qui l’entoure et ainsi lui permettre de développer ses habiletés et ses intérêts pour les différents métiers et les nombreuses tâches qu’il aura à accomplir plus tard, peu importe le sexe auquel il appartient.

Billets sur le même sujet

Commentaires (4)

  1. Marie-Josee 15 août 2013 à 11 h 56 min
    C'est vrai que l'on a de la difficulté à accepter qu'une femme fasse un métier habituellement fait par les hommes et l'inverse. Moi j'ai de la misère encore avec l'idée de savoir qu'une femme peut être pédiatre et un homme infirmier. C'est que nous sommes habitués de voir une chose et que quand ça change, nous le remarquons encore plus. Dans ma vie personnelle si mon garçon voudrait jouer à la poupée j'aurais de la difficulté à accepter l'idée. Mais c'est plus normal on dirait de voir une fille jouer au petites autos et voir une femme conduire un camion. Et au sujet de l'homme dans la cuisine, les stéréotypes ont maintenant changer avec tout ces chefs cuisiniers, les Ricardo, Marcotte et d'autre.
  2. Julie 16 août 2013 à 01 h 08 min
    En effet, j'ai l'impression que pour plusieurs, il est mignon de voir une petite fille jouer au hockey ou aimer les camions, mais plutôt gênant de voir un petit garçon jouer à la poupée ou vouloir danser le ballet. C'est injuste pour les petits garçons.
  3. Soso 16 août 2013 à 23 h 47 min
    Mon petit garçon de 3 ans m'avait demandé une cuisinette pour sa fête; d'abord surprise, je n'ai rien dit et puis je me suis dis: pourquoi pas? Il a tellement de plaisir à nous «concocter» des plats! Cette phase passera, comme bien d'autres. Cela ne l'empêche pas d'être fou des camions et des motos, ni des livres ou de la danse.

    C'est sûr que les stéréotypes sont des durs à cuire... mais j'essaie de «casser» ces façons de penser. Pas facile mais faisable!
  4. yoda 21 août 2013 à 10 h 19 min
    Le mien à 2 ans a une dînette et une poupée. La dînette parce qu'il jouait beaucoup avec les cuillères et les tasses, la poupée parce qu'il a un petit frère et qu'il adore nous imiter. Et il adore aussi jouer avec les poussettes, qui sont surtout des jouets pour la motricité.

Partager