Le stress de la saison des rhumes

Le stress de la saison des rhumes

Pendant que j’écris ce texte,  Leeloo essaie d’attirer mon attention en me tapant dessus avec un bloc! Et hop, elle s’en va vers Toshiro... Je profite de ces quelques secondes de répit pour poursuivre. En ce moment, je devrais être au travail,  mais je vis ce que de nombreux parents vivent et redoutent : la période des rhumes! Akira fait de la fièvre depuis 4 jours, Leeloo depuis 3. Les mouchoirs, les médicaments, les réveils en pleurs, les appels à Info Santé, la peur de devoir aller à l’urgence, les discussions de couple sur qui va rester à la maison, les rendez-vous reportés... J’y repense et je suis encore essoufflé.

Disons d’abord que ce n’est pas tellement le rhume ou la grippe qui est problématique. Ces problèmes de santé sont, somme toute, mineurs. Par contre, ils ont des impacts importants sur notre routine. Avoir un enfant malade demande habituellement une réorganisation complète de notre emploi du temps et cette réorganisation doit se faire rapidement.

On reconnaît donc ici un des ingrédients du stress :  l’imprévisibilité. Des chercheurs ont établi que l’être humain vit une réaction de stress devant une situation lorsque celle-ci contient l’une des caractéristiques suivantes : la nouveauté (un événement nouveau), l’imprévisibilité (un événement soudain auquel on ne peut se préparer), le contrôle (une situation sur laquelle on n’a peu ou pas de contrôle) et l’ego (une situation qui peut toucher l’estime de soi).

Devant cette situation, il importe de s’adapter. La meilleure réponse au stress, c’est habituellement l’adaptation. S’adapter, c’est mettre en place des changements qui vont nous permettre d’avoir un impact sur la situation et ainsi de neutraliser l’ingrédient du stress.

Dans le cas d’un rhume d’enfant, la réponse d’adaptation sera peut-être de faire une journée de travail à la maison, de reporter des rendez-vous ou, comme dans mon cas, d’accepter que vous ne respecterez pas vos échéances. Bien sûr, ces changements auront un impact sur votre productivité ou sur les journées à venir. Peut-être aurez-vous à travailler quelques heures durant votre fin de semaine ou à accepter une perte de revenu.

Je parle ici d’acceptation, car c’est une attitude importante devant les situations de stress.  Il importe d’accepter les situations qui échappent à notre contrôle puisqu’il surviendra toujours des événements que nous ne pouvons pas maîtriser complètement. Ainsi, devant les situations stressantes, la règle d’or est la suivante : mettre en place des moyens pour reprendre le contrôle sur la situation (ce que je peux faire) et on accepte ce sur quoi on n’a pas le contrôle (ce pour quoi je ne peux rien faire).

L’objectif dans ces situations est de réussir à s’adapter, car c’est l’adaptation qui neutralise le stress. C’est exactement dans ce contexte que je me suis retrouvé à regarder à la télévision, à 3 heures du matin, le film La Guerre des étoiles avec un Akira fiévreux que je devais calmer en attendant que le médicament fasse effet. Comme le disait si bien Machiavel : la fin justifie les moyens!

Dr Nicolas Chevrier, psychologue
Mes 3 enfants me permettent de peaufiner mes talents de psychologue tous les jours…
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (4)

  1. Fanny (via Facebook) 12 mars 2013 à 12 h 58 min
    Pas de stress pour ce qui est de l'organisation, je suis maman à la maison. Ça aide énormément, mais c'est stressant de voir ses enfants faire 39,5 de fièvre durant 2 jours en attendant de voir si d'autres symptômes vont enfin apparaître pour savoir ce qu'ils ont. Une chance que c'est juste 1 ou 2 fois par année, pas plus.
  2. Nathalie 12 mars 2013 à 13 h 14 min
    Enfin une explication! je le met sur le facebook de Germaction tout de suite!
  3. Samina (via Facebook) 13 mars 2013 à 12 h 02 min
    Rajoutez à ça le retour au travail après congé de maternité et le cocktail est explosif!
  4. Soso 13 mars 2013 à 14 h 37 min
    Je dois dire que pour nous, le plus dur a été avant et après le temps des Fêtes (comme si le Père Noël nous avait offert un beau Noël sans nez qui coule!) Durant de longues semaines, mon petit bonhomme ne faisait que tousser, et on nous disait qu'il n'y avait rien à faire. En effet, ça a fini par passer, mais quel stress toutes ces nuits où notre coeur de mère se serre lorsqu'on entend notre bébé tousser comme un petit vieux!

    On se voit donc faire des choses absurdes, comme bercer un grand garçon à 2h du matin ou aller sur la galerie à minuit pour dégager ses voies respiratoires, même à -10 degrés (ça c'était un truc d'Info-Santé, qui marche!) Ou encore promettre un biscuit au chocolat contre un traitement de Sinus Rince (mille fois mieux que le fameux salinex!)

    Effectivement, dans mon cas, je dois savoir que je peux quand même faire quelque chose pour aider mon garçon. J'ai un certain contrôle, même si le temps fait très bien les choses.