Les vitamines : les réponses à vos questions

Les vitamines : les réponses à vos questions
4 février 2013

Q : Les enfants ont-ils besoin de suppléments de vitamines et minéraux? À quel âge commencer?
Q : Ma fille a un petit appétit. Devrais-je lui donner un supplément vitaminique?
Q : Mon garçon ne consomme pas beaucoup de fruits et de légumes. Dois-je lui donner un supplément de vitamines et minéraux?
Q : Comment choisir un bon supplément de vitamines et minéraux pour mon enfant?
Q : Un supplément de vitamine C peut-il aider à contrer les symptômes du rhume?
Q : J’ai vu dernièrement plusieurs reportages sur les bienfaits de la vitamine D sur la santé. Devrais-je en donner à mes enfants?
Q : Quelle est la différence entre le D-Drop et le Trivisol?
Q : Est-il recommandé de donner des suppléments d’oméga-3 à mon enfant?
Q : Les tout-petits doivent-ils prendre un supplément de fer?
Q : Mon enfant a un retard de croissance. Est-ce qu’une multivitamine est conseillée?

Q : Les enfants ont-ils besoin de suppléments de vitamines et minéraux? À quel âge commencer?

R : Il n’y a pas vraiment d’âge pour donner un supplément de vitamines et minéraux à son enfant. D’ailleurs, les nouveau-nés nourris au lait maternel ont besoin d’une supplémentation en vitamine D afin de combler leurs besoins.

Cela dit, la nécessité d’offrir un supplément repose essentiellement sur la qualité de l’alimentation de votre enfant. Une alimentation variée, constituée d’aliments provenant des 4 groupes alimentaires fournit à l’enfant tous les vitamines et minéraux dont il a besoin pour un développement optimal. Dans la plupart des cas, l’ajout d’une multivitamine au quotidien n’est que superflu. Or, avant de vous tourner vers les suppléments, assurez-vous que votre enfant en a vraiment besoin.

D’un autre côté, certains enfants peuvent être à risque de carences et la prise d’une multivitamine leur serait grandement conseillée :

  • les enfants souffrants de maladies chroniques ou encore de troubles alimentaires importants;
  • les enfants ayant un régime alimentaire végétarien strict;
  • les enfants ayant de nombreuses allergies alimentaires les privant ainsi de plusieurs aliments et éléments nutritifs au quotidien;
  • les enfants ayant une alimentation déséquilibrée comme certains enfants issus de familles défavorisées.

Si votre enfant est en bonne santé, nul besoin de lui offrir un supplément de vitamines et minéraux. Les bonnes habitudes alimentaires commencent par la consommation d’aliments nutritifs. Ne donnez pas trop d’importance au supplément, car cela pourrait laisser croire à l’enfant que la prise d’une multivitamine est essentielle pour être en bonne santé.


Q : Ma fille a un petit appétit. Devrais-je lui donner un supplément vitaminique?

R : L’appétit de l’enfant est variable d’une journée à l’autre et d’un enfant à l’autre et c’est tout à fait normal. En tant que parent, on a souvent peur que les quantités d’aliments que notre enfant consomme ne soient pas suffisantes. Toutefois, l’enfant est en mesure de gérer la quantité d’aliments qu’il mange et qui répondront à ses besoins. En cas d’inquiétude, n’hésitez pas à vous rassurer auprès de votre pédiatre ou une nutritionniste que votre enfant grandit bien et qu’il évolue normalement selon les courbes de croissance.

Avant d’opter pour un supplément de vitamines et minéraux, misez sur l’offre d’aliments. Ajouter 2 ou 3 collations durant la journée pourrait être une solution intéressante. Fruits, fromage, craquelins, légumes et trempette sont ici des idées de collations nutritives qui peuvent facilement aider à combler les besoins de l’enfant.

Souvenez-vous qu’un supplément ne remplacera jamais un aliment.


Q : Mon garçon ne consomme pas beaucoup de fruits et de légumes. Dois-je lui donner un supplément de vitamines et minéraux?

R : Tout d’abord, vous devez persister à lui offrir les aliments qu’il aime plus ou moins. Le développement du goût chez l’enfant se fait petit à petit. Ne le forcez pas à manger, mais invitez-le à goûter, sans pression. La patience doit être au rendez-vous. Plus l’enfant y sera exposé, plus il apprivoisera les aliments concernés, et prendra finalement plaisir à les manger.

L’important est d’offrir une alimentation des plus variées afin que l’enfant puisse combler ses besoins. Les suppléments ne sont pas à la hauteur des aliments, car on ne peut jamais reproduire la nature. Il existe une synergie, un « travail d’équipe », entre les nutriments qu’on retrouve naturellement dans les aliments et pas nécessairement dans les suppléments. Toutefois, si vous notez des signes de fatigue et que ses apports alimentaires ont diminué considérablement, il vaut mieux consulter un médecin afin qu’il vérifie l’état de santé de votre enfant et son évolution sur les courbes de croissance.


Q : Comment choisir un bon supplément de vitamines  et minéraux pour mon enfant?

R : Avant tout, la prise d’un supplément de vitamines et minéraux devrait être sous l’avis d’un médecin ou d’une nutritionniste.

Avant de faire votre choix :

  • Assurez-vous que le produit possède un numéro DIN (numéro d’identification du médicament) qui vous confirme que sa fabrication a été faite dans les règles de l’art.
  • Choisissez un produit spécialement conçu pour les enfants et selon l’âge de votre enfant.
  • À moins d’un avis contraire, privilégiez les multivitamines. Si on vous conseille de donner à votre enfant une vitamine unique, informez-vous sur la dose maximale recommandée pour votre enfant afin d’éviter les risques d’intoxication.
  • Choisissez les suppléments qui contiennent les doses de nutriments correspondant aux apports nutritionnels recommandés pour les enfants selon l’âge.
  • N’accordez pas trop d’importance au prix. Ce n’est pas un gage de qualité.

N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien. Il pourra vous guider dans le choix d’un supplément. Les produits de santé naturels ne seraient pas recommandés pour les enfants à cause des dangers d’interactions et des possibles effets indésirables.


Q : Un supplément de vitamine C peut-il aider à contrer les symptômes du rhume?

R : Plusieurs le pensent, mais c’est une fausse croyance. À l’heure actuelle, il n’a pas été démontré que la vitamine C préviendrait l’apparition des symptômes du rhume. Toutefois, une bonne dose de vitamine C aurait possiblement un effet sur la durée, mais encore là cet effet demeure infime.

Il est particulièrement facile de combler les besoins en vitamine C d’un enfant. Le simple ajout d’un petit verre de jus d’agrumes ou encore la consommation quotidienne d’une orange ou même d’une clémentine suffit amplement. La vitamine C se retrouve aussi dans bon nombre d’aliments : poivron rouge, fraise, cantaloup, brocoli, chou-fleur, tomate, etc.

Sachez qu’une fois les besoins en vitamines C comblés, le surplus est éliminé dans l’urine.


Q : J’ai vu dernièrement plusieurs reportages sur les bienfaits de la vitamine D sur la santé. Devrais-je en donner à mes enfants?

R : Grâce au soleil, le corps crée sa propre vitamine D. Une dizaine de minutes d’exposition de la peau au soleil du midi (sans crème solaire) serait suffisante pour combler les besoins. Le problème, c’est qu’au Canada, l’ensoleillement et la puissance des rayons solaires sont insuffisants d’octobre à avril. Bien que le lait et le poisson gras sont les meilleures sources alimentaires de vitamine D,  il est difficile d’atteindre les apports recommandés seulement par l’alimentation. C’est pourquoi de plus en plus de pédiatres et de nutritionnistes recommandent que les enfants prennent un supplément de 400 UI en plus de leurs 2 verres de lait quotidien.

Afin d’éviter les risques d’étouffement chez les jeunes enfants, les suppléments à croquer sont conseillés. La forme liquide est aussi intéressante. Il suffit d’ajouter 1 ml du supplément de vitamine D  dans de l’eau, du jus ou du lait pour fournir les 400 UI recommandés quotidiennement. Les suppléments de vitamine D peuvent être pris à toute heure de la journée, même au repas.


Q : Quelle est la  différence entre le D-Drop et le Trivisol?

R : Le D-Drop et le Trivisol sont des suppléments de vitamine D généralement recommandés pour les bébés allaités. Pour sa part, le Trivisol n’est pas qu’un supplément de vitamine D puisqu’il contient aussi les vitamines A et C. Celui-ci serait, par exemple, recommandé pour les nourrissons dont l’alimentation des mères serait plus ou moins équilibrée. Ce déséquilibre pourrait entraîner des carences dans le lait maternel. N’hésitez pas à en discuter avec votre médecin pour déterminer le supplément de vitamine D qui convient le mieux à votre petit allaité.

Contrairement au lait maternel qui est relativement pauvre en vitamine D, les formules de lait maternisé en sont toutes enrichies. Les enfants nourris avec des préparations commerciales pour nourrissons n’ont donc pas besoin de supplément de vitamine D.


Q : Est-il recommandé de donner des suppléments d’oméga-3 à mon enfant?

R :  À l’heure actuelle, Santé Canada n’a pas émis d’apport spécifique recommandé d’oméga-3 (acide eicosapentaénoïque [EPA] et acide docosahexaénoïque [DHA]) pour les enfants. Les poissons gras tels le saumon, la truite, le hareng, la sardine et le maquereau constituent d’excellentes sources alimentaires d’oméga-3 (EPA et DHA). À cette liste, ajoutons les huiles de canola et de soya ainsi que les graines de lin qui sont aussi des sources intéressantes d’oméga-3 (acide alpha-linolénique [AAL]).  Toutefois, l’AAL n’aurait pas les mêmes bienfaits sur la santé tant recherchés que nous procure la consommation d’EPA et de DHA. Bien que les poissons constituent les meilleures sources d’oméga-3 (EPA et DHA), les sources végétales ne sont pas à bouder,bien au contraire. De leur côté, les produits enrichis d’oméga-3 telles certaines marques d’oeufs et de boissons laitières peuvent aussi contribuer aux apports quotidiens.

Les suppléments d’oméga-3 conçus pour les enfants ne conviennent généralement pas aux enfants de moins de 5 ans. De plus, les gélules présentent un risque d’étouffement chez les enfants de moins de 4 ans.


Q : Les tout-petits doivent-ils prendre un supplément de fer?

R : À partir de 6 mois, les réserves en fer de l’enfant sont en déclin et le lait maternel seul ne convient plus à combler les besoins de bébé. C’est pourquoi il vous faut commencer l’introduction des aliments solides. Selon les toutes dernières recommandations de Santé Canada, les premiers aliments complémentaires à offrir à votre enfant sont ceux provenant du groupe viandes et substituts et les céréales pour bébé enrichies de fer. Le fer hémique (fer provenant de source animale) est beaucoup plus facilement absorbé par l’organisme et contribue énormément à combler les besoins en fer de l’enfant. D’ailleurs, Santé Canada suggère d’offrir quotidiennement, au moins 2 fois par jour, des aliments riches en fer afin de répondre aux besoins de l’enfant.

Puisque le fer non hémique (fer provenant de source végétale) est moins bien absorbé par l’organisme, consommer un aliment qui contient de la  vitamine C au même repas pourrait faciliter son absorption. Les fruits et les légumes en sont d’excellentes sources.

Il est à noter que le fer contenu dans les suppléments est moins bien absorbé que celui présent naturellement dans les aliments. Par la même occasion, en consommant des aliments, votre enfant bénéficiera de beaucoup plus d’éléments nutritifs qui sont tout aussi nécessaires à sa croissance, en plus du fer qu’ils contiennent.


Q : Mon enfant a un retard de croissance. Est-ce qu’une multivitamine est conseillée?

R : Lorsque votre enfant présente un retard de croissance, une rencontre avec une nutritionniste est normalement conseillée. Des ajustements à l’alimentation de l’enfant doivent être faits selon le profil de son alimentation habituelle. Avant tout, il faut déterminer la cause du retard de croissance. Celui-ci peut être engendré par une malabsorption intestinale, des vomissements chroniques et bien d’autres, mais dans la plupart des cas, il est dû à un apport calorique insuffisant.

Les suppléments de vitamines et minéraux n’apportent pas de calories. Il est donc préférable d’enrichir l’alimentation par des aliments nutritifs, mais qui augmenteront la densité énergétique des repas. Dans certains cas, les suppléments nutritionnels sous forme liquide ou en poudre peuvent être recommandés lorsque l’enrichissement des aliments ne suffit pas.


Notez que les nutritionnistes d’Infocuisine ne répondront pas à de nouvelles questions dans cette page, mais qu’il vous est toujours possible de les contacter par le site Web de nospetitsmangeurs.org.

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