Le dégoût des enfants pour certains aliments

Le dégoût des enfants pour certains aliments
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
11 septembre 2012

Ma fille a 6 ans et, enfin, elle aime le concombre! Quand on dit qu’il faut être patient avec les petits « difficiles »! En fait, Laura n’est pas difficile. Elle avait un dégoût, ou si vous préférez, une aversion.

Toute petite, Laura aimait le concombre. Puis à 2 ans, elle a vomi après en avoir mangé. Ce n’était pas la faute du légume, mais dans sa tête, oui. Aucun argument rationnel ne changeait sa certitude : concombre = malade.

- « Crois-tu que tu arrêterais d’aimer la crème glacée si tu étais malade après en avoir mangé? »
- « Ben non! »

Sauf que le concombre, ce n’était pas la crème glacée. Elle se savait capable de vivre sans!

Les aversions ont quelque chose d’irrationnel. Vous le savez si vous en avez connu durant votre grossesse : rien ne sert d’insister.

Les aversions alimentaires sont normales. On en a tous. Et il y a diverses raisons à cela. La génétique en explique certaines. De naissance, certaines personnes sont plus sensibles aux saveurs et les perçoivent avec plus d’intensité. Parfois, ce sont les textures qui provoquent un dégoût.

Cela dit, la plupart des aversions, tout comme les préférences alimentaires, sont influencées par les expériences que vit l’enfant et les souvenirs associés.

Si l’enfant découvre un aliment ou a l’habitude de le manger dans des circonstances agréables, cet aliment laissera une empreinte positive. Un repas en famille où il a du plaisir, une fête, la présence d’un ami, une sortie au zoo, au parc d’attractions ou une autre activité spéciale en sont des exemples.

Au contraire, un mal de ventre, une dispute à table, une obligation à manger, un chagrin, etc. imprimeront un mauvais souvenir dans la mémoire de l’enfant et un lien négatif pourrait être fait avec un aliment.

Le temps et surtout notre attitude a des chances d’arranger les choses. Quand l’aversion est installée, la première chose à faire est de... laisser faire. Ne pas forcer l’enfant à manger, ni même à goûter. L’aliment va lui « rouler dans la bouche » ou le faire courir aux toilettes. L’ambiance serait désastreuse et l’aversion s’en trouverait renforcée. Continuez de préparer cet aliment pour votre famille. Continuez d’en manger devant lui et même de dire que vous aimez ça. Un jour, la curiosité le poussera peut-être à donner une nouvelle chance à l’aliment rejeté.

Si Laura a osé manger de nouveau du concombre, c’est certainement en partie grâce à l’enthousiasme de son petit frère. Benjamin adoooore le concombre. Reste à voir si le plaisir de Laura à manger les tomates de notre jardin aura un effet sur lui à son tour!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (5)

  1. Julie 13 septembre 2012 à 10 h 05 min
    J'aimerais savoir comment on fait pour distinguer une réelle aversion d'un caprice alimentaire?
  2. Stéphanie Côté 19 septembre 2012 à 11 h 47 min
    Habituellement, un enfant n'a pas 20 réelles aversions. Il peut ne pas vouloir goûter et dire qu'il n'aime pas ça, mais le réel dégoût n'est pas toujours présent. Généralement, l'aversion viendra après que l'enfant ait goûté/mangé un aliment. Il aura peut-être été malade ou il aura détesté la sensation (goût, texture). Une aversion peut aussi se développer suite à une expérience désagréable. Par exemple, si on met un aliment de force dans la bouche d'un enfant repas après repas.
    J'hésite à parler de caprices, puisque la plupart des enfants traversent une période de néophobie (la crainte des nouveaux aliments). Ils refusent de manger et même de goûter. Ils se rebutent encore plus si on les force. C'est normal et ça rentre généralement dans l'ordre quand l'enfant est exposé souvent à l'aliment, qu'il n'est pas obligé d'y goûter et qu'il vous voit en manger avec appétit. Il faut l'accompagner.
    Les caprices peuvent s'installer notamment si on offre toujours à un enfant seulement les aliments qu'il aime. On ne favorise ainsi pas l'exploration des saveurs et on le conforte dans sa palette alimentaire connue.

    Est-ce que ça vous éclaire?
  3. Rebecca 24 septembre 2012 à 12 h 21 min
    Bonjour!

    Votre blogue tombe à point! Ma fille de 10 mois est déjà rendu aux aliments solides ( la nourriture de papa/ maman oui, mais les purées de bb, rien à faire car elle refuse d'en manger!)
    Mon problème, depuis environ 1 semaine, elle refuse d'ouvrir la bouche à moins d'y avoir goûter du bout des lèvres! Et mademoiselle décide alors si elle en veut encore ou non!!! Je lui laisse faire pour ne pas la forcer et lui laisser une mauvaise impression mais je m'inquiète sur son apport nutritionnel. Que faire? Lui offrir autre chose à chaque repas ou la laisser et reproposer l'aliment quand elle a faim plus tard? (Elle a aussi un fort caractère, peut refuser de manger et têter bcp plus la nuit venue!)

    Merci!
  4. Stéphanie Côté 24 septembre 2012 à 15 h 30 min
    @ Rebecca. Essayez d'inclure au moins un aliment que vous savez que votre fille aime au repas afin qu'elle puisse manger à sa faim même si elle n'aime pas tout. À cet âge, il est possible que votre fille ne mange pas tous les mêmes aliments que vous, mais il faut éviter, en vieillissant, de préparer des repas particuliers pour elle. Prévoyez une collation entre les repas afin qu'elle comble plus facilement ses besoins, mais pas nécessairement en lui resservant les aliments du repas. En étant exposée aux aliments régulièrement, elle finira par les accepter. Finalement, ne vous inquiétez pas trop rapidement de la quantité et de la qualité de son alimentation. Il convient de l'évaluer sur une période de 2-3 semaines, car l'appétit (et même les goûts) des jeunes enfants sont très changeants.
  5. harbi houaria 1 octobre 2012 à 19 h 05 min
    bonjour avant tous j,aime beaucoup vos conseilles bon j,ai un garcon age de3ans ils n,a jamais manger la viande et s,il a manger il vomisse est-ce qu;il y a une solution merci .

Partager