Monoparentale

Monoparentale
27 juillet 2012

Elle avait 4 ans quand le trio que nous formions avec son père s’est transformé en simple duo. Briser son équilibre fut l’une des décisions les plus difficiles à prendre de ma vie, car je savais que, pour elle, rien ne remplacerait le bonheur de vivre tous les jours avec ses vrais parents : aucune nouvelle chambre aussi jolie soit-elle, aucun éclat de rire, ni câlin, ni mot ou cadeau. Elle allait devoir apprendre à vivre avec lui ou avec moi, mais plus jamais avec nous.

Ainsi va la vie qui joue avec nos sentiments et fait de nos enfants des équilibristes.

Puisqu’elle était trop petite pour comprendre, je ne me suis pas perdue dans les détails pour lui expliquer les raisons de notre rupture, mais j’ai mis un point d’honneur à lui préciser 2 choses :

  • Elle n’avait aucun rapport avec notre séparation. 
  • Son papa et moi l’aimerions toute notre vie.

Même si son petit monde s’écroulait, je voulais être certaine qu’elle emportait avec elle ce qui lui donnerait toujours des ailes : notre amour. Malgré cela, quelques semaines plus tard, son petit corps a exprimé ce que ses mots ne parvenaient pas à dire, au point de finir aux urgences. Rien de grave finalement, mais assez pour comprendre avec son pédiatre que malgré son étonnante capacité d’adaptation, elle avait besoin de plus d’attention que je le pensais.

Comme nous avions à coeur son bien-être, son père et moi avons fait de notre mieux pour mettre nos rancoeurs stériles de côté et nous concentrer sur elle. Nous ne serions plus jamais un couple, mais quoi que nous fassions, nous serions ses parents à jamais. Impossible d’effacer cette réalité. Il a donc fallu accepter et réinventer ce « nous » après avoir tout fait pour s’en séparer. Pas facile, je vous l’avoue, mais pour elle, nous avons réussi l’exploit d’éviter de parler l’un contre l’autre devant elle, de la mettre à parti et de toujours faire front commun lorsqu’un événement bouleversait sa vie.

Le chemin a parfois été difficile. On a refait nos vies. J’ai eu d’autres enfants. Ma fille est passée par de nombreuses crises, me criant parfois : « Je ne t’aime plus! Je ne t’aimerai plus jamais! », ce à quoi je répondais invariablement sur le même ton : « Eh bien, moi, je t’aimerai toujours! Toute ma vie. » J’ai résisté. Nous avons résisté. Il y a eu quelques dérapages et quelques ajustements à faire, mais l’effort en valait la chandelle. Du haut de ses 16 ans, ma petite fille est aujourd’hui devenue une belle grande ado équilibrée et épanouie qui croque la vie à pleines dents et qui sait que, quoi qu’il arrive, nous serons toujours là pour elle.

Unis, même séparés.

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (7)

  1. Stéphanie 27 juillet 2012 à 14 h 32 min
    Touchant...
  2. Maude 27 juillet 2012 à 18 h 34 min
    Merci pour ce partage qui me parle beaucoup. C'est plus facile quand il est possible de faire équipe malgré la séparation... ce qui n'est pas toujours possible malheureusement. Je retiendrai le " je t'aimerai toujours" parce que l'amour des parents est inconditionnel et les enfants doivent l'entendre pour être rassurés. Votre fille a-t-elle vécu des troubles de sommeil? Si oui, comment arriviez-vous à les gérer?
  3. Lucie 29 juillet 2012 à 01 h 12 min
    J'aurais tellement aimé et souhaité que ça se passe ainsi pour mes deux enfants. "Être unis, même séparés" a été chose impossible dans mon cas puisque le père de mes enfants n'a jamais voulu collaborer. Il a même tout fait pour avoir la garde légale des enfants et il l'a obtenu.
  4. Pascale 31 juillet 2012 à 13 h 11 min
    Merci Catherine de ton témoignage. Je me suis séparée quand ma fille avait 7 mois. Elle arrive maintenant à un an. Son père et moi on fait notre possible pour inventer quelque chose de positif quand on est tous ensemble. Il vient la voir chaque semaine à la maison. C'est dur de vivre son deuiil de la relation en se voyant beaucoup. J'espère que pour elle c'était la meilleure décision, c'est beaucoup pour elle que j'ai mis terme à la relation rapidement quand les tensions montaient trop régulièrement et trop intensément. Comme tu dis c'est là une décision vraiment brise-coeur. Nous sommes maintenant à apprendre à vivre avec...
  5. Rosette 3 août 2012 à 09 h 34 min
    Et bah voilà, tu as encore réussi à me faire pleurer !
  6. Catherine Goldschmidt 3 août 2012 à 13 h 15 min
    @ Stéphanie merci...
    @ Maude Chez ma fille, ça a été des gros problèmes de constipation et quelques problèmes de sommeil aussi. Elle a dormi quelques fois dans mon lit quand j'étais trop fatiguée de me relever pour la ramener dans son lit. Sur notre site, il y a des textes sur le site qui peuvent vous aider à trouver des solutions http://naitreetgrandir.com/fr/Etape/1_3_ans/Soins/Fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-enfant-sommeil-aider-faire-ses-nuits-dodo ou http://naitreetgrandir.com/fr/Etape/1_3_ans/Soins/Fiche.aspx?doc=naitre-grandir-enfant-sommeil-dodo-sieste-cauchemar. La routine, une bonne veilleuse, un toutou tout doux et un gros câlin sont souvent la clé du succès même s'il y a souvent des rechutes.
    @Lucie Je trouve ça tellement triste pour vos enfants. Je suis de tout coeur avec vous.
    @Pascale apprendre à vivre avec...c'est sans conteste le bout le plus difficile à faire surtout quand nos enfants sont petits.
    @Rosette Oups!Je vais essayer de me rattraper la prochaine fois ;-)
  7. Eve 9 août 2012 à 11 h 11 min
    Je l'ai déjà dit et je le redis, vos enfants sont tellement chanceux d'avoir une mère comme vous. VOus êtes un beau model pour vos enfants mais aussi pour nous qui vous lit.

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